Le député Thomas Mesnier propose à terme "d’appliquer une majoration de ticket modérateur" aux personnes se présentant directement aux urgences, c’est-à-dire de diminuer leur remboursement par la Sécu.

Seulement prend-il vraiment en compte la réalité du terrain, en particulier en ruralité ?

Une fois de plus les habitants de la ruralité qui doivent déjà faire face à la désertification médicale, à l'absence de SOS médecins, à l'absence de garde de médecins généralistes la nuit, le week-end et les jours fériés, à des délais d'intervention des secours bien trop longs... se verront, à terme, pénalisés par une diminution du remboursement de la sécurité sociale. 

Sud-Ouest du 23 mai 2018 

Saturation des urgences : vers un "numéro unique de santé" ?

saturation des urgences vers un numéro unique

Le 15 aurait vocation à absorber la "permanence des soins" assurée le soir, la nuit et le week-end par les médecins libéraux et à l'étendre "en journée et en semaine". PHOTO D'ILLUSTRATION "SO" 

"Pour désengorger les urgences, la régulation médicale par téléphone doit être "centralisée sur le 15", estime un député charentais dans un rapport présenté mardi. 

Et le numéro gagnant est… le 15. Chargé depuis six mois d’une mission sur les "soins non programmés", le député Thomas Mesnier préconise d’en faire le "numéro unique de santé" qui permettra une régulation "24 heures sur 24, 7 jours sur 7", à la fois pour les urgences et les consultations sans rendez-vous. 

Le 15 aurait ainsi vocation à absorber la "permanence des soins" assurée le soir, la nuit et le week-end par les médecins libéraux et à l’étendre "en journée et en semaine". Finis, donc, les numéros à 4 ou 10 chiffres encore utilisés dans un tiers des départements, ou encore le 116 117 créé par le précédent gouvernement et testé sans grand succès depuis l’an dernier dans trois régions."...

..."Le "numéro unique" aura donc besoin de renforts : pour traiter 5 millions d’appels en plus, il faudrait (en équivalent temps plein) 315 médecins régulateurs et 715 assistants de régulation médicale, soit "un surcoût de 96 millions d’euros

Cette dépense serait compensée par "les économies attendues" aux urgences, où chaque passage coûte "environ 180 euros" à l’Assurance maladie. 

Augmenter les effectifs ne suffira toutefois pas. Il faudra aussi que les opérateurs "disposent d’une information fiable et en temps réel" sur les hôpitaux, maisons de santé et autres cabinets médicaux disponibles sans rendez-vous."...

..."Pour Thomas Mesnier, ce futur "numéro unique", une fois mis en place, "doit devenir un élément structurant et obligatoire du parcours de soins", à l’instar du médecin traitant. 

Le député juge qu’"il serait légitime", à terme, "d’appliquer une majoration de ticket modérateur" aux personnes se présentant directement aux urgences, c’est-à-dire de diminuer leur remboursement par la Sécu."...

2018_05_23_SO_Saturation_des_urgences_vers_un_numéro_unique_de_santé

Sud-Ouest du 23 mai 2018 

Des idées pour désengorger les urgences 

SANTÉ Un rapport préconise la régulation par téléphone « centralisée sur le 15 » et « obligatoire » pour le remboursement intégral des soins

des idées pour désengorger les urgences 23

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