"Laissez-nous nos casernes !"

Carcans : Gironde Vigilante milite depuis 5 ans pour une meilleure qualité des secours en milieu rural. Rencontre avec son président Jean-Francis Seguy.

Lassiez nous nos casernes Photo M. Louis

Jean-Francis Seguy, président de Gironde Vigilante interpelle les candidats aux législatives

«On n'est pas des sous-citoyens. Nos services publics foutent le camp, les gendarmeries, les écoles, les tribunaux… Alors laissez-nous nos casernes ! » Quand il s'agit de défendre les usagers des services publics de secours en milieu rural, Jean-Francis Seguy, conseiller municipal à Carcans et président de l'association Gironde Vigilante depuis novembre dernier, parle fort et tape du poing sur la table. Il a écrit une lettre à François Hollande, ainsi qu'à tous les candidats aux législatives de Gironde. Son objectif : que les revendications de l'association soient entendues.

Pas de garde la nuit

Fondée en 2007, après un incendie à Bazas qui avait coûté la mort à une mère et ses trois enfants, Gironde Vigilante saisit l'occasion des législatives pour interpeller les élus sur le « désengagement des secours en ruralité ». « On n'a pas le sentiment qu'on est traité de la même manière en zone rurale et en zone urbaine », argue Jean-Francis Seguy. À l'origine du trouble : la départementalisation, qui, depuis 1996, a entraîné une réorganisation des services publics d'incendie et de secours, avec des fermetures de centres.

« Le problème, c'est qu'en zone rurale, tout repose sur les volontaires en dehors du cadre horaire 8 heures-18 heures, explique Jean-Francis Seguy. Ce qu'on voudrait, c'est remettre une caserne opérationnelle 24 heures sur 24 par communauté de communes. » Attention, il n'est pas question ici de « mettre en opposition pompiers professionnels et pompiers volontaires ».

Ce qu'il dénonce, c'est l'absence de pompiers de garde dans les casernes en soirée, ce qui conduit à une augmentation des délais d'intervention. En effet, il faut le temps aux volontaires de se rendre à la caserne puis d'équiper un véhicule, ce qui ne permet pas un « prompt secours », c'est-à-dire un départ immédiat. La caserne de Lesparre est la seule dans le Médoc à être occupée jour et nuit par des pompiers, toute l'année. « Ici, quand ils ont un problème, les gens amènent par leurs propres moyens les malades ou les victimes aux urgences, au détriment de leur sécurité», affirme Jean-Francis Seguy. Pour lui, la revendication est plus large : « Il faudrait des maisons de santé pluridisciplinaires avec des médecins de garde pour éviter que la polyclinique de Lesparre ne soit asphyxiée.»

Manuel Valls et Cécile Duflot

Et de citer l'histoire de cette mère de Margaux dont le bébé est décédé d'une méningite à l'hôpital Pellerin de Bordeaux, le mois dernier (« Sud Ouest » du 18 avril 2012). D'après son avocat, plusieurs fautes auraient été commises, par le médecin traitant et le médecin régulateur du CAT, ce qui aurait retardé la prise en charge du bébé.

Dès la fin des législatives, Jean-Francis Seguy a fait savoir qu'il enverrait des courriers à Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et Cécile Duflot, ministre de l'Égalité des territoires et du logement, pour les sensibiliser à ces problématiques. Pourtant, il juge que « la droite et la gauche sont toutes deux responsables de la situation actuelle, pénalisante pour la ruralité. »

Cet ancien candidat CPNT aux législatives de 2007 envisage déjà de passer la main d'ici deux ou trois ans à la tête de l'association, et, pourquoi pas, de laisser sa place à une femme, car elles sont « plus diplomates ». Une qualité qui pourrait, d'après lui, faire avancer la cause de Gironde Vigilante.

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