Incendies Gironde
Sud-Ouest du 23 Juillet 2022
Ce n’est pas tout de suite que le feu sera déclaré éteint
Onzième jour de lutte sur le front des incendies, toujours pas fixés, « mais ça ne devrait pas tarder », prévient la préfète de Gironde Fabienne Buccio. Le point
Un nouveau contingent de communes rouvertes hier soir à leurs administrés en Sud-Gironde et à La Teste-de-Buch, des feux pas tout à fait fixés, mais qui ne grignotent plus de pins, et une vaste entreprise de surveillance à organiser pendant des semaines : le point sur l’évolution des incendies de Gironde, au 11e jour de lutte.
1 Feux fixés à l’horizon, mais des points chauds
Le funeste décompte des hectares de pins ravagés par le feu, qui s’était affolé dimanche et lundi, ne bouge plus. 7 000 hectares brûlés dans la forêt usagère de La Teste-deBuch, 13 800 dans les Landes de Gascogne, en Sud-Gironde, dessinant un dragon prêt à fondre sur les lacs d’Hostens. « Les feux ne sont pas fixés », a rappelé la préfète Fabienne Buccio lors d’un point presse au poste de commandement des pompiers, à Langon, hier en fin d’après-midi, « mais ça ne devrait pas tarder ». Une trentaine de « points chauds », ou reprises de feu, la plupart dans la pinède du Sud-Gironde, notamment du côté des lacs d’Hostens, ont toutefois mobilisé les secours terrestres et aériens dans la journée de vendredi.
2 10 500 habitants autorisés à rentrer
Élément tangible d’un retour progressif à la normale, la liste des villages rendus à la population s’allonge. Après le Nord-Pyla, Cabanac-et-Villagrains et deux hameaux de Saint-Magne jeudi soir, les cinq communes supplémentaires que peuvent réintégrer dès ce soir leurs habitants sont Villandraut, Noaillan, Budos, Léogeats et Landiras, à l’exception du hameau de Manine, soit 6 500 habitants en Sud-Gironde. Sur le Bassin, Cazaux, dont les images de flammes ravageant les bords du lac dans une lumière crépusculaire ont marqué les esprits, est rouvert à ses 4 000 administrés. Sur les 37 000 habitants évacués la semaine dernière au plus fort des incendies, 20 500 restent tout de même dans l’expectative, 12 500 en Sud-Gironde, 8 000 sur le Bassin.
3 1 400 pompiers toujours mobilisés
Que se passe-t-il sur le front des incendies, entre travaux de génie civil XXL et pompiers à l’œuvre ? Exemple au hameau de Manine, à Landiras, pour l’heure exclu de la liste des retours : « Aujourd’hui [vendredi], il y avait des rafales de vent et un certain nombre de reprises de feu, dans le brûlé ou à la lisière », décrit Marc Vermeulen, directeur du Sdis de la Gironde (Service départemental d’incendie et de secours). « Les lisières du feu ont été noyées », mais il reste à achever, au moyen de bulldozers de l’armée, un pare-feu sur « les 60 kilomètres » de circonférence du feu de Landiras. « Ce bourg était trop à proximité de la lisière, on a préféré attendre un peu. » 1 400 pompiers restent mobilisés, contre 1 800 au plus fort des deux incendies. Les moyens aériens ont été réduits, ou « adaptés », préfère Marc Vermeulen, avec quatre Canadair et deux « hélicoptères d’attaque » loués par la Sécurité civile. Lestés de sacs « bambi » transportant 4 000 litres d’eau, ils permettent de traiter le feu au plus près, « de façon chirurgicale » : « C’est ce dont nous avons besoin. »
4 Les chasseurs dans la boucle
Si les secours appréhendent les conditions météo annoncées dimanche, avec rebond notoire du thermomètre (36 °C annoncés), la dimension économique des incendies sera à l’agenda des chambres consulaires, élus et services de l’État, dès lundi, à travers deux réunions programmées à Arcachon et en Sud-Gironde « pour aider les entreprises et les salariés en difficulté », présente Fabienne Buccio. Autre enjeu de l’après-incendie, l’indispensable surveillance de la tourbe, où le feu couve en profondeur, pendant des semaines voire plusieurs mois. Fait notable, « un accord a été trouvé », glisse la préfète Fabienne Buccio, entre la Défense des forêts contre les incendies (DFCI), qui regroupe des associations syndicales de propriétaires forestiers, et la Fédération départementale de chasse. Car « ce n’est pas tout de suite que le feu sera déclaré éteint », rajoute la préfète. « C’est une autre histoire tant qu’on n’aura pas des pluies régulières. » Placé en vigilance rouge renforcée, la Gironde, tout comme les Landes, repasse en vigilance rouge, tout court, « ce qui permet aux entreprises de travaux forestiers de reprendre le travail dans les massifs autres que ceux des feux », rappelle à toutes fins utiles Fabienne Buccio
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