Sud-Ouest du 1er novembre 2014

Finances du Sdis : il y a le feu chez les pompiers 

Il manque 3 millions d’euros pour boucler le budget du Service départemental d’incendie et de secours. Son président a tiré le signal d’alarme, hier.

Finances du SDIS Photo Archives Thierry David

Le Sdis de la Gironde, c’est environ 5 000 hommes, dont 2 000 pompiers professionnels.

Alain David, maire PS de Cenon et président du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), a tenu des propos très alarmistes, hier, concernant l'état des finances de ce service dont le principal pourvoyeur de fonds est le Conseil général. Son intervention a eu lieu dans le cadre d'une séance plénière du Conseil général consacrée à la préparation du budget 2015, qui prévoit d'attribuer 87,3 millions d'euros au Sdis. Pour Alain David, cela ne passera pas : il faudrait au minimum 90 millions d'euros pour permettre au service de fonctionner normalement. 

« On ne pourra pas y arriver » 

Le Sdis de la Gironde, c'est environ 5 000 hommes, dont 2 000 pompiers professionnels, 350 administratifs et 2 800 volontaires. Le budget annuel atteint 154 millions d'euros, dont 86,4 millions assurés par le Conseil général. Le reste du budget est apporté par la Communauté urbaine de Bordeaux et la Communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon, entre autres. La contribution de ces deux intercommunalités est indexée sur le coût de la vie et le Conseil général se retrouve en position de variable d'ajustement. Ce qui ne lui convient pas toujours. 

Pour 2015, il prévoit d'augmenter sa quote-part de 1 % seulement. « En temps normal, ça passe. Mais cette année, on ne pourra pas y arriver », explique Alain David. La différence avec les autres années, c'est qu'une directive nationale relative aux indices et évolutions de carrière des pompiers se traduit pour tous les Sdis de France par une hausse sensible de la masse salariale. Et surtout pour ceux qui comptent dans leur rang un grand nombre de pompiers professionnels, ce qui est le cas de celui de la Gironde. Cette hausse atteindra en 2015 environ 3 millions d'euros. 

« On ne peut plus faire face à ce genre d'obligations. La Gironde compte 180 000 habitants de plus qu'il y a dix ans et cela n'est pas pris en compte. Nous avons fait 100 000 sorties l'an dernier, contre 70 000 en 2010. Je ne sais pas comment faire si on nous dit ‘‘vous aurez 87,3 millions d'euros et rien d'autre''. Allons-nous devoir fermer des casernes rurales ? La situation est grave », a imploré Alain David. 

L'UMP Jean-Pierre Baillé (canton de Grignols) a volé à son secours : « Je n'ai pas l'habitude de défendre le PS, mais je souligne l'importance de nos centres de secours pour le monde rural, il y a un effort à faire. À force de tirer sur la ficelle, ça n'ira pas ! » Selon Jean-Marie Darmian, vice-président du Conseil général chargé des finances, la situation du Sdis est liée aux carences du milieu médical, « qui se désengage et se repose sur les pompiers. Nous l'avons dit plusieurs fois au préfet. Il y a des besoins nouveaux sans aucune contribution demandée. Quand on fait venir des bateaux de croisière, on dit ‘‘il faut un bateau pour les pompiers'' et le Sdis paie. Autre exemple, quand on crée le laser Mégajoule, cela implique une présence du Sdis. » Selon lui, il faut demander une participation à ceux qui sont à l'origine de la « sursollicitation » des pompiers. Une façon de les éloigner des urgences.