Ouest-France du 1er novembre 2021 

Environnement. Quand le dérèglement fait tomber tous les records climatiques…

Records de sècheresses, de pluies, de froid, de chaleur, de fonte des glaces… Le rapport provisoire sur l’état du climat de la planète rendu public dimanche par l’organisation météorologique mondiale, à l’ouverture de la Cop26, est désastreux.

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Les sept années écoulées entre 2015 et 2021 sont probablement les plus chaudes, mais aussi les plus extrêmes, jamais enregistrées jusqu’ici. Et 2021, qui n’est pas finie, a été comme une démonstration grandeur nature des effets du dérèglement climatique. C’est l’organisation météorologique mondiale qui l’a affirmé hier en rendant public son rapport provisoire sur l’État du climat de la planète en ouverture de la Cop26.

Progression exponentielle des gaz à effets de serre

En 2020 les taux de dioxyde de carbone (CO2), de méthane (CH4) et de protoxyde d’azote (N20) ont atteint respectivement 149 %, 262 % et 123 % de ce qu’ils étaient lors des temps préindustriels, en 1750. Une hausse qui s’est poursuivie en 2021.

Records de chaleur… et de fraîcheur

Lytton, en Colombie-Britannique, commune du nord-ouest du Canada, a atteint 49,6 °C le 29 juin, avant d’être dévastée par un puissant incendie. Dans la Vallée de la mort en Californie les températures atteignaient 54,4 °C le 9 juillet. C’était l’été le plus chaud jamais enregistré aux États-Unis et des incendies géants se sont déclenchés. Les chaleurs extrêmes ont aussi touché la zone méditerranéenne : 49,1 °C à Cizre en Turquie le 20 juillet ; 48,8 °C en Sicile le 11 août ; 50,3°C à Kairouan en Tunisie. Là encore, des incendies géants se sont déclenchés en Algérie, en Turquie ou encore en Grèce.

À l’inverse, le centre des États-Unis, au Texas notamment, et le nord du Mexique, ont affronté des records de froid à la mi-février. Puis ce fut au tour de l’Europe d’affronter un printemps particulièrement frais.

Pluies diluviennes

Les pluies qui ont frappé la province du Henan en Chine du 17 au 21 juillet, ont déversé en quelques heures la quantité annuelle de précipitations. 302 personnes ont perdu la vie. En Europe occidentale, quelques jours avant, l’Allemagne occidentale et la Belgique étaient aussi frappées par des inondations aussi soudaines que meurtrières. Le bassin de l’Amazone, ou encore l’Afrique de l’est, au Sud-Soudan, ont aussi souffert d’inondations.

Sécheresses records

L’Amérique du Sud subtropicale a souffert, elle, de sécheresses qui ont affecté l’agriculture, la production d’électricité et les transports au sud du Brésil, au Paraguay, en Uruguay ou au nord de l’Argentine. La période courant de janvier 2020 à août 2021 a été la plus sèche jamais enregistrées au sud-ouest des États-Unis. Une crise de malnutrition directement liée à la sécheresse affecte aussi Madagascar dans l’océan indien.

Températures moyennes inédites

Sur les neuf premiers mois de 2021, la température moyenne a gagné environ +1,09 °C par rapport à la période 1850-1900. Il s’agira probablement de la cinquième ou sixième année la plus chaude depuis le début des mesures météorologiques. Au cours des sept dernières années, c’est 2016 qui demeure la plus chaude jamais enregistrée.

Vagues de chaleur marine

Environ 90 % de la chaleur accumulée sur Terre est stockée dans l’océan. En 2019, probablement également en 2020, les records de température marine ont été dépassés. Le réchauffement océanique accélère depuis deux décennies et des vagues de chaleur marine ont cette année encore touché de nombreux écosystèmes sous-marins dans le monde.

Acidification des océans

L’océan absorbe 23 % du dioxyde de carbone émis par les humains chaque année. Un phénomène qui contribue à l’acidifier. Le pH de ses eaux de surface a diminué (s’est acidifié) et atteint un niveau inédit. Outre son effet sur les écosystèmes – l’acide fragilise les carapaces calcaires de nombreux organismes -, Cette acidification diminue la capacité d’absorption du CO2 de l’atmosphère.

Accélération de la hausse du niveau des mers

Le réchauffement climatique agit sur le niveau des mers en dilatant le volume de l’eau, et en contribuant à la fonte des glaces terrestres. Le niveau moyen des mers, tel que mesuré par satellites depuis les années 1990, a augmenté à un rythme de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002 puis de 4,1 mm par an de 2013 à 2021. Une accélération principalement liée à la fonte des glaces.

Fonte des glaciers

Sur la partie glacée du Groenland, les températures et les eaux de fontes ont été bien supérieures à la moyenne en août et il a plu au sommet du glacier le 14 août à 3 216 mètres. Cela n’était jamais arrivé à cet endroit.