Sud-Ouest du 26 janvier 2022

2022 01 26 SO Vaccination des enfants les règles simplifiées

2022 01 26 SO Vaccination des enfants les règles simplifiées2

2022 01 26 SO Accord des 27 pour éviter d'imposer des tests

2022 01 26 SO Le Covid en bref

2022 01 26 SO Le Covid en bref2

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Europe1 du 26 janvier 2022 

Covid-19 : vers la généralisation de la quatrième dose en France ?

Alors que le pass vaccinal vient d'être adopté, une quatrième dose est déjà envisagée en France. Les autorités scientifiques étudient cette hypothèse pour les personnes âgées et les personnes fragiles. Pour le reste de la population, il n'en est pour l'instant pas question. L'OMS l'a d'ailleurs répété : l'administration de doses de rappel "n'est pas une approche à long terme". 

La quatrième dose va-t-elle bientôt être généralisée en France ? Les autorités scientifiques scientifiques étudient cette hypothèse pour les personnes âgées et les personnes fragiles. Pour l'instant, seules les personnes sévèrement immunodéprimées sont aujourd'hui concernées par une quatrième dose.

Cela représente entre 250.000 et 300.000 malades : des personnes transplantées, des patients dialysés, ou encore des malades sous traitement immunosuppresseur. Leur système immunitaire très fragile ne permet pas de conserver les anticorps produits par la vaccination. Pour booster l'immunité, les autorités préconisent d'effectuer la seconde dose de rappel trois mois après la dernière injection.

Pour le reste de la population, "une quatrième dose n'est pas envisagée pour l'instant", confiait Alain Fischer hier. Le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale estime qu'il n'y pas d'éléments qui incitent à une dose supplémentaire aujourd'hui. 

En Israël, 600.000 personnes ont déjà reçu leur quatrième dose

Israël a un peu plus de recul. En effet, les plus de 60 ans et les soignants sont éligibles à une quatrième dose depuis trois semaines. 600.000 Israéliens ont déjà reçu ce deuxième rappel. Et les premières données sont concluantes explique Cyrille Cohen, immunologue à Tel-Aviv. "On se rend compte qu'il y a deux fois moins de risques d'être infecté avec le Covid-19 sous Omicron et trois fois moins de risques de développer une forme grave". Face à ces résultats, le comité israélien de lutte contre l'épidémie recommande une quatrième dose pour tous les adultes. Le ministère de la Santé doit se prononcer dans les prochains jours.

Ouest France du 25 janvier 2022

Covid-19. Pourquoi certaines personnes n’ont-elles jamais attrapé le virus ?

Après plus de deux années de pandémie, un certain nombre de Français n’ont encore jamais contracté le virus du Covid-19, malgré un haut niveau d’exposition. Comment ont-ils pu passer entre les gouttes ? Tour d’horizon des principales explications potentielles.

2022 01 25 Ouest franceDes passants dans une rue de Rennes (Ille-et-Vilaine) en février 2021. | MARC OLLIVIER / ARCHIVES OUEST-FRANCE

 

Ils sont l’équivalent épidémique du village d’Astérix bien décidé à résister coûte-que-coûte. « Ils », ce sont ces Français qui, malgré les vagues et les variants qui s’enchaînent, n’ont jamais contracté le Covid-19.

Il y a bien sûr, chez certains de ces Français encore épargnés, une part de chance, celle qui, dans un bar bondé et contaminé, permet d’échapper au virus. Il y a aussi, pour une partie de la population, un mode de vie diminuant fortement les risques de contamination : respect des gestes barrières, limitation des contacts, évitement des lieux identifiés comme favorisant la diffusion du virus. Et, il y a, bien sûr les asymptomatiques, ceux qui ont eu la maladie mais qui, faute d’avoir perdu le goût, été démesurément fatigué ou eu mal à la tête, ne le savent pas.

Mais chez certaines personnes encore épargnées par le Covid-19, d’autres éléments, plus fondamentaux, rentrent en jeu. Car, « on n’est pas tous égaux face à la maladie », rappelle ainsi Noushin Mossadegh-Keller, ingénieure de recherche au CNRS et vice-présidente de la société française d’immunologie.

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Prévenir le mal par le mal

La première de ces différences pouvant expliquer la meilleure résistance de certains individus au Covid-19 est à chercher, de manière assez classique, dans les différences de vigueur des divers systèmes immunitaires. Car, en la matière, « il y a de vraies inégalités », souligne Noushin Mossadegh-Keller.

Selon elle, plus que par des facteurs tels que la prise de vitamines ou la pratique régulière du sport, ces inégalités immunitaires prennent racine dans les premières années de la vie, période durant laquelle l’exposition à différents pathogènes peut conférer une meilleure immunité sur le long terme.

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« Je pense aux enfants qui sont gardés en collectivité, en crèche par exemple », détaille-t-elle. « Les trois premières années sont un peu compliquées parce qu’ils sont souvent malades mais après, ils ont une immunité beaucoup plus robuste. »

Être confronté régulièrement à des maladies permet aussi, une fois l’âge adulte atteint, de bénéficier d’un système immunitaire mieux à même de lutter contre le Covid-19. « Des gens qui ont souvent des rhumes ou la grippe vont stimuler leur système immunitaire, qui va être réactif et garder en mémoire ce qu’il a vu. […] Car on peut être infecté par un autre coronavirus que le Covid-19 », note Noushin Mossadegh-Keller.

Le recours à l’immunité croisée

Le rappel n’est pas anodin, car il est au cœur de l’une des théories expliquant la meilleure résistance au Covid-19 de certaines personnes : celle de l’immunité croisée.

Ce concept a récemment ressurgi dans l’actualité à la faveur d’une étude menée par les équipes de l’Imperial College de Londres. Publiés dans la revue Nature, les résultats de cette étude, qui portait sur 52 ménages dans lesquels une personne était touchée par le Covid-19, montre que les proches de malades qui n’ont pas été infectés disposaient d’un plus grand nombre de cellules T. Or, ces cellules sont celles développées à la suite d’un simple rhume. Une maladie bénigne qui, en matière de lutte contre le Covid-19, pourrait donc être moins anodine qu’il n’y paraît.

Lire aussi : Covid-19. Le rhume permettrait de développer une forme d’immunité contre le coronavirus

« Notre étude fournit la preuve la plus claire à ce jour que les cellules T induites par les coronavirus du rhume jouent un rôle protecteur contre l’infection au SARS-CoV-2 », expliquait ainsi début janvier le professeur Ajit Lalvani, coauteur de l’étude.

D’autres études, publiées durant l’été 2021, allaient dans le même sens. « Au moins un tiers d’adultes qui n’avaient jamais été en contact avec le SARS-CoV-2 possédaient des lymphocytes T capables de réagir à ce virus. Ils provenaient très probablement d’infections antérieures à d’autres coronavirus »expliquait alors l’auteur de l’une d’elles.

Une histoire de génétique ?

Un autre facteur de meilleure résistance au Covid-19 pourrait être à chercher dans notre ADN. « Il pourrait y avoir des prédispositions génétiques », explique ainsi Noushin Mossadegh-Keller.

De quel ordre cette prédisposition inscrite jusque dans notre génome pourrait-elle être ? « On pourrait imaginer des variations très spécifiques dans la reconnaissance du virus qui pourrait empêcher son entrée », estime Jean-François Deleuze, le directeur du Centre National de Recherche en Génomique Humaine, dans les colonnes du Figaro.

« Mais ce sont des mutations très rares », explique Noushin Mossadegh-Keller. Difficile donc d’imaginer que des centaines de milliers de personnes soient immunisées par ce biais.

Quid des différences de groupe sanguin ?

Très tôt dans la pandémie, il avait par ailleurs été avancé que le groupe sanguin d’une personne jouerait sur sa vulnérabilité face au Covid-19.

Dès l’automne 2020, des chercheurs danois indiquaient en effet, dans une étude publiée dans Blood Advances « que le groupe sanguin O est significativement associé à une sensibilité réduite à l’infection par le Sars-CoV-2 ».

Lire aussi : Covid-19. Pourquoi le groupe sanguin O est-il moins vulnérable ?

Une théorie qui, selon Jacques Le Pendu, directeur de recherches à l’Université de Nantes, tient toujours, plus d’une année après. « Un consensus se dégage indéniablement : à savoir que les gens du groupe O auraient environ 20 % de risque en moins de contracter le virus et ceux de groupe A et AB un risque plutôt plus élevé », indique-t-il ainsi dans les colonnes du Figaro.

« Attendons de voir », tempère toutefois Noushin Mossadegh-Keller. L’hypothèse « ne s’exclut pas, mais on n’a pas assez de recul ».

« Tout ne s’explique pas toujours »

Comme il est de rigueur depuis le début de la pandémie, l’ensemble du phénomène est donc difficile à cerner avec clarté.

« Tout ne s’explique pas toujours », indique ainsi un infectiologue interrogé par France Inter « On peut l’attraper ou pas parce qu’on est à l’instant T plus ou moins en forme avec un système immunitaire plus ou moins efficient. Si vous buvez, si vous fumez par exemple, si vous êtes fatigué… » Et, la vaccination, qui, selon son timing empêche plus ou moins les contaminations aux moments clés, brouille les cartes.

Covid : comprenez-vous que le gouvernement desserre la vis alors qu'Omicron circule toujours ?

Mais « la prédisposition génétique et les réactions croisées peuvent bel et bien être des facteurs qui pourraient expliquer que des personnes résistent mieux », résume Noushin Mossadegh-Keller.