La Gazette des communes du 30 août 2019 

La grève des sapeurs-pompiers reconduite jusqu’à fin octobre 

Après deux mois de grève, les sept syndicats de sapeurs-pompiers réunis en intersyndicale ont décidé de reconduire le mouvement jusqu’au 31 octobre. Ils déplorent l’absence de réponse de la part du ministère de l’Intérieur et annoncent une manifestation nationale dans les semaines à venir.

la grève des sp reconduite jonives / Adobe Stock

Si les sapeurs-pompiers ont été en première ligne tout l’été pour maîtriser les nombreux incendies qui ont ravagé plusieurs milliers d’hectares, une partie d’entre eux ont mené de front une seconde bataille. 

En effet, dès le début de l’été, une intersyndicale (CGT, FASPP-PATS, FO-SIS, CFDT-SDIS, UNSA-SDIS, SPASDIS-CFTC, Avenir Secours, CGE-CGC) a déposé un préavis de grève jusqu’au 31 août. Et le mouvement ne semble pas prêt de s’éteindre. 

Dans un préavis envoyé le 20 août au ministre de l’Intérieur, l’intersyndicale annonce reconduire le mouvement pour deux mois supplémentaires, soit jusqu’au 31 octobre. Selon eux, la grève a été suivie cet été par 90 Services départementaux d’incendies et de secours (Sdis) sur 100, tout en continuant à assurer un service minimum. Un taux de 5% de grévistes a été avancé par Christophe Castaner devant l’Assemblée nationale le 23 juillet. 

Actions de sensibilisation et manifestation nationale 

Déplorant « l’absence de réponse » du ministre de l’Intérieur, de l’Association des départements de France et de l’Association des maires de France, et des « rencontres stériles », les syndicats réitèrent donc leurs revendications. Parmi elles, la revalorisation significative de la prime de feu à hauteur des autres métiers à risque (28% minium), le recrutement massif d’emplois statutaires pour répondre aux besoins des Sdis, la mise au centre des préoccupations des questions de protection de la santé et de la sécurité pour les sapeurs-pompiers ou encore la révision de l’organisation de la sécurité civile. 

Dans un communiqué de presse daté du 27 août, ils annoncent également leur intention de lancer des actions pour sensibiliser la population à leurs difficultés et la préparation d’une manifestation nationale. Une pétition a également été mise en ligne et un courrier doit être envoyé aux parlementaires en début de semaine prochaine. « Nos actions seront proportionnées en fonction de la réponse de nos interlocuteurs », prévient Sébastien Delavoux, de la CGT. 

A l’occasion d’un entretien donné à la Gazette cet été, Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d’incendies et de secours (CNSIS) estimait que la mise en place du numéro unique d’urgence pourrait être une piste de sortie du conflit car elle permettrait de « faire baisser la pression opérationnelle sur les secours ». Des annonces au sujet de cette mesure, réclamée de longue date par les sapeurs-pompiers, pourraient avoir lieu dans les semaines à venir. 

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Mais pour Sébastien Delavoux, de la CGT, cela ne réglerait qu’une partie du problème. « Nous ne voulons pas que des pansements. Aujourd’hui le système est à genoux. Le ministre ne peut pas nous laisser sans réponse. » 

Un groupe de travail au sein de la CNSIS est prévu le 10 septembre. La semaine suivante, du 18 au 21 septembre, aura lieu le Congrès national des sapeurs-pompiers à Vannes. Nul doute que la question y sera abordée.