Sud-Ouest du 22 avril 2021

2021 04 22 SO Covid-19 toujours près de 6 000 personnes en réanimation

2021 04 22 SO Ce que disent les indicateurs en Nouvelle-Aquitaine

2021 04 22 SO Ce que disent les indicateurs en Nouvelle-Aquitaine2

2021 04 22 SO Covid lond prise en charge difficile

 

2021 04 22 SO Hôpital de Libpourne Sans renforts nous ne pourrions pas tenir

2021 04 22 SO Hôpital de Libpourne Sans renforts nous ne pourrions pas tenir2

2021 04 22 SO Hôpital de Libpourne Sans renforts nous ne pourrions pas tenir3

2021 04 22 SO Hôpital de Libpourne Sans renforts nous ne pourrions pas tenir4

 

2021 04 22 SO Gironde la vaccination à plein régime

Sud-Ouest du 22 avril 2021 

Dans les coulisses du vaccinodrome 

Le vaccinodrome de Bordeaux a ouvert il y a déjà dix jours, dans les locaux du Parc des expositions. 1 000 personnes se font désormais vacciner chaque jour. Petit tour de cette machinerie bien huilée

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2021 04 22 dans les coulisses3Les patients sont vaccinés avec le Pfizer dans des boxes individuels. GUILLAUME BONNAUD / « SUD OUEST » 

Début de journée, 6 h3 0. Jean-Philippe Gardere est l’un des premiers à arriver dans le centre de vaccination bordelais au Parc des expositions. Son rôle : gérer la partie administrative du complexe, ouvert voilà dix jours. Une machinerie millimétrée, où la fameuse piqûre n’est que la partie visible de l’iceberg. 

Le matin, il faut imprimer les listes, issues de Doctolib. Une vingtaine de pages pour contrôler les arrivants, vérifier qu’ils ont bien pris rendez-vous et qu’ils sont bien éligibles. Vers 7 heures, le personnel administratif comme médical est en place. Cinq médecins sont présents pour assurer les consultations prévaccinales, six avec François Pantaloni, le praticien responsable du centre. Treize infirmiers s’occupent quant à eux de la vaccination. 

Conservation surveillée 

Depuis lundi 19 avril, le centre peut vacciner 1 000 personnes par jour, contre 750 auparavant. « On fait en fonction des consignes de l’ARS [l’Agence régionale de santé, NDLR]. S’ils nous disent de passer à 1 500, on passera à 1 500 », explique Jean-Philippe Gardere. Même si les créneaux sont répartis sur toute la journée, il y a un pic dès l’ouverture, à 8 heures : « les gens qui ont un rendez-vous à 9 ou 10 heures viennent souvent plus tôt. On se retrouve avec beaucoup de monde au début et un creux en milieu de matinée ». Pas d’inquiétude pour autant : l’afflux est facilement « absorbé » grâce au circuit mis en place. Pour le responsable, un seul mot d’ordre : « personne debout ! » 

Une fois dans le vaccinodrome, les nouveaux arrivants doivent remplir un questionnaire, pour identifier par exemple des « troubles de la coagulation » ou des antécédents d’allergie. Dans l’affirmative, ils sont dirigés vers un médecin, sinon place à la piqûre. 

À côté des boxes de vaccination, une petite porte ouvre sur une zone interdite au public : celle de la préparation des vaccins. Pas de bruit, pas de distraction : il ne faut surtout pas perdre l’une des sept précieuses doses contenues dans un flacon Pfizer. La dilution du vaccin, obligatoire, est réalisée ici. 

« Les vaccins nous arrivent décongelés, directement du CHU. Ils ne se conservent que cinq jours. On doit faire attention aux périodes de péremption » détaille François Pantaloni. Livrés trois fois par semaine, ils sont stockés dans un frigo dont chaque ouverture est tracée : « à chaque fois que l’on ouvre, la température remonte, donc on se limite ». 

Une fois la dose reçue, les nouveaux vaccinés sont dirigés vers une zone d’observation : 15 minutes pour la majorité, 30 pour ceux qui présentent un risque d’allergie notamment. L’espace est surveillé par les sapeurs-pompiers. 

Pas de surplus 

Globalement, le Pfizer est plutôt bien supporté : « nous n’avons eu que deux cas d’allergie légère en dix jours d’ouverture », se réjouit François Pantaloni. Sur quelque 7 500 personnes vaccinées, le ratio est jugé satisfaisant. 

Deux boxes d’urgence ont été installés à l’abri des regards : le premier est prévu comme un espace de « déchocage » avec tout le matériel nécessaire ; le second traite les cas les plus légers, comme les malaises. Il y en a deux ou trois par jour, mais François Pantaloni précise : « ils ne sont pas directement dus au vaccin. Ce sont généralement des personnes très stressées, qui font un malaise vagal à la fin des 15 minutes de surveillance, quand on leur dit que tout va bien ». À 18 heures, un point est fait sur les doses restantes : la plupart du temps, aucune. Jean-Philippe Gardere donne l’explication : « On commande les doses en fonction du nombre de rendez-vous. Quand il nous en reste cinq, c’est rare ! ». 

Elles sont utilisées sur des personnes qui n’avaient pas forcément rendez-vous, inscrites sur une liste. Mais rien ne sert de vous présenter si vous n’êtes pas éligibles : il n’y a aucun passe-droit. 

Le centre ferme ses portes à 20 heures. Le personnel reste généralement une heure de plus, le temps de faire un retour sur la journée. En dix jours, le vaccinodrome peut en tout cas se féliciter de n’avoir perdu aucune dose.

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2021 04 22 SO Pourquoi Arcachon est devenu la championne de la vaccination

2021 04 22 SO Pourquoi Arcachon est devenu la championne de la vaccination2

2021 04 22 SO La Brède Mobilisés pour la journée de vaccination

2021 04 22 SO En Chine la vaccination se fait à marche forcée

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2021 04 22 SO En Chine la vaccination se fait à marche forcée3

2021 04 22 SO Le déconfinement se précise

Sud-Ouest du 22 avril 2021 

Le gouvernement fait le pari d’une réouverture en douceur 

Jean Castex annonce ce soir un plan de déconfinement. L’épidémie reste forte, mais le pouvoir compte sur une décrue grâce aux mesures barrière et aux vaccins

2021 04 22 le gouvernementLes terrasses devraient rouvrir le 15 ou le 17 mai. NICOLAS TUCAT 

Le Premier ministre devrait renouer ce soir avec la tradition des conférences de presse du jeudi. Entouré d’Olivier Véran et de Jean-Michel Blanquer, il annoncera un calendrier et de nombreuses mesures d’assouplissement. Pourtant, avec 31 000 malades hospitalisés dont près de 6 000 étaient en réanimation mardi soir, la situation sanitaire est loin d’être satisfaisante. Même s’il a diminué, le nombre des contaminations est de 33 000 – rappelons qu’Emmanuel Macron avait fixé ce seuil à 5 000, jamais atteint, pour lever le deuxième confinement. « C’est la situation qui est contradictoire », plaide-t-on dans son entourage où l’on enregistre à la fois une baisse du taux d’incidence dans certaines régions et une saturation des services de réanimation. 

En attendant que le président de la République s’exprime à nouveau devant les Français, probablement la semaine prochaine, voici l’état des lieux. 

Déconfinement programmé 

Les écoles rouvriront comme prévu dès lundi, collèges et lycées suivront le lundi suivant. L’attestation, la limite des 10 kilomètres et l’interdiction de circuler d’une région à l’autre seront levées le 2 ou 3 mai. « Le président, dans son allocution du 31 mars, avait dit quatre semaines, ce sera quatre semaines », insiste l’Élysée. Contrairement aux deux précédents, ce confinement-là ne sera donc pas plus long qu’annoncé. 

En revanche, le couvre-feu restera en vigueur. Sa levée « ne fait pas partie des mesures envisagées », expliquait hier Gabriel Attal. Mais cela peut constituer « une option » au cas par cas, dans certains territoires moins touchés par le virus. 

Réouvertures en douceur 

Le 15 mai tombant au milieu du pont de l’Ascension, ce sera peut-être le 17. Mais autour de cette date, les terrasses des cafés et restaurants vont rouvrir ! Et non seulement les terrasses, mais aussi les musées, monuments historiques et tous les lieux culturels, à commencer par les cinémas et les théâtres, ainsi que les salles de sport. Pour son grand retour après avoir été touchée par le Covid, Roselyne Bachelot a obtenu là une de ces victoires dont elle avait perdu l’habitude. Au départ, Emmanuel Macron était réticent à l’idée de rouvrir théâtres et cinémas. Mais il s’est laissé convaincre de la nécessité de « délivrer un message d’espoir » aux professionnels comme à l’ensemble des Français. 

Attention ! Ces réouvertures seront très progressives, avec des jauges d’abord assez basses (un tiers), puis plus élevées (deux tiers). Et des niveaux variables selon les régions. À l’Élysée, on se montre « dubitatif » après les propos tenus mardi dans « Le Télégramme » par Olivier Véran qui parlait de « déconfinement territorialisé ». « Il y aura des jauges moins strictes là où le taux d’incidence est plus faible, et des expérimentations locales » pour des concerts en plein air ou des festivals. 

Vacciner… et communiquer 

Si le pouvoir anticipe ces mesures de libération alors que la situation reste fragile, c’est parce qu’il « espère une baisse des contaminations » dans les jours et les semaines qui viennent. Il compte aussi sur l’arrivée des autotests dans les écoles, et fait remarquer que la France a pris « un peu d’avance sur la stratégie vaccinale ». 

Ainsi 12 millions de Français avaient-ils reçu leur première dose le 15 avril, au lieu des 10 millions annoncés. L’objectif reste d’en avoir vacciné 20 millions à la mi-mai et 30 millions à la mi-juin. De ce point de vue, la validation du vaccin Johnson & Johnson par l’autorité européenne est considérée comme une très bonne nouvelle ; ce petit nouveau fera ses débuts en France dès lundi, avec seulement une semaine de retard. 

Gare aux variants 

Reste à convaincre les Français d’y recourir, la méfiance risquant d’être la même que pour l’AstraZeneca. Le gouvernement devrait d’ailleurs lancer une campagne de communication, avec des vedettes de la chanson ou de la télévision qui se feraient vacciner en direct. Tel Jean Castex il y a quelques semaines. « Mais si Sheila se fait vacciner, cela aura plus d’impact que moi », reconnaît en souriant le Premier ministre, qui martèle : « L’AstraZeneca est un bon vaccin. » 

Après le Brésil, l’Argentine, le Chili et l’Afrique du Sud, l’Inde rejoint aujourd’hui la liste rouge des pays dont les ressortissants ou les arrivants seront mis en quarantaine lorsqu’ils débarquent en France. Le variant indien inquiète les autorités. « On apprend de nos erreurs. Dès qu’un problème surgit, on ferme plus vite », reconnaît un proche de Macron pour qui « il va falloir apprendre à vivre avec les variants ». Raison de plus pour se faire vacciner !

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Sud-Ouest du 22 avril 2021 

Confinement : Les parcs, ces échappatoires de nature 

Pendant ce troisième confinement, en pleines vacances scolaires, les jardins publics sont abondamment fréquentés

2021 04 22 les parcs

On a souvent qualifié ce troisième confinement de « confinement extérieur ». Les règles édictées par l’exécutif, contrairement à celles de mars 2020, ont permis aux Français de prendre l’air à moins de 10 kilomètres de chez eux, sans craindre la contravention, sous réserve de ne pas dépasser six personnes par groupe. 

Et quand on habite en ville, les parcs et jardins s’avèrent être les espaces les plus à même de recevoir un public qui a envie de se dégourdir les jambes et de s’aérer l’esprit. Tour d’horizon de quelques parcs dont la fréquentation augmente à mesure que le soleil prend le pouvoir. 

1 Bordeaux : affluence sous surveillance 

Évidemment, les parcs et jardins sont propices à des concentrations de population. Sous surveillance comme l’ensemble de la ville. À Bordeaux, la police municipale dresserait « entre 30 et 50 » procès-verbaux par weekend. Mieux vaut donc être en règle. Depuis début mars, il est interdit de consommer de l’alcool dans les parcs, jardins ou sur les quais, espaces restés ouverts, sans jauge maximale. 

Une autre spécificité est l’obligation de porter le masque dans l’hypercentre, laquelle s’arrête cours de Verdun… juste avant le Jardin public donc. Des effectifs supplémentaires sont mobilisés le samedi et le dimanche- . Dans un but préventif. « La verbalisation n’intervient qu’en cas de récidive, de personnes récalcitrantes, voire hostiles, au message », indique Amine Smihi, adjoint au maire chargé de la tranquillité publique. 

2 Eysines : les jeux pour enfants interdits 

Au domaine du Pinsan, à Eysines, prisé pour ses équipements sportifs et son parcours à travers bois, les buts des terrains de football ont disparu, la rampe de skate est interdite pour cause de « modules défectueux » et les jeux pour enfants entourés de barrières « pour raison sanitaire ». Dissuasif : en deux semaines, personne ne semble s’être risqué sur ces derniers. 

Si la volonté municipale d’éviter des regroupements est évidente, « aujourd’hui, ceux qui ont des enfants sont responsables », regrettent toutefois Serge et Pascaline, du Haillan, venus en habitués avec leur fille Serena, 2 ans. « Elle a fait le tour en se disant qu’il y avait une ouverture quelque part ! » Et de s’interroger sur l’utilisation du terrain de basket, plus loin : « Pourquoi le laisser ouvert alors que les plus grands sont censés être porteurs du virus ? » À défaut de jeux, la petite famille s’est promenée dans le bois. 

3 Blanquefort : masqués aux grottes de Majolan 

Le parc de Majolan à Blanquefort, inscrit depuis 2007 à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, reste ouvert au public, avec pour seule restriction la fermeture anticipée à 19 heures par rapport aux horaires d’été. 

Pour la promenade le long du lac et dans les bois, le masque n’est pas obligatoire. En revanche, il le devient si l’on souhaite faire un tour dans les grottes. Celles-ci sont ouvertes au public de 14 à 19 heures, les samedis, dimanches et jours fériés, avec une jauge maximum de 10 personnes. 

4 Pétanque et mölkky à Pessac 

Pas de restrictions particulières pour les neuf parcs et espaces verts pessacais. Par une après-midi ensoleillée, il faut même prendre son mal en patience pour trouver une place sur les trois parkings de la forêt du Bourgailh, aux aires de jeux et terrains de sport (escalade, deux-roues, beach-volley) très fréquentés par les jeunes et les familles. Les tables de pique-nique sont également prisées, sans oublier les coins d’herbe qui attirent bronzette et parties de pétanque ou de mölkky (jeu de quilles). Seule la serre tropicale du domaine de 110 hectares, considérée comme espace intérieur, est fermée. 

5 Du côté de la rive droite 

Nature apaisée sur la rive droite. Il y a neuf ans quasiment jour pour jour, le pin parasol se couchait sous la bourrasque dans le parc Palmer, à Cenon. En 2014, le sculpteur Mier sanctuarisait la dépouille devenue totem. « Il enchante le lieu », résume la plasticienne Anne-Laure Boyer qui imagine en ses creux planter d’autres espèces. La crise empêche et oblige à redéfinir le projet : le 12 avril dernier, elle plante un jeune pin sylvestre de 10 ans. Ex-voto de bois à venir à la Toussaint pour les gens retrouvés. 

Au parc Bétailhe d’Artigues, les premières plantations sur le Jardin d’Emerveille ont été faites en mars 2020. Mairie et association SaluTerre ont porté ce jardin partagé d’un collectif en passe de devenir association. Marie-Line Bourges, Sylvie Parreau et les autres gardent le lien tout 2020 avec les structures d’adultes handicapés, d’aide aux migrants, enfants en difficulté et CCAS. Les plantations de 2021 sont faites, les jours heureux peuvent revenir.