Sud-Ouest du 15 octobre 2018 

Gleyze réussit l’union des élus 

DÉPARTEMENT Le président PS a obtenu l’adhésion d’une bonne partie des élus de droite et ruraux pour la défense de sa collectivité

Gleyze réussit l'union des élus

C’est un joli coup politique réussi samedi par le socialiste Jean-Luc Gleyze dans les murs de la collectivité qu’il préside. En s’appuyant sur le projet de fusion du président Macron de cinq grandes métropoles françaises et de leurs départements, dont Bordeaux et la Gironde, il a lancé un appel au rassemblement pour défendre «les territoires» et sauver « la proximité en danger », ainsi qu’on pouvait le lire sur des autocollants distribués à l’entrée de l’immeuble Gironde, samedi. 

Une terminologie astucieuse qui s’appuie également sur la publication d’un manifeste des territoires, texte signé par plus de 30 présidents de départements en France. Autrement dit, le président PS du Conseil départemental de Gironde n’a pas voulu politiser ce dossier, s’en prenant seulement au gouvernement et à l’Élysée, accusés de vouloir «appauvrir les territoires ruraux au profit des métropoles». Il en a ainsi récolté les fruits. 

«L’ancien monde» se lève 

Autour de lui samedi, 600 personnes environ se sont rassemblées, surtout des élus et des associatifs. Et parmi eux sur le devant de la scène, son principal opposant de droite au Conseil départemental, le maire de Castillon Jacques Breillat. Ce dernier a pris soin de rappeler sur les réseaux que cette mobilisation est «transpartisane». À ses côtés, la sénatrice UDI Nathalie Delattre a elle aussi communiqué sur la «nécessité de ne pas casser les solidarités territoriales». Quant aux maires ruraux, ils étaient représentés par la vice-présidente de leur association Chantal Gantch. Elle a évoqué lors de son discours «des menaces sur la démocratie». L’assemblée a également eu droit à un message de soutien en vidéo de l’ex-sénateur UMP Gérard César, président de l’Association des maires de Gironde. Des élus de droite qui côtoyaient aussi la plupart des maires socialistes du département. 

C’était un peu comme si «l’ancien monde» se levait uni contre le nouveau. Il manquait d’ailleurs à l’appel quelques personnalités proches du pouvoir comme le maire Modem et conseiller départemental Jacques Mangon (Saint-Médard-en-Jalles). Avec quelques autres élus, ce dernier voyait plutôt dans ce rassemblement une «opération politique destinée à relancer le socialisme départemental ». Il réclame de son côté des assises «pour faire évoluer les collectivités territoriales qui en ont besoin». 

La position d’Alain Juppé est d’ailleurs nuancée. Comme il l’a dit à «Sud Ouest», il «n’a rien contre» le projet de fusion Département/ Métropole du gouvernement mais «n’a rien demandé et ne passera pas en force». Quant aux Macronistes, ils ont bien été obligés de défendre le projet, rappelant comme le député Éric Poulliat que «les cris d’alarme ne sont nullement justifiés puisque les projets de fusion ne pourront se faire sans accords locaux», ce que l’Élysée a effectivement confirmé. Mais même si le projet ne se réalise jamais, ce qui est probable, il aura au moins permis cette union inédite des élus locaux contre le gouvernement.