Sud-Ouest du 18 octobre 2019 

Les riverains s’inquiètent du futur parc éolien 

LESPARRE Plusieurs habitants estiment être mal informés sur l’implantation des éoliennes dans le Médoc. L’enquête publique démarre lundi

parc éolien

Le parc éolien doit être installé en pleine forêt, dans le secteur des Vignes Oudides, au Sud de Lesparre. «Les pins, le silence », le paradis de Mickaël Armengol depuis 43ans. Pourtant cet habitant de Saint-Germain d’Esteuil retrouvera une partie des 12 éoliennes aux portes de sa maison. Il redoute que les machines, «couvrent le bruit de l’océan». André Caussé, le voisin, craint la pollution visuelle engendrée par ces grands mâts, hauts de 210 mètres. «Dix fois la hauteur du clocher de l’église, on ne peut pas les laisser s’installer dans le Médoc», soupire Christine, sa compagne. 

Dans le Médoc, deux projets ont dernièrement capoté à Naujac et au Verdon. Les dossiers n’étaient pas viables économiquement, ou ne franchissaient pas toutes les procédures administratives. Cette fois, le projet prévu au plus tôt pour septembre 2021, comprend trois éoliennes sur la commune de Lesparre, les neuf autres sur des terrains de la Caisse des dépôts et consignations. 

Bruit « couvert par le vent » 

André Caussé craint pour son mode de vie rural. Depuis la terrasse de sa maison à Saint-Germain d’Esteuil, les éoliennes seront à 700 mètres. « Au milieu des pins, on ne verra et n’entendra qu’elles », imagine le Médocain. Pas de quoi s’affoler, répond l’entreprise girondine Valorem, porteuse du projet: « à partir de 500 mètres, les arbres couvrent la vue sur les pylônes », explique Thomas Senant, le chef du projet. La chaîne « You Tube » de Valorem tente de l’expliquer grâce à des vidéos, en réalité augmentée.

Quant aux nuisances sonores, la rotation des pales ne dépasserait pas les 40 décibels, considérés comme le bruit ambiant. « Le vent cache le bruit des éoliennes », assure l’employé de Valorem.

parc éolien 2

Autre crainte des riverains : les incendies. « Si le feu se déclenche comme il y a deux ans, les canadairs pourront-ils survoler les éoliennes ? », se demandent Christine et son conjoint. Là encore, la société veur rassurer. Valorem affirme s’être rapproché du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) pour laisser la place nécessaire aux secours. L’exploitant du parc éolien devra aussi entretenir les pistes de la DFCI, débroussailler autour des pylônes et surtout maintenir des réserves en eau près des machines. Selon Thomas Senant, «neuf citernes de 120 mètres cubes d’eau seront disposées dans le parc» pour faciliter le travail des pompiers en cas de feu. 

En tout, 9,1 hectares de forêt devraient être défrichés pour installer ces grands mâts. Mais Valorem assure que «l’impact sur la faune sera minime ». Les éoliennes doivent être construites hors des couloirs de migrations des oiseaux. 

Enquête publique 

Certains habitants considèrent ne pas être suffisamment informés. « Écolo et favorable aux panneaux solaires», Mickaël Armaengol n’a jamais été sondé par l’une des deux enquêtes de porte-à-porte, dont la dernière s’est terminée le 5 octobre 2019. Durant l’enquête publique, du 21 octobre au 21 novembre, les riverains vont désormais pouvoir se faire entendre. 

À Lesparre durant cette période, le commissaire enquêteur, expert en évaluation du risque, sera à la disposition du public pour recevoir ses observations (1). 

De son côté, Valorem rappelle que son investissement s’élèverait à près de 78 millions d’euros pour construire le parc. Toujours selon l’entreprise, les retombées fiscales annuelles pour le territoire seraient d’environ 500 000 euros. 

(1) À la mairie de Lesparre, les 21 et 28 octobre et le 6 novembre de 14 h à 17 h, le 16 novembre de 9 h à 12 h et le 21 novembre de 10 h à 12 h 30 et de 14 h à 17h. Une adresse email est ouverte pour récolter les réclamations: lesparre@mail.registre-numérique.fr