Sud-Ouest du 10 avril 2018 

Grand Bordeaux : les réserves en eau potable en baisse

grand bordeaux les réserves en eau potable baissent

La consommation par foyer diminue, mais les besoins en eau augmentent avec la hausse de la démographie. ILLUSTRATION CLAUDE PETIT 

"La demande en eau a augmenté de 2 % l’an dernier dans la métropole mais la météo ne permet pas aux nappes de se recharger assez vite. 

Vu les quantités d’eau que le ciel déverse sur la Gironde depuis le mois de décembre, on a du mal à croire que l’eau est une ressource dont on pourrait manquer sous nos latitudes. C’est pourtant le cas."...

Lors du dernier salon professionnel Cycl’eau, qui s’est tenu à Bordeaux en mars, un ingénieur de Suez Eau France, délégataire du marché de l’eau à Bordeaux Métropole, a rappelé des chiffres qui peuvent surprendre. 

Déficit de 15 % 

"Depuis trois ans, a-t-il expliqué, la Gironde connaît une situation météo marquée par des pluies intenses, très fortes, et des périodes de longue sécheresse. Les températures moyennes sont plus élevées, d’où une évaporation plus importante. Les sources se renouvellent de novembre à mars. Il faut en général 450 mm d’eau de pluie par an pour réalimenter les sources. En 2017, nous n’avons eu que 280 mm de recharge hivernale. Nous avons un déficit de 15 %, ce qui est énorme sur une année." 

Un problème accentué par le fait que la demande en eau est en hausse. "Nous prélevons 52 millions de m³ par an, poursuit le cadre de Suez Eau France, et disposons de 51 réservoirs où l’on stocke 135 000 m³, soit la consommation d’un jour dans le grand Bordeaux. Cette eau provient de 100 points de captage : 90 forages d’eaux profondes, du crétacé, éocène et oligocène, et dix sources. Ces dernières représentent 35 à 45 % de la consommation totale. Or, elles sont liées à la météo. En Gironde, la pluie est le moteur du système de l’eau. Nous sommes donc face à une baisse des capacités de prélèvement, en raison de la météo, conjuguée à une hausse des usages de l’eau. À Bordeaux, la demande en eau augmente d’environ 2 % par an, alors que nos capacités de prélèvement diminuent." 

"Avec 2 degrés de plus en 2050, le bassin d’étiage de la Garonne est divisé par deux"

Pour être précis, la consommation par foyers diminue, mais comme la démographie est en forte hausse, les besoins en eau augmentent. 

Par ailleurs, la Métropole puise dans des sources qui ne sont pas toutes situées sur son territoire. Les plus anciennes sont à Budos, dans le Sud-Gironde. Le projet d’ouverture d’un nouveau champ captant à Sainte-Hélène, entre Bordeaux et Lacanau, vise à apporter 10 millions de m³ supplémentaires dans l’agglomération. Mais il est vivement contesté. Un exemple de potentiel conflit d’usage.

..."Mais selon le Girondin Nicolas Thierry, vice-président EELV du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, "les innovations technologiques ne régleront pas à elles seules les problèmes de l’eau. Dans la région, 54 % des masses d’eau de surface sont dans un état moyen ou critique. Les conflits d’usage vont devenir très difficiles."...

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