Sud-Ouest du 23 août 2019 

Macron place les incendies en Amazonie à l’agenda du G7 à Biarritz, évoquant une "crise internationale"

macron place les incendiesLes incendies ayant lieu depuis plus de deux semaines en Amazonie ont ravagé des milliers d'hectares et ont produit des nuages de fumée d'une superficie grande comme deux fois la France HO AFP 

"Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence", a dit le président de la République 

Le président Emmanuel Macron a estimé jeudi soir que les incendies en cours en Amazonie constituaient une "crise internationale" et donné rendez-vous aux membres du G7 pour "parler de cette urgence" lors du sommet à Biarritz ce week-end. 

"Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence", a écrit le chef de l’Etat sur Twitter, en référence notamment à la phrase prononcée en 2002 par son prédécesseur Jacques Chirac : "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs".

2 500 nouveaux feus en 48 heures

Macron, qui a tweeté son message en français et en anglais, rejoint ainsi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui s’est dit jeudi "profondément préoccupé" par les incendies en Amazonie, après la dénonciation par le président brésilien Jair Bolsonaro d’une "psychose environnementale" au sujet de ces feux. 

Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes sanitaires, notamment respiratoires, dans certaines villes, les feux affectant "le poumon de la planète" restaient jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter, avec en illustration son lot de photos ou vidéos n’ayant aucun rapport avec l’Amazonie. 

Au cœur de la tempête après ses déclarations polémiques de la veille, Jair Bolsonaro a accusé la presse d’avoir déformé ses propos sur une responsabilité des ONG dans les feux en Amazonie, tout en réaffirmant que "les plus forts soupçons viennent" de celles-ci. Le président d’extrême droite a expliqué qu’il pourrait tout aussi bien accuser de ces "incendies criminels (…) les indigènes, les Martiens ou les grands propriétaires terriens". "Tout le monde peut être suspect. Mais les plus forts soupçons pèsent sur les ONG", a-t-il dit, enfonçant le clou. 

"Mentalité colonialiste" 

Mercredi Jair Bolsonaro avait déjà montré du doigt les ONG de défense de l’environnement. "Il pourrait s’agir, oui, il pourrait, mais je ne l’affirme pas, d’actions criminelles de ces ONGéistes pour attirer l’attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C’est la guerre à laquelle nous sommes confrontés" avait-il lancé. 

Le président brésilien a notamment accusé Emmanuel Macron d’avoir "une mentalité colonialiste".  Dans deux tweets successifs il accuse le président Français d’"instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens pour des gains politiques personnels" avec "un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème". 

Des feux en Bolivie et au Paraguay 

Si la situation dans la plus vaste forêt tropicale de la planète est très difficile à évaluer, l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2500 nouveaux départs de feu en l’espace de seulement 48 heures dans l’ensemble du Brésil. 

D’après l’INPE, 75 336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août, soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier. Selon un collectif d’ONG, 54% de ces feux concernent l’Amazonie.

La Bolivie et le Paraguay voisins sont eux aussi confrontés à des feux de forêt ayant causé des dégâts irréversibles à la faune et la flore, mais distincts de ceux d’Amazonie. Le Pérou, où des fumées, mais non des feux, sont visibles, a annoncé jeudi être "en état d’alerte".

2019 08 23 SO Macron inquiet pour l'Amazonie