Les urgences de Libourne sont à plus de 50 minutes de route et celles de Bergerac à plus de 30 

Sud-Ouest du 25 juillet 2019 

Sainte-Foy-la-Grande : le service des urgences réduit ses horaires à partir du 1er août

le service des urgences réduitL'hôpital de Sainte-Foy est rattaché au centre hospitalier Robert-Boulin de Libourne. JEAN-CLAUDE FAURE 

Le centre hospitalier de Libourne, dont dépend l’hôpital foyen, connaît des difficultés de recrutement médical. Par sécurité pour les patients et en lien avec l’équipe, cette décision a été prise jusqu’au 31 août. 

Du 1er au 31 août, le service des urgences de Sainte-Foy-la-Grande sera ouvert de 8h30 à 18h30. 

"Nous sommes confrontés à une difficulté de recrutement médical, informe le Centre hospitalier de Libourne (CHL) dont dépend l’hôpital foyen. Malgré notre capacité à recruter (grâce à la proximité avec Bordeaux notamment), les atouts ne suffisent plus par rapport aux difficultés du métier d’urgentiste." 

Prise en relation avec l’Agence régionale de santé (ARS), le Samu de Gironde et celui de Dordogne, cette décision fait suite à une proposition des professionnels médicaux du service. Et ce, afin de garantir la sécurité des patients et du service. "En dehors de ces horaires, pour toute prise en charge nécessitant un avis médical urgent, il convient de contacter le centre 15 qui orientera vers le centre hospitalier de Libourne ou Bergerac." Sur place, l’interphone devrait directement être relié avec le Samu. 

14 postes pourvus sur 27 

Le problème n’est pas lié à un problème d’effectif localisé à Sainte-Foy car l’équipe est mutualisée entre les urgences foyennes et celles de Libourne. Sauf que sur les 27 postes de médecins urgentistes du centre hospitalier Robert-Boulin, seuls 14 sont pourvus à l’heure actuelle. Les prises de congés, courantes et normales en cette période estivale, n’arrangent pas la situation. 

Le CHL explique avoir mobilisé tous les moyens à sa disposition : les médecins urgentistes font du temps de travail additionnel, des médecins d’autres services ont accepté d’assurer des gardes et des intérimaires sont sollicités. Sauf que ces derniers aussi profitent de l’été pour partir en vacances. D’où une certaine tension. "Ce n’est pas un problème d’argent mais bien de recrutement", précise l’hôpital. 

Ainsi, à Libourne aussi, quatre médecins officient en journée au service des urgences, contre cinq en temps normal. La nuit, l’effectif se maintient à 3. 

"On fera un point à la rentrée" 

Pour l’instant, la mesure est actée du 1er au 31 août. "On fera un point à la rentrée." Un recrutement est prévu en octobre, deux autres en novembre. "Notre souhait est que l’on puisse limiter cette mesure dans le temps car le service des urgences de Sainte-Foy répond à un vrai besoin de santé publique. D’ailleurs, son activité est en hausse", souligne le CHL. 

Plus largement, un peu partout en France, de nombreux hôpitaux sont confrontés à de tels problèmes de recrutement dans les services d’urgence qui, depuis des mois, se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de travail.