Gironde Vigilante salue l'initiative de ces élus qui prennent leurs responsabilités et se met à leur disposition.

Ce qui se passe actuellement dans le Lot-et-Garonne est la conséquence de la réorganisation du Sdis 33, département pilote en la matière. Seulement, on va appliquer à ce département ce qui ne marche pas en Gironde. En effet, Gironde Vigilante a été justement créée suite à une réorganisation qui ne tient absolument pas compte des habitants des communes rurales.

Le Sdis 33 a basé toute son organisation sur des statistiques au niveau du département et ne fait absolument pas le distinguo entre métropole et zones rurales, la moyenne des délais d'intervention étant calculée sur l'ensemble de la Gironde. Ainsi des moyens humains et matériels ont été déplacés vers les grandes villes au détriment des villages qui eux ont perdu une grande partie, voire la totalité, de leur effectif de sapeurs-pompiers professionnels.

Le Sdis ne tient aucunement compte de la désertification médicale et ne manque pas de souligner que les missions propres du Sdis sont la prévention, la protection et  la lutte contre les incendies, alors qu'il concourt avec les autres services et professionnels concernés, à la protection et à la lutte contre les autres accidents, sinistres et catastrophes, à l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels ainsi qu'aux secours d'urgence (missions partagées).

Pourtant le secours à personne représente près de 80 % de ses interventions.

Les communes rurales, comme toutes les communes de France participent à la subvention des Sdis, pourtant elles sont moins considérées. Tous les citoyens devraient avoir les mêmes droits et il est totalement aberrant que des habitants attendent parfois plus de 45 minutes des secours dits "d'urgence". Que reste-t-il d'une habitation après un tel délai ? Quelles sont les conséquences sur un feu de forêt ? Qu'advient-il d'une victime qui fait un AVC, un infarctus ou encore qui vient d'avoir un accident de la route ?

Et enfin à combien les Sdis estiment-ils la vie d'une personne ? En effet celle-ci a bien du être évaluée puisqu'ils déterminent l'effectif des sapeurs-pompiers professionnels en fonction du nombre d'interventions réalisées sur un secteur donné. Certaines vies auraient-elles donc moins de valeur que d'autres ?

Gironde Vigilante soutient l'action des élus du Lot-et-Garonne et demande à la population de faire de même. Il s'agit des droits, de la vie et de la sécurité de tous les habitants.

La Dépêche du Midi du 14 mars 2018  

La réforme du secours et de l'incendie ne passe pas

La dépêche

Les maires et responsables de communes , très nombreux, ont signifié leurs inquiétudes devant le projet de restructuration du SDIS 47. / Photo DDM JCS

Les responsables du secours et de l'incendie dans le département envisagent de revoir les dispositifs d'intervention autour de Mézin. Les élus grognent et manifestent. 

Le SDIS 47, service de secours et d'incendie, envisage une restructuration de ses moyens et effectifs. Cette réorganisation soulève les inquiétudes des élus du Mézinais. À l'initiative des maires de Houeillès et de Mézin, une trentaine d'élus et responsables de communes limitrophes s'est réunie lundi afin de réfléchir sur le devenir du centre de secours Mézin-Réaup situé à la lisière de la forêt.

Le Mézinais a depuis plusieurs années bénéficié d'un climat de sécurité envers les personnes et les biens, résultat d'une politique de protection des populations en hommes et matériels dans des lieux stratégiques. Il faut savoir que pour la réussite d'une action de secours, les pompiers doivent être présents sur le lieu d'intervention entre 9 et 13 mn, après la mise en alerte, un maillage des moyens de secours se doit d'être établi afin d'intervenir, y compris dans les lieux éloignés. 

Moins de pros 

Aujourd'hui la direction du SDIS 47, au regard de la diminution du nombre d'interventions, envisage de réduire le nombre de pompiers professionnels en exercice. Les vacances dues aux départs en retraite ou mutation ne seront pas comblées. Les pompiers volontaires sont de plus en plus difficiles à recruter, le jour ils travaillent et donc ne sont pas en caserne ce qui augmente le temps d'intervention. De plus, la formation de sapeur-pompier nécessite de nombreuses années d'apprentissage. 

Une réorganisation diminuant les effectifs se profile dans les centres de secours de Casteljaloux, Houeillès, Réaup-Mézin, Nérac. Les maires présents contestent cette restructuration faisant remarquer que si les sorties sont moins nombreuses elles nécessitent cependant la présence de pompiers professionnels notamment dans le secours à la personne (AVC) et les feux de forêt qui exigent une intervention immédiate. 

«Faire des économies c'est bien mais combien coûte la vie d'une personne si l'on arrive trop tard, une forêt si elle est réduite à néant» ont martelé les participants à cette réunion de l'urgence. 

Dans ce nouveau dispositif, le relevage des personnes ne serait plus du ressort des pompiers, le temps de travail et d'astreinte des pompiers professionnels revu à la baisse. Les maires pointent également un manque de concertation entre la base et la direction du SDIS 47Face à cet appauvrissement d'effectifs, les maires ne sont plus en mesure d'assurer la sécurité des personnes et des biens, le pouvoir administratif étant plus puissant que les volontés municipales, ils envisagent de remettre ces responsabilités à la préfecture. 

Rdv demain 

Hélène Vidal, conseillère départementale du canton Forêt de Gascogne, conseillère municipale de Casteljaloux et membre du conseil d'administration du SDIS, propose un rassemblement de contestation des élus et de la population devant le siège du SDIS à Foulayronnes le vendredi 16 mars, à 14 h 30Porte-parole de ce collège d'élus, elle soutiendra la volonté des maires dans leur politique sécuritaire des personnes et des biens et notamment dans le maintien du PC Forêt de la commune de Houeillès qui se trouve en forêt. 

Sud-Ouest du 14 mars 2018 

Les élus vont-ils rendre leur écharpe ? 

A la suite de leur réunion, lundi soir, concernant la nouvelle répartition des effectifs des pompiers du département, les édiles vont intenter des actions pour faire entendre leurs inquiétudes. 

Une trentaine d’élus des communes des anciens cantons de Houeillès et Mézin assistaient, lundi soir à Mézin, à la réunion d’information et d’actions concernant la restructuration envisager par le Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) 47 qui va toucher le nombre de professionnels (lire notre édition d’hier). 

Un de ces élus communiquait sur un document émanant de cette structure, sur la nouvelle répartition des 22 pompiers professionnels concernés. Le Mézinais Jacques Lambert rappelait que dans les attributions de la fonction de maire, la sécurité des personnes est de leur ressort. La conseillère départementale du canton des Forêts de Gascogne, Hélène Vidal, et membre du conseil d’administration du Sdis précisait qu’elle avait questionné le président, Francis Da Ros, qui n’assistait pas à cette réunion et les instances opérationnelles. Elle a été écoutée certes, mais n’a obtenu aucune réponse. 

Caduques 

Cette restructuration intervient avec le départ de nombreux chefs de services et chefs de centre. « Le nouveau directeur profite de cette situation et en quelques mois “démonte” la répartition des effectifs qui a qui été acquise dans les années 1980 à la suite de grands incendies de forêt. » Un décret de 1943 imposait la création des corps de sapeurs-pompiers forestiers, pour la lutte des incendies de forêt. Les plans communaux de sauvegarde ont été réalisés et mis à jour dernièrement deviendraient caduques. 

Lors du tour de table, les élus ont tous exprimé leurs inquiétudes : « On parle d’économie, mais pas de valeur humaine », « La ruralité perd encore », « Est-ce normal qu’un élu ne soit pas au courant alors que le financement des Sdis est assuré à la fois par les communes, les Epci et par le Département », « Faire encore des économies sur le dos de la ruralité, le professionnel coûte aussi cher en secteur rural qu’en urbain, qui assurera les interventions en journée », « Les délais d’interventions vont augmenter, a-t-on pensé à la population vieillissante ? ». 

Manifestation, motions, tracts 

Les élus ont donc décidé de mener des actions contre cette nouvelle répartition. Ils iront manifester leur opposition au projet devant le siège du conseil d’administration vendredi, à 14 h 30, avec la population. Une motion des conseils municipaux à destination du préfet sera rédigée. Les élus envisagent même de suspendre leur financement et de désengager de leur responsabilité en matière de sécurité. Des pétitions et distribution de tracts seront organisés. 

Sud-Ouest du 12 mars 2018 

Réforme chez les pompiers de Lot-et-Garonne : le feu couve chez les élus

réforme

La réorganisation chez les sapeurs-pompiers ne passe pas chez certains élus. PHILIPPE MERLE

Les maires de Houeillès et de Mézin redoutent le départ des pompiers professionnels de leurs casernes. Ils tiendront une réunion avec des élus ce lundi soir à Mézin.  

Ce lundi soir à Mézin, des élus ont prévu de se réunir afin d’évoquer la prochaine organisation du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 47) qui prévoit un aménagement des effectifs. 

Les pompiers professionnels pourraient être déplacés des centre de secours de Mézin et de Houeillès notamment, où les maires, inquiets, interprètent ce mouvement comme le préambule à la fermeture de centres. 

Ce que contestent les autorités du service. "Il n’y aura pas de fermeture de casernes", rappelle ainsi Francis Da Ros, le président du conseil d’administration du Sdis 47. Mais pour élus, ce nouveau schéma, qui reposera sur les volontaires, aura des conséquences sur les délais d’intervention.