Europe1 du 23 novembre 2021 

Covid-19 : qu’envisage l’exécutif après le conseil de défense sanitaire de mercredi ?

Les contaminations repartent à la hausse France, dans un contexte où l’hôpital est moins résistant aujourd’hui qu’au début de l’épidémie et ce en dépit du Ségur de la Santé. Dans un contexte de reprise épidémique, le gouvernement fera des annonces mercredi à l’issue du Conseil des ministres, notamment sur la troisième dose pour tous.

ANALYSE

C'est un nouveau casse-tête pour le gouvernement. La troisième dose de vaccin anti-Covid est dans tous les esprits. D’ailleurs, au sein de l’exécutif, on ne parle plus de troisième dose, pour ne pas donner l’impression d’une énième injection, on parle désormais de dose de rappel. Lors du conseil de défense sanitaire de mercredi, plusieurs pistes s'offriront à Emmanuel Macron.

Troisième dose pour tous

Tout d'abord, l’élargissement de la troisième dose pour tous les adultes, selon un calendrier progressif pour permettre à chacun de prendre son rendez-vous à l’avance. Autre possibilité, le rétablissement du port du masque dans les centres-villes et les zones commerciales comme les marchés. Enfin, le retour des jauges dans certains lieux publics comme les boîtes de nuit ou les salles de concert, avec un renforcement des contrôles de la police et de la gendarmerie.

Pas de confinement en vue

Pour ce qui est du télétravail, le gouvernement veut l’inciter fortement, mais pas d’obligation. En tout cas, pas pour le moment. En revanche, ne vous préparez pas à être reconfiné ou à revivre un couvre-feu : ces mesures ne sont pas étudiées cette semaine. Selon nos informations, une réunion doit se tenir aujourd'hui mardi dans la journée, pour préparer le conseil de défense de demain. Alain Griset, le ministre des petites et moyennes entreprises, devrait réunir dans les prochaines heures les restaurateurs pour leur demander de se remettre à faire plus de contrôles de leurs clients.

Sud-Ouest du 23 novembre 2021

2021 11 23 SO Le Covid gagne du terrain vers un rappel pour tous les adultes

 

2021 11 23 SO Vers un rappel vaccinal pour tous les adultes

2021 11 23 SO Vers un rappel vaccinal pour tous les adultes2

2021 11 23 SO Retour du masque à l'extérieur dans 26 départements

2021 11 23 SO Retour du masque à l'extérieur dans 26 départements2 

2021 11 23 SO Echos du Covid

2021 11 23 SO Echos du Covid2

 

2021 11 23 SO Appel à témoignages de parents d'élèves

2021 11 23 SO Les restaurants appelés à contrôler le passe sanitaire avec plus de rigueur

2021 11 23 SO Les restaurants appelés à contrôler le passe sanitaire avec plus de rigueur2

2021 11 23 SO Guadeloupe l'appel au calme

2021 11 23 SO Guadeloupe l'appel au calme2

LCI du 22 novembre 2021 

Une 5e vague de Covid-19 "fulgurante" : est-ce vraiment le cas en France ?

COMPARAISON - À l'instar de ses voisins européens, la France connaît à nouveau une explosion des cas de Covid-19 au cours de ce mois de novembre. Mais comment cette 5e vague, décrite comme "fulgurante" par Gabriel Attal, évolue-t-elle par rapport aux précédentes ?

“Cette 5e vague commence de façon fulgurante”, alertait ce dimanche Gabriel Attal. Avec près de 20.000 nouveaux cas de contaminations dimanche, la tendance se confirme en France, où la nouvelle flambée de Covid-19 a mis plus de temps à se confirmer que chez de nombreux voisins européens. 

Pour comprendre l'ampleur du phénomène, nous avons comparé ces chiffres avec ceux des vagues précédentes en France. Tout en tenant compte d'une différence importante : le taux de vaccination, relativement élevé dans notre pays par rapport aux précédentes vagues. Il y a un an, lors de la flambée de l'automne 2020, la vaccination n'avait d'ailleurs pas commencé. 

À quel rythme évolue la 5e vague par rapport aux autres? 

Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de contaminations pour 100.000 personnes en une semaine, est actuellement à plus de 170 après avoir dépassé la fameuse barre des 100 la semaine dernière. En 2020, un tel taux avait été atteint dès le mois d'octobre, déclenchant un confinement le 31 octobre. Mais il fallait alors compter avec un pic à 500 contaminations pour 100.000 habitants, un record. Jamais de tels chiffres n’ont été atteints depuis lors.

Reste que l’évolution des taux d’incidence entre les différentes vagues, représentée sur le graphique ci-dessous, paraît similaire. En France, aujourd’hui, le seuil d’alerte est dépassé dans tous les départements métropolitains, et c’est en Ardèche qu’il est le plus élevé avec 358 cas pour 100.000 habitants.

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Une décorrélation entre contaminations et hospitalisations

Pour mieux comprendre l’évolution des vagues, il faut observer l’écart entre le nombre de contaminations et celui des hospitalisations. Or, pour la première fois depuis le début de l’épidémie, on observe une décorrélation entre les deux courbes : les cas flambent, mais il en résulte pour l'heure peu d’arrivées à l'hôpital. Car ce qui change entre les premières et dernières vagues de coronavirus, c’est bien l’arrivée des vaccins qui permettent de réduire les formes graves.

Avec 86% de Français de 18 ans et plus entièrement vaccinés - plus de 50 millions -, et 91% ayant reçu une première dose, l'Hexagone fait office de bon élève et cela se ressent dans les couloirs des CHU.

Actuellement, plus de 8.000 personnes sont toujours hospitalisées dont 1.339 en soins critiques. En 2020, à la même période, les centres hospitaliers comptaient plus de 30.000 patients dont environ 5.000 cas en réanimation. Au moment de la 3e vague, ils étaient un peu moins, entre 20.000 et 30.000 patients quotidiens. Et la baisse a continué par la suite : au plus haut de la 4e vague, pendant l’été 2021, la France comptait un peu plus de 11.000 patients.

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Mais attention : cette décorrélation semble assez ténue pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, invité ce lundi midi sur LCI. Pour le professeur, il vaut mieux parler de “décalage”, avec le risque d'un effet retardé de quelques semaines. “Si l’on regarde la courbe de la 4e vague, on voit ce même décalage. On dénombrait plus de 100 décès par jour au moment du pic quand aujourd’hui, il y a une trentaine de décès par jour. Pourtant, on est à peu près au même niveau d’incidence et nous ne sommes pas encore arrivés au pic de la 5e vague.”

Le patron de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) Martin Hirsch donne même, ce lundi, une date. Les conséquences de l'épidémie, si "elles doivent se produire", ne seraient pas attendues avant "fin décembre ou en janvier" 

Un questionnement autour des tests 

Un autre élément incite à la prudence. Parmi les différences notables avec les autres vagues, le nombre de tests quotidiens a baissé de près de 40% depuis la mi-octobre, date à laquelle les dépistages dits "de conforts" sont devenus payants. Ce qui pourrait laisser craindre une sous-interprétation de la vague actuelle.

Pour autant, ce point ne semble pas alarmer les scientifiques interrogés. La baisse a surtout concerné les personnes non vaccinées asymptomatiques. Celles qui étaient susceptibles de recevoir un résultat positif, notamment après avoir ressenti des symptômes évocateurs du Covid, ont continué à se faire tester. 

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Franceinfo du 22 novembre 2021 

Covid-19 : quels sont les principaux effets indésirables des vaccins ?

2021 11 22 franceinfoUne soignante prépare une dose de vaccin contre le Covid-19 à Dinan (Côtes-d'Armor), le 14 septembre 2021. (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS)

 

Les effets les plus fréquents ou les plus graves survenus en France après vaccination ont été mis en évidence dans les enquêtes de pharmacovigilance. L'Agence nationale de sécurité du médicament publie des rapports détaillés rendant compte de ces enquêtes, vaccin par vaccin.

Les vaccins contre le Covid-19 "Ils ont un profil de sécurité excellent ! On s'attendait à beaucoup plus d'effets graves", s'exclame le pharmacologue  Francesco Salvo, maître de conférences, praticien hospitalier au CHU de Bordeaux (Gironde) et en charge du suivi national de la sécurité du vaccin de Pfizer. Alors que le cap des 100 millions de doses injectées a été franchi début novembre, ces effets restent attentivement surveillés. Une plateforme dédiée permet aux soignants ou aux patients de signaler tous les effets indésirables survenant après une injection. Il appartient ensuite aux centres régionaux chargés de la pharmacovigilance de mener l'enquête pour voir si un lien potentiel avec le vaccin peut être établi.

Quels sont les effets indésirables les plus fréquents relevés par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui publie régulièrement des rapports détaillés et une synthèse des enquêtes de pharmacovigilance ? Quels sont les plus graves ? Au moment où les personnes les plus vulnérables sont invitées à effectuer une dose de rappel, passage en revue des quatre vaccins autorisés en France (sachant que deux d'entre eux, AstraZeneca et Janssen, de Johnson & Johnson, ne sont quasiment plus utilisés).

Les effets indésirables du vaccin Pfizer

Le nombre de doses injectées. Plus de 77 millions de doses du vaccin Pfizer/BioNTech ont été injectées en France. Basé sur la technologie de l'ARN messager, ce produit est de très loin le plus administré dans l'Hexagone et en outre-mer : il représentait, au 15 novembre, 80,2% des injections réalisées depuis le début de la campagne de vaccination. Cette part de marché va s'accroître encore puisque ce vaccin est le seul à être autorisé pour toutes les classes d'âge à partir de 12 ans, et qu'il est le seul recommandé, avec celui de Moderna, pour la dose de rappel.

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Il s'agit donc d'un vaccin sur lequel on dispose d'énormément de données. "Avec une vaccination massive et aussi surveillée en France, en Europe et dans le monde, ce serait étonnant qu'on découvre un effet indésirable grave qui non seulement nous aurait échappé, mais aurait échappé dans le même temps à la totalité de nos collègues hors de France", remarque le professeur Antoine Pariente, spécialiste en pharmacologie et en santé publique à Bordeaux (Gironde), qui suit, lui aussi, les effets du vaccin Pfizer. En France, un peu plus de 107 000 cas d'effets indésirables avaient été signalés fin octobre depuis le début de la vaccination, dont 65 569 après une injection de vaccin Pfizer, selon l'ANSM. Au total, 74% de ces signalements, dont les liens n'ont, à ce stade, pas été établis avec le vaccin, correspondent à des événements non graves, et 26% à des événements graves. Aucun signal de sécurité concernant la mortalité liée au vaccin n'est identifié à ce jour à partir des données françaises, relève l'Agence nationale de sécurité du médicament. 

Les effets indésirables les plus fréquents. Ils sont généralement "attendus et non graves", souligne l'ANSM, et disparaissent rapidement. Plus d'une personne sur dix, selon l'Agence européenne des médicaments (en anglais), fait ainsi état d'un des symptômes suivants : douleur ou gonflement à l'endroit de l'injection, fatigue, maux de tête, douleurs musculaires, douleurs articulaires, frissons, fièvre, diarrhée. Pour faire passer la fièvre ou la douleur, il est conseillé de "privilégier l'utilisation du paracétamol à la dose la plus faible et le moins longtemps possible". Sont également signalés, de façon moins fréquente, des démangeaisons, rougeurs, gonflements de ganglions, allergies, sueurs nocturnes ou vomissements. Si l'un de ces effets indésirables entraîne des arrêts de travail pendant plusieurs jours, il est alors classé dans la catégorie des effets indésirables graves.

Chez les femmes. Enfin, "261 cas de troubles du cycle menstruel et de saignements utérins ont été notifiés et validés dans la base nationale de pharmacovigilance jusqu’au 30 juillet 2021", relève l'agence, dans son rapport de suivi des effets indésirables du vaccin Pfizer portant sur la période du 2 juillet au 26 août 2021. Il s'agit le plus souvent d'absence, de retard ou d'arrivée en avance des règles. "Le vaccin secoue l'organisme, provoquant une réaction immunitaire et inflammatoire, donc de la fatigue. Qu'il y ait des troubles menstruels, c'est plausible, mais c'est temporaire. On ne constate pas d'évolution grave", observe le professeur Antoine Pariente. Il n'y a pas non plus "de crainte particulière à avoir sur la vaccination pour les femmes enceintes", souligne Francesco Salvo. 

Les effets indésirables graves. Ils sont qualifiés ainsi quand survient, après l'injection du vaccin, une "hospitalisation ou prolongation d'hospitalisation, incapacité grave ou permanente, anomalies congénitales, événement médicalement grave (entraînant un arrêt de travail), si le pronostic vital est en jeu, ou s'il y a décès", résume Francesco Salvo. Dans son rapport détaillé sur "les événements indésirables graves ayant fait l'objet d'une analyse qualitative depuis le début du suivi jusqu'à fin août 2021", l'ANSM relève les "signaux suivants confirmés" liés à l'injection du vaccin de Pfizer :

Les myocardites et péricardites. "On a vite été convaincus d'un lien avec le vaccin", remarque Antoine Pariente. Ce risque est en effet recensé sur le résumé des caractéristiques du produit (PDF) établi par l'Agence européenne des médicaments. "Depuis juillet 2021, les myocardites et les péricardites sont considérées comme un effet indésirable pouvant survenir rarement suite à une vaccination par Comirnaty (Pfizer) ou Spikevax (Moderna)", écrit l'ANSM. "Un total de 375 cas de myocardite ont été rapportés", note-t-elle aussi dans un focus sur le vaccin Pfizer analysant les effets indésirables jusqu'au 31 septembre 2021. 

Ce risque de myocardite, une inflammation au niveau du muscle cardiaque, "est un risque très rare : environ un cas pour 100 000 vaccinés", estime Francesco Salvo. "Elle est plus fréquente chez les hommes jeunes et survient plutôt après la deuxième injection (principalement dans les 14 jours suivant la vaccination, selon l'ANSM). Mais de façon générale, hors vaccination, elle est plus fréquente chez les jeunes", précise-t-il. Le médecin est plus circonspect sur le risque de péricardite (inflammation de la membrane qui entoure le cœur) : "C'est moins typique", estime-t-il. Dans la majorité des cas, l'état de santé des patients s'améliore de lui-même ou à l'aide d'un traitement, note l'ANSM.

La paralysie faciale. C'est également un effet indésirable confirmé, avec "344 cas notifiés fin août, sur 40 millions d'injections", selon Francesco Salvo. "C'est un symptôme grave du point de vue de l'impact sur le patient. Mais il est ultra-compliqué d'établir son incidence précise". "La paralysie faciale est rare et disparaît généralement en quelques semaines", selon l'ANSM. Dans sa fiche d'information pour les personnes vaccinées, elle ajoute par ailleurs qu'un "gonflement du visage" peut survenir "chez les patients qui ont reçu des injections cosmétiques du visage".

Les allergies sévères (hypersensibilité, choc anaphylactique...) : 566 cas avaient été analysés fin août dans le cadre des enquêtes de pharmacovigilance. "Un cas fatal a été rapporté ; le rôle vaccinal est douteux, voire exclu", rapporte l'ANSM. Sur 10 cas graves rapportés depuis le début du suivi, neuf ont connu "une évolution favorable dans les 24 heures. Le dixième cas, ayant entraîné un décès du patient, a été traité dans la section décès. Il concernait une réaction allergique sévère survenue chez un homme de moins de 25 ans, quelques heures après la première injection. Le sujet avait des antécédents connus d'allergie aux arachides et avait probablement ingéré une sauce à base d'arachide quelques minutes avant le début de la symptomatologie. Aucun des éléments transmis ne met en cause le vaccin dans la survenue de cet événement", explique-t-elle.

L'hypertension artérielle : 863 cas avaient été analysés fin août dans le rapport de l'ANSM. "Elle a été très notifiée, surtout pendant la première phase de la campagne vaccinale. Un des facteurs est peut-être qu'elle est habituellement sous-diagnostiquée", remarque Francesco Salvo. "Ces cas d'hypertension artérielle continuent de faire l'objet d'une surveillance spécifique et sont partagés au niveau européen", spécifie l'Agence française du médicament dans une fiche de synthèse publiée fin octobre.

Dose de rappel : rien de nouveau par rapport aux effets signalés lors des première et deuxième injections. "Aucun signal spécifique n'a été identifié chez les personnes ayant eu une dose de rappel", écrit l'ANSM.

Pour tout symptôme inquiétant, les patients doivent prendre contact avec un médecin ou appeler le 15, selon la sévérité de leur situation.

Les effets indésirables du vaccin Moderna

Le nombre de doses injectées. Près de 11 millions de doses du vaccin conçu par le laboratoire américain Moderna ont été injectées en France, hors doses de rappel. Au 15 novembre, ce vaccin à ARN messager représentait 11,1% des injections réalisées sur le territoire français. Au total, quelque 14 522 cas d'effets indésirables avaient été signalés fin octobre, selon l'ANSM.

Les effets indésirables les plus fréquents. Ils sont généralement légers, relève l'Agence européenne du médicament. Elle cite notamment, comme dans le cas de Pfizer, "douleur et gonflement au site d'injection, fatigue, frissons, fièvre, gonflement ou sensibilité des ganglions lymphatiques sous les bras, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, nausées, vomissements", mais aussi des rougeurs, de l'urticaire ou une éruption cutanée au site d'injection. "Un grand nombre de cas concernent des réactions retardées locales non graves", expose l'ANSM. Il s'agit de "réactions locales douloureuses, érythémateuses", ou "prurigineuses" (avec démangeaisons) à l'endroit où a été faite l'injection de vaccin.

Les effets indésirables graves. Ce sont les mêmes qu'avec le vaccin Pfizer (il s'agit de la technologie de l'ARN messager dans les deux cas), mais le risque de myocardites semble accru pour les jeunes dans le cas de Moderna.

Le cas particulier des restrictions liées au risque de myocardites. Dans un avis publié le 8 novembre, la Haute Autorité de santé (HAS) déconseille en effet le recours au vaccin de Moderna pour les moins de 30 ans. En cause : le risque accru de myocardites pour cette frange de la population. "Dans la population de moins de 30 ans, ce risque apparaît environ cinq fois moindre pour le vaccin (...) de Pfizer comparativement au vaccin de Moderna chez les 12-29 ans (...). Ces résultats sont concordants avec ceux issus des données américaines", détaille encore l'institution.

"Ces cas sont survenus principalement dans les sept jours suivant la vaccination, plus souvent après la seconde dose, et plus souvent chez des hommes de moins de 30 ans", complète la HAS, en ajoutant que l'évolution de ces myocardites était "favorable". Dans son rapport détaillé sur le suivi du vaccin Moderna portant sur la période du 2 juillet au 9 septembre, l'ANSM faisait état de 79 myocardites "ayant fait l'objet d'une analyse qualitative" dans les enquêtes de pharmacovigilance. 

Les effets indésirables du vaccin AstraZenaca

Le nombre de doses injectées. Près de 8 millions de doses ont été injectées, mais le produit mis au point par l'université d'Oxford et l'entreprise AstraZeneca n'est désormais quasiment plus utilisé en France, où il est réservé aux plus de 55 ans. Cvaccin à adénovirus représente 7,7% des injections qui ont été faites sur le territoire français. Il ne sera pas utilisé pour le rappel, qui doit être effectué uniquement avec des vaccins à ARN messager. 

Les effets indésirables les plus fréquents. Comme pour les autres vaccins, il s'agit surtout (jusqu'à une personne sur dix) de fatigue, maux de tête, réaction au point d'injection... Des syndromes pseudo-grippaux (fièvres, frisson ...) ont été majoritairement rapportés, signale l'ANSM, qui conseille d'utiliser du paracétamol pour les combattre.

Les effets indésirables graves

Les thromboses inhabituelles, associées à une thrombocytopénie (baisse du nombre de plaquettes dans le sang), sont signalées comme un risque dans le résumé des caractéristiques du produit de l'Agence européenne des médicaments (PDF). Il s'agit de caillots sanguins, dans des localisations différentes ou inhabituelles (par exemple le cerveau, l'intestin, le foie, la rate), associés à un faible taux de plaquettes sanguines, dans quelques cas accompagnés de saignements. "De très rares cas (pouvant toucher jusqu'à une personne sur 10 000) ont été observés", selon l'ANSM. 

"Trente cas, dont neuf décès au total" de thromboses atypiques associés au vaccin d'AstraZeneca étaient survenus en France sur plus de 3,8 millions d'injections, selon un communiqué de l'ANSM publié vendredi 7 mai. Ils concernaient en majorité des femmes de moins de 60 ans. Dans un avis du 19 mars 2021, la Haute Autorité de santé avait recommandé de ne l'utiliser que chez les personnes âgées de 55 ans et plus.

Les cas de fuite capillaire. Rien à voir avec les cheveux. Cette maladie "est une affection grave, qui entraîne des fuites de liquide à partir des vaisseaux sanguins de petite taille (capillaires), provoquant un gonflement rapide des bras et des jambes, une prise de poids soudaine et une sensation de faiblesse (faible tension artérielle)", selon l'ANSM. "Aucun cas" n'a été "signalé en France à ce jour", précise-t-elle dans une note de synthèse analysant les données jusqu'à fin octobre.

Un syndrome de Guillain-Barré. C'est une atteinte des nerfs périphériques caractérisée par une faiblesse musculaire, voire une paralysie progressive, débutant le plus souvent au niveau des jambes et remontant parfois jusqu'à atteindre les muscles de la respiration puis les nerfs de la tête et du cou. Il est répertorié comme risque potentiel par l'Agence européenne des médicaments.

Les effets indésirables du vaccin Janssen

Le nombre de doses injectées. Avec un peu plus d'un million de doses injectées à la mi-novembre, le produit de l'entreprise américaine Johnson & Johnson représente à peine 1% du total des injections. Administré en une seule dose, ce vaccin à adénovirus (comme celui d'AstraZenaca) n'est quasiment plus utilisé. Non seulement il est déconseillé aux moins de 55 ans, mais la Haute Autorité de santé a mis en cause son efficacité face au variant Delta, ce qui est d'ailleurs confirmé par des données américaines. Par ailleurs, selon un avis publié vendredi 19 novembre par la HAS, la dose supplémentaire de vaccin à ARN messager qu'elle recommande d'administrer aux personnes vaccinées avec une dose unique du vaccin Janssen ne doit pas être considérée comme une dose de rappel mais comme une dose additionnelle visant à compléter le schéma vaccinal initial.

Les effets indésirables les plus fréquents : Fatigue, maux de tête, fièvre... La liste est la même que celle des autres vaccins, avec prise de paracétamol conseillée en cas de faibles symptômes.

Les effets indésirables graves liés à la vaccination Janssen sont les mêmes que pour le vaccin AstraZenaca :

Les thromboses associées à une thrombocytopénie : "Quatre cas ont été rapportés chez des patients cinquantenaires et un quarantenaire, dont deux de moins de 55 ans ont été observés depuis le début du suivi. Trois patients ne sont pas rétablis au moment de la déclaration et l'évolution est favorable pour le quatrième cas", signale l'ANSM dans sa fiche de synthèse analysant des données jusqu'à fin octobre.

Syndrome de Guillain-Barré : il a été répertorié, jeudi 22 juillet, par l'Agence européenne des médicaments comme effet secondaire "très rare" du vaccin  de Johnson & Johnson.

LCI du 22 novembre 2021 

Covid-19 : "Vaccinés, guéris ou morts" à la fin de l'hiver, la déclaration choc du ministre allemand de la Santé

ÉPIDÉMIE - Le ministre de la Santé allemand a tiré la sonnette d'alarme ce lundi, tandis que la chancelière sortante Angela Merkel parle d'une situation "dramatique" concernant la hausse des cas de Covid-19.

La situation sanitaire "va être pire que tout ce qu'on a connu" : confrontée à une flambée des cas de Covid-19 en Allemagne, Angela Merkel n'a pas masqué ce lundi son inquiétude. Cette dernière est partagée par son ministre de la Santé, qui s'est montré lui aussi particulièrement alarmiste, avec une phrase qui a marqué les esprits.  

"Vraisemblablement à la fin de l'hiver, comme on le dit parfois avec cynisme, chacun ou presque sera vacciné, guéri ou mort" en raison de la propagation du variant Delta, a jugé Jens Spahn. À cause de cette forme "très, très contagieuse" du virus, le ministre a une nouvelle fois appelé les Allemands à "urgemment" se faire vacciner. La proportion nationale de personnes ayant reçu une injection reste en effet inférieure à celle constatée dans de nombreux autres pays européens, dont la France. 

Des mesures "plus suffisantes" 

Face à la résurgence du virus, qui a déjà tué plus de 99.000 personnes dans ce pays depuis son apparition, Angela Merkel et son probable successeur Olaf Scholz ont déjà décidé la semaine dernière de durcir les restrictions pour les non-vaccinés. La chancelière sortante a d'ailleurs prévenu lundi au cours d'une réunion à huis clos avec les cadres de son parti que les mesures actuellement en vigueur n'étaient "plus suffisantes" face à la "situation dramatique" provoquée par le Covid-19.

"Nous avons actuellement une quatrième vague, nous avons une situation très, très difficile dans de nombreux hôpitaux en Allemagne", a souligné Jens Spahn pendant une conférence de presse. "Nous voyons cette vague se propager peu à peu vers l'ouest", a-t-il ajouté à un moment où des services de soins intensifs d'établissements hospitaliers arrivent à saturation notamment en raison du manque de personnel. 

Plus de 65.000 cas en 24 heures 

Ces derniers jours, l'Allemagne a recensé des nombres de contaminations inégalés depuis le début de la pandémie, dépassant la semaine dernière les 65.000 en 24 heures. Lundi le taux d'incidence sur sept jours était de 386,5. Un record.

Devant cette épidémie galopante, un débat s'est ouvert sur la vaccination obligatoire pour tous, annoncée en Autriche voisine pour février. Jens Spahn s'est dit lundi "sceptique". Le porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel a déclaré "comprendre" qu'un débat soit ouvert, mais "une décision n'a pas été prise et ne le sera pas par ce gouvernement". La coalition du probable futur chancelier Olaf Scholz entre SPD, Verts et libéraux a pour l'instant écarté une telle mesure pour tous, tandis que les dirigeants des régions ont réclamé l'obligation vaccinale pour le personnel soignant dans les hôpitaux et les établissements pour personnes âgées.