Sud-Ouest du 17 octobre 2017 par Bernard Duporge

Saumos : Une motion contre le champ captant 

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Réunis en assemblée générale, les propriétaires forestiers de la Défense de la forêt contre les incendies (DFCI) de Saumos, sous la présidence de Jean Peragallo, ont adopté, samedi dernier, une motion contre le projet de champ captant des landes du Médoc. 

Ils ont la nette impression de ne pas être écoutés. D’autre part, ils sont étonnés du manque de précision sur les conséquences de la baisse du niveau des eaux, comme sur les surfaces impactées, car aucun organisme ne donne les mêmes chiffres. 

Pot de terre et pot de fer 

«Lorsqu’on sait, dit le président qu’il va y avoir dix forages qui puisent à 250 mètres, 100 m3 par jour et 365 jours par an, faites le calcul vous-même.» Déjà, jeudi dernier, les propriétaires des terrains concernés par ces captages, ont claqué la porte à Bordeaux Métropole, dans le cadre d’une réunion qui avait lieu à Saint-Hélène, annoncée au dernier moment. 

Jean Peragallo s’était déjà insurgé contre le syndicat des sylviculteurs, qu’il accusait de ne pas les défendre. Le président Lafon, du syndicat, lui avait demandé avec force de changer de ton, et même de refaire l’assemblée générale au cours de laquelle cela avait été dit et noté au compte-rendu, et d’être moins virulent. Ce que n’a jamais fait le président Peragallo, qui maintient sa position: l’association Vive la forêt les aide davantage. 

Le président Peragallo a précisé que ce chantier avait un budget de 60 millions d’euros, et qu’il était prévu qu’il soit actif en 2023. André Prouvoyeur, propriétaire forestier, a obtenu un rendez-vous avec le préfet de la Gironde, qui l’a écouté mais a déclaré que l’intérêt général primerait sur tout. La colère est totale, et tous ont le sentiment d’une lutte entre le pot de terre et le pot de fer. 

Outre ce moment important de la réunion, il a été décidé que les cotisations seraient de deux euros à l’hectare. Il a été décidé de construire un point d’eau supplémentaire en forêt pour les pompiers, car le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) en demande un pour 500 hectares. Des aires de retournement vont être réalisées pour les camions de bois, sur les chemins accédant à la départementale.