Sud-Ouest du 23 avril 2021

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Sud-Ouest du 23 avril 2021 

L’exécutif desserre un peu la vis 

Ce 22 avril, Jean Castex a annoncé la fin des restrictions de déplacement pour le 3 mai et une possible reprise de l’activité à la mi-mai

2021 04 23 l'executifJean-Michel Blanquer, Olivier Veran et Jean Castex, à l’issue de la conférence de presse, jeudi soir. LUDOVIC MARIN / AFP 

Peut-être saura-t-on un jour comment les deux hommes se sont répartis les rôles. À quel point le jeu était calculé. En apparence, Emmanuel Macron piaffe d’impatience, comme s’il voulait faire jaillir le pays des starting-blocks dans lesquels l’épidémie le fait moisir. À l’inverse, Jean Castex est le commissaire de course qui répugne à presser la détente du pistolet de starter. 

Ce 22 avril au soir, le rituel de la conférence de presse du jeudi n’a pas bouleversé les règles de ce théâtre. Alors que l’Élysée n’a cessé de faire « fuiter » les bruits de réouverture prochaine, le Premier ministre est resté d’une prudence de Sioux. Même si le couvre-feu est de plus en plus difficile à faire accepter à mesure que les jours rallongent, Jean Castex n’a annoncé ni sa levée ni la moindre modification horaire. 19 heures, c’est 19 heures et pas une minute de plus. « Le couvre-feu sera maintenu jusqu’à nouvel ordre. Nous verrons à la mi-mai quelle sera la situation épidémique », a-t-il commenté, sibyllin. 

Déplacements 

Le Premier ministre a toutefois entrouvert le couvercle. À compter du lundi 3 mai, les restrictions de déplacement seront supprimées et l’attestation dérogatoire, cette curiosité administrative à la française, disparaîtra pour la troisième fois. Concrètement, les limites fixées à 10 et à 30 kilomètres auront vécu à cette date. 

Combinée à la réouverture des écoles au terme des vacances scolaires de printemps, la mesure permet à l’exécutif de traverser la période dans les clous dessinés par Emmanuel Macron lors de son intervention du 31 mars. Le président de la République avait décrété le vrai-faux confinement pour une durée de quatre semaines à partir du 3 avril, avec une large tolérance jusqu’à la fin du week-end de Pâques. L’échéance sera atteinte le 3 mai. 

Commerces 

Mais la liberté de gambader est bien le seul os à ronger. Les commerçants, que l’anxiété assèche un peu plus tous les jours, devront attendre la mimai pour reprendre le cours de leurs activités. Et encore. La réouverture se fera « par étapes » et « le cas échéant sur une base territorialisée ». En clair, la Nouvelle-Aquitaine peut entretenir l’espoir de retrouver ses terrasses de café et de restaurant, ses magasins et ses lieux culturels grâce à un taux d’incidence (le nombre de cas sur une semaine pour 100 000 habitants) de 198 au 11 avril. Pour les quinze départements dont le taux d’incidence reste vissé au-dessus de la barre des 400 - pour l’essentiel l’Île-de-France, une partie des Hauts-de-France et le Rhône - les perspectives sont moins riantes. 

En définitive, Jean Castex s’est engagé sur un objectif qui peut paraître bien maigre : « Un été aussi normal que possible ». Peut-il en être autrement ? Il faut avoir l’optimisme chevillé à l’âme pour estimer le bulletin sanitaire satisfaisant. Le nombre de patients graves en soins critiques tutoie le cap des 6 000. Les patients hospitalisés sont plus de 30 000. Le nombre de cas journaliers est supérieur à 30 000. Il faut se souvenir des conditions édictées par Emmanuel Macron à l’heure du deuxième confinement, l’automne dernier. Il estimait que le pays pourrait revivre quand il serait repassé sous le palier des 5 000 cas par jour. Autre temps, autre réalité, autre réponse politique… 

Quarantaine 

Seule la tendance, timide, restaure de rares sourires sous le masque de Jean Castex. « Le pic de la troisième vague semble derrière nous », a lâché le chef du gouvernement en faisant état de projections rassurantes de l’Institut Pasteur. La vaccination, qui va bon train, autorise quelques espoirs, a ajouté le Premier ministre en exhortant ses compatriotes à ne pas bouder le produit AstraZeneca malgré les quelques cas graves, voire mortels, de thrombose. 

La folle farandole des variants incline à la modestie. Le Britannique n’est pas jugulé. Le Sud-Africain circule à bas bruit, le Brésilien tape à la porte et l’Indien jauge ses forces. Aussi le pouvoir décide-t-il de « renforcer la quarantaine » sur certaines provenances, ce qui signifie en creux que ladite quarantaine n’est pas bien forte jusqu’à présent, pour ne pas dire qu’elle confine à la blague. 

À partir de samedi, les petits contingents de voyageurs qui arrivent du Brésil, du Chili, de l’Argentine, de l’Afrique du Sud et de l’Inde devront respecter une quarantaine de dix jours, avec un lieu de séjour vérifiable et des contrôles possibles des forces de l’ordre. Mais l’hôtel n’est toujours pas obligatoire. Avec l’amour de l’attestation dérogatoire, c’est le second grand mystère français.

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