Plateforme de prise de rendez-vous médical Doctolib
Ouest-France du 21 août 2022
Doctolib accusé de promouvoir des médecines non reconnues
La plateforme de prise de rendez-vous médical, Doctolib, est la cible des critiques sur les réseaux sociaux en raison des profils de praticiens figurant sur son répertoire, dont les pratiques ne sont pas reconnues.
Doctolib se défend d’en faire la promotion. Photo d’illustration. | JEAN-MICHEL NIESTER / OUEST-FRANCE
La plateforme de prise de rendez-vous médical Doctolib est vivement critiquée pour proposer des profils de certains praticiens exerçant des médecines non reconnues, rapporte Le Parisien.
Des pratiques non réglementées
« Je découvre en tapant par hasard que vous proposez des consultations… de naturopathie. […] Vous vous rendez compte que votre sceau les valide ? », interpelle un médecin réanimateur sur Twitter, pointant notamment des consultations de praticiens non reconnus à 80 €.
Les praticiens mettent notamment en garde contre les profils de naturopathes, dont certaines pratiques, comme l’autoguérison ou des soins Reiki, sont parfois remises en cause par Miviludes, la mission interministérielle qui alerte sur les dérives sectaires.
« Le fait qu’il y ait des profils de naturopathes sur la plateforme la plus puissante d’accès aux soins, qui a eu une mission de service public pour la vaccination anti-Covid, ça m’a un peu troublé », a témoigné le médecin auprès du Parisien .
Une minorité de profils
De son côté, Doctolib répond sur Twitter que les pages mises en cause portent la mention : « Ce praticien exerce une profession non réglementée », à côté de laquelle figure une bulle d’information « en savoir plus » : « Les professions non réglementées présentes sur Doctolib proposent des actes pouvant intervenir en plus de soins conventionnels, afin de contribuer au bien-être des patients. Leur diplôme n’est pas reconnu par l’État. »
« Sur ce sujet, la société évolue et, par exemple, certaines associations de patients promeuvent l’accès à des thérapies complémentaires. Nous considérons que ce n’est pas le rôle de Doctolib de trancher ces débats », ajoute Doctolib.
Auprès du journal francilien, la plateforme met en avant que le nombre de praticiens « dans le domaine du bien-être ou du médico-social » représente seulement 3 % de son répertoire.
Elle ajoute aussi « qu’il est impossible pour un patient de prendre un rendez-vous chez un praticien non référencé par le ministère de la Santé sans avoir expressément cherché à le faire » : « En aucun cas, un patient qui cherche un médecin par sa spécialité (médecin généraliste), un mot-clé (suivi gynécologique) ou une pathologie (cancer du sein) ne tombera sur un professionnel non référencé auprès du ministère de la Santé ».
Sur les réseaux sociaux, d’autres internautes ont par ailleurs renchéri sur les critiques, signalant notamment le cas de praticiens radiés par l’Ordre des médecins, dont les coordonnées figurent toujours sur la plateforme.