Sud-Ouest du 20 décembre 2017 

«Nous sommes contre le projet de champ captant» 

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LE TEMPLE / SAUMOS Le plan de forages d’eau potable mené par Bordeaux Métropole continue d’inquiéter les forestiers

«Tout le monde est contre le projet de champ captant. Dans cette salle, il n’y a que vous qui êtes pour!» La phrase lancée par un sylviculteur résume la teneur de la réunion qui s’est tenue lundi dernier, dans la salle des fêtes du Temple. Les représentants de Bordeaux Métropole en charge de l’eau et de l’assainissement avaient invité les forestiers à discuter d’un dossier qui continue de susciter beaucoup de méfiance et d’incompréhension. 

Rappelons que le projet de champ captant des Landes du Médoc vise « à réaliser une dizaine de forages sur les communes du Temple et de Saumos pour approvisionner en eau potable l’agglomération de Bordeaux et les territoires ruraux périphériques». 

Le projet a été initié après une expertise révélant une surexploitation de certaines ressources. Ce qui impose aujourd’hui une réduction des prélèvements en excès par des économies d’eau complétées par des substitutions de ressource. En clair, les nappes exploitées autour de Bordeaux montrent des signes de fatigue. Il faut donc anticiper les problèmes d’alimentation en eau potable qui pourraient se poser à l’avenir. D’autant plus que la métropole bordelaise connaît une forte hausse démographique. Ce qui n’a échappé à personne.  

Un effet très limité… 

En venant rencontrer les sylviculteurs au Temple, la délégation emmenée par la vice-présidente Anne-Lise Jacquet avait un double objectif. Le premier consistait à rassurer les propriétaires forestiers concernés par le projet en présentant une étude réalisée par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Les conclusions assurent que l’effet du champ captant, qui va puiser de l’eau dans l’Oligocène (nappe profonde), n’a qu’un impact très limité sur les nappes d’eau de surface. Celles qui alimentent la forêt. Selon deux scénarios, la production de pin maritime ne serait pas affectée Les techniciens ont pris en compte la problématique du réchauffement climatique pour évaluer cette tendance. Malgré la démonstration faite, les sylviculteurs se sont montrés peu convaincus. Jean-Pierre Turon, le maire de Bassens, qui pilote ce dossier champ captant avec Anne-Lise Jacquet à Bordeaux Métropole, a d’ailleurs proposé de revenir au mois de janvier avec des hydrogéologues et des techniciens spécialistes des forages pour répondre à toutes les inquiétudes formulées par les sylviculteurs.

 

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«Contactés individuellement» 

Lors de cette réunion, l’autre objectif dévoilé par Bordeaux Métropole consistait à obtenir l’accord des propriétaires forestiers présents dans la salle pour poursuivre des forages d’essai dans le secteur où doit être réalisé le champ captant. Une façon de continuer d’affiner les études et de pouvoir constituer le dossier administratif nécessaire à la réalisation de l’enquête publique. 

Durant les échanges, Anne-Lise Jacquet comme Jean-Pierre Turon ont d’ailleurs répété à plusieurs reprises qu’il fallait avancer. En ce sens, des documents avaient été préparés. À cette requête, les sylviculteurs ont opposé deux exigences. André Pourvoyeur, qui a été le premier a sonné l’alerte sur le champ captant en 2015, a ainsi formulé les choses: «Si vous souhaitez faire ces forages, nous vous demandons avant toute chose de réaliser un état initial de l’ensemble de la zone où sera implanté le champ captant. Ensuite, si notre forêt venait être affectée, il faut que nous nous mettions d’accord, dès le départ, sur notre indemnisation.» 

Face à ces demandes, Bordeaux Métropole a évoqué un accord de principe, mais aussi un problème de temps pour formaliser les choses. «Nous voulons des garanties», ont rétorqué les sylviculteurs. À la fin de la réunion, les représentants de Bordeaux Métropole ont indiqué que les sylviculteurs allaient être contactés individuellement. Dans la salle, Guillaume Rielland, le juriste du Syndicat des sylviculteurs du Sud Ouest, a assuré qu’aucun document ne serait signé individuellement. Une réunion avec les propriétaires forestiers concernés doit être organisée dans les prochains jours. À la sortie de la salle, les commentaires allaient bon train. « On voit bien qu’ils sont pressés. Nous ne signerons rien 

2017 12 20 SO Forêt de pin maritime