LES SECRETAIRES DE GIRONDE VIGILANTE S’EXPRIMENT

Gironde Vigilante est une association créée en juillet 2007 par un petit groupe de personnes de la société civile, d’élus et d’anciens sapeurs-pompiers professionnels et volontaires.

Elle a pour principal but d’assurer la défense des intérêts des usagers des services d’incendie et de secours de la Gironde.

Elle est née de l’inquiétude grandissante des personnes face à la désertification des Centres de Secours, la nuit, le week-end et les jours fériés depuis l’application de la loi de Départementalisation.

Cette réforme s’est faite petit à petit, dans l’ombre, sans que les usagers en soient informés. Ceux-ci, dans leur majorité, ignorent que les sapeurs-pompiers professionnels et volontaires ne sont plus présents dans les casernes 24h/24h et pensent pouvoir faire appel au 18 quelque soit l’urgence (urgence médicale, accident domestique, feu de forêt, nid de frelons, voie d’accès coupée…). D’où leur étonnement lorsqu’ils sont dirigés vers un centre d’appel à BORDEAUX qui déterminera, sans connaître les tenants ni les aboutissants, ni même la configuration du terrain, l’urgence à accorder à cet appel.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont eu malheureusement affaire à la nouvelle réorganisation et à ses dysfonctionnements.

Le premier dysfonctionnement grave fut celui de BAZAS où quatre personnes d’une même famille ont trouvé la mort dans l’incendie de leur maison.

Pourtant, dès 2006, notre Président, Monsieur Jacky COSTES, un homme de métier, faisait part de son inquiétude face à cette réorganisation et ses dérives.

Suite au drame de BAZAS, il avait déclaré que : « si les personnels du centre de secours de BAZAS avaient été ceux d’avant la réduction des effectifs, les chances de survie de cette famille auraient été plus fortes ».

Ces paroles lui valurent d’être mis en examen pour diffamation par le SDIS. Depuis, la comparution de notre Président devant le Tribunal est sans cesse reportée.

Le SDIS n’aurait-il aucun argument valable à lui rétorquer ?

En attendant le report du procès tend à nous museler, mais nous ne faiblirons pas car chaque jour notre sécurité est menacée.

Les retards accumulés dans les secours mettent la sécurité des personnes et des biens en danger. Le prompt secours n’est plus assuré, le deuxième départ non plus. Nous sommes à la merci de la réactivité d’un centre d’appel qui se trouve à BORDEAUX et qui nous demande de répondre à un questionnaire avant d’évaluer les moyens de secours à mettre en œuvre. Malheureusement, les délais qui en découlent peuvent devenir fatals à la victime qui attend les secours comme aux biens qui attendent les sapeurs-pompiers.

De plus, suite aux tempêtes de 1999 et 2009, les forêts ont été mises à mal. Certaines ne sont toujours pas nettoyées, d’autres replantées de jeunes pousses. Elles sont de véritables bombes à retardement. A l’heure actuelle, en cas de sècheresse, si un incendie se déclarait, serions-nous en mesure de le circonscrire ? Certainement pas avec les moyens et le personnel dont nous disposons aujourd’hui.

Nous ne pouvons plus tolérer cela. Ce n’est pas parce que nous habitons en milieu rural que notre sécurité doit être bradée. Nous avons les mêmes droits que les personnes qui vivent en milieu urbain et, d’ailleurs, nous réglons les mêmes taxes.

Notre sécurité doit être assurée dans les mêmes conditions c'est-à-dire par des gens de métier réactifs à la moindre alerte.

Le temps est un facteur déterminant.

C’est pourquoi nous demandons aux pouvoirs publics de remettre des gardes 24h/24h dans nos centres de secours pour assurer le prompt secours et réduire ces délais qui depuis la départementalisation, ne cessent de s’accroître mettant en danger des vies et des biens.

Notre démarche n’est nullement politique. Nous nous inquiétons pour la sécurité des personnes et des biens surtout, lorsque nous constatons que l’on peut déclasser le Centre de Secours Principal de LESPARRE en Centre de Secours. Nous ne pouvons que réagir en demandant aux Maires de présenter, lors de leur Conseil Municipal, une motion contre ce déclassement.

Il en est de même lorsque le Médecin Chef du service des urgences de la clinique mutualiste de LESPARRE est mis à pied pour avoir eu « l’indélicatesse » de signaler que les urgences ne pouvaient être assurées dans de bonnes conditions faute de personnel.

La Départementalisation devait aider à répartir les moyens de secours en fait, elle a spolié le milieu rural.

                                        Christiane AUCANT et Jean-Francis SEGUY

                                                          Le 12 novembre 2009