Cette antenne d'accueil de premiers soins est ouverte du lundi au vendredi de 8h à 20h jusqu'au 31 décembre 2018 et de 8h à 20h 7j/7 à compter du 1er janvier 2019 mais ne prend pas les urgences vitales.

Gironde Vigilante regrette que cette antenne ne soit pas ouverte 24h/24. Quant aux urgences de Langon déjà saturées et où le patient doit attendre 5 à 6 heures avant d'être pris en charge, la fermeture de celles de La Réole n'augmentera-t-elle pas les délais d'attente ? Sans compter les délais de route supplémentaires...

Sud-Ouest du 8 novembre 2018 

Des urgences nouvelle version

des urgences nouvelle version

Le directeur l’ARS Michel Laforcade, la chef de service Patricia Carey, l’aide- soignante Nathalie Toussaint, l’infirmier Julien Favereau, l’adjoint au maire de La Réole et vice-président du Département le docteur Bernard Castagnet et le maire de La Réole Bruno Marty, également président du Conseil de surveillance du centre hospitalier du Sud-Gironde. PHOTO J. J. 

Le service a été remplacé par une antenne d’accueil de premiers soins en lien avec les urgences de Langon. On y traite tout, sauf les urgences vitales. 

On ne doit plus parler de service d’urgences à l’hôpital de La Réole depuis le 1er novembre, mais de centre de soins non programmés. Ce nouveau service, une première en Gironde, est une sorte d’urgences allégées où sont traitées toutes les pathologies médicales et traumatiques simples, à l’exception de celles où le pronostic fonctionnel ou vital serait engagé. Dans ce cas, il faut se diriger vers les urgences de Langon (lire ci-contre). 

Dans les faits, cette évolution du service de La Réole s’apparente plus à une régularisation d’un état de fait. Encore appelé « urgences » par défaut, le service n’était plus ouvert 24 heures sur 24 ni sept jours sur sept depuis bien longtemps, faute de médecins urgentistes. Il ne disposait plus non plus d’un plateau technique attendu pour un tel service. 

Avec des conséquences potentiellement dramatiques si un malade en état de détresse vitale avait frappé à la porte des urgences de La Réole et avait trouvé portes closes. Au moins de juillet, le service avait dû fermer une dizaine de jours en plus des week-ends faute de personnels disponibles, et notamment d’urgentistes.

Entorse, point de suture…

« Ce qui était une dérogation à la réglementation était devenue la norme. La situation était tout simplement insupportable sur le plan de la sécurité », a convenu le directeur de l’Agence régionale de santé (ARS), Michel Lafourcade, venu lundi à La Réole pour présenter le nouveau service qui a été baptisé pour le public « Antenne d’accueil de premiers soins ». « Le terme antenne permet de faire le lien avec les urgences de Langon et de ne pas créer de confusion. » 

Le panneau « Antenne d’accueil de premiers soins » a donc remplacé celui « d’urgences » au-dessus de la porte d’entrée. Le nouveau service est ouvert de 8 heures à 20 heures, du lundi au vendredi et tous les jours de la semaine à partir du 1er janvier. Il est dirigé par la chef de service Patricia Carey, médecin urgentiste depuis vingt-cinq ans, dont cinq années au Samu de Bordeaux. Un autre médecin urgentiste et bientôt un médecin généraliste avec une spécialisation urgentiste complètent l’équipe assistée chaque jour d’un infirmier et d’une aide-soignante avec une formation brancardier pour la traumatologie. 

Jusqu’à présent, l’ancien service des urgences accueillait environ 4 000 patients par an. Soit une douzaine par jour, ce qui est à peu près la moyenne depuis l’ouverture la semaine dernière du nouveau service. Le grand avantage, souligne l’équipe, c’est qu’ici on n’attend presque pas. Quelques minutes, une heure au maximum. Quand dans le même temps on peut patienter jusqu’à cinq ou six heures avant d’être pris en charge aux urgences de Langon, à une vingtaine de minutes de La Réole. Lundi soir, plusieurs patients n’avaient pas hésité à faire la route. L’un pour une entorse à la cheville. L’autre pour quelques points de suture. 

Un financement pérenne 

« On pense qu’il y aura un regain d’activité car la population, dans cette phase d’incertitude, sachant que c’était fermé un jour sur deux s’était détournée de la Réole. Là, les choses sont simples, ce sera ouvert tous les jours à partir du 1er janvier. Ça doit ramener de la population », espère Michel Lafourcade. Le service pourra aussi délester la maison de santé voisine si besoin, mais également réguler les urgences de Marmande, tout aussi surchargées que celles de Langon. 

En plus de la tarification à l’acte, l’antenne d’accueil de premiers soins bénéficiera d’un financement pérenne d’environ 400 000 euros par an de l’ARS. « Ce service de prise en charge sans rendez-vous devient une catégorie de soins qui correspond à un besoin pour la population. C’est institué », a poursuivi le directeur de l’ARS, précisant qu’en Nouvelle-Aquitaine, il n’existe pour le moment que deux services similaires, dans les Deux-Sèvres et dans la Vienne.