Covid-19
Sud-Ouest du 29 juin 2022
Sud-Ouest du 29 juin 2022
Appel au civisme face à la septième vague
Face au regain de l’épidémie de Covid-19, avec un sous-variant très contagieux, Élisabeth Borne recommande le port du masque dans les lieux de promiscuité et les espaces clos
Éviter les trams, les trains et les bus bondés et porter le masque pour éviter une transmission. La version BA5 de l’Omicron est particulièrement contagieuse. ARCH. L. THEILLET / « SUD OUEST »
Et un et deux et… sept. Les vagues épidémiques de Covid-19 se succèdent, à la manière d’une série sur Netflix, en beaucoup plus enquiquinantes. Face à une nouvelle flambée, la Première ministre Élisabeth Borne a demandé hier aux préfets et autorités sanitaires d’encourager le port du masque « dans les lieux de promiscuité » et « espaces clos », en particulier « les transports en commun », lors d’une réunion en visioconférence. Rien de très nouveau sous le soleil, surtout pas la fin de cette satanée épidémie qui, décidément, nous colle à la peau. La bonne nouvelle, c’est que le bon sens citoyen a pris le pas sur le caractère obligatoire des contraintes.
Ainsi, le masque est recommandé, mais aussi tous les gestes barrières qui ont fait notre quotidien pendant deux ans. Aération des espaces clos, lavage régulier des mains, pas d’embrassades ni de main serrée. Le constat est sans appel, avec un taux de reproduction du virus sur tout le territoire de l’ordre de 1,45. En clair, cela signifie qu’une personne contaminée va en infecter une et demie.
Quant au taux d’incidence, il a doublé en une semaine sur la quasi-totalité du territoire métropolitain et dans l’ensemble des classes d’âge de la population. En Nouvelle-Aquitaine, il dépasse cette semaine les 650 cas pour 100 000 habitants et les personnes qui subissent un test Covid ont 30 % de risques d’être positives.
Pas plus dangereux
À Bordeaux, le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU et toujours membre du Conseil scientifique, qui existe encore, n’est pas vraiment étonné par cette nouvelle déferlante de Covid. « Le Conseil scientifique a publié il y a un mois une modélisation de l’épidémie qui montrait cette poussée, affirme-t-il. Les autorités sanitaires ont levé l’obligation du port du masque dans les transports en commun depuis tout juste un mois, mais les recommandations étaient maintenues et tout le monde a lâché. Moi-même, je n’ai jamais cessé de porter le masque dans les trams, les bus, les trains. Et quand je vois des bus, des trams bondés, et des gens démasqués, ça m’inquiète beaucoup. »
« On a deux ans d’expérience, on a traversé six vagues, poursuit le professeur. Le virus qui circule activement aujourd’hui, est un sous-variant Omicron, le BA.5. Nous ne sommes pas mal protégés, comme lors d’une fin d’épidémie, mais pas tout à fait suffisamment. Donc il s’adapte et trouve des espaces de survie pour perdurer. Ce sous-variant n’est pas plus dangereux, heureusement, mais il est cinq fois plus transmissible que le premier sous-variant Omicron, qui luimême était plus transmissible que le Covid d’origine. Plus le variant mute, plus il gagne en transmissibilité. En temps normal, ces virus n’aiment pas la chaleur, mais celui-là contourne l’effet climatologique qui lui est a priori défavorable. »
Afin de limiter la reprise épidémique actuelle et son impact sur le système de santé, la Première ministre a demandé aux préfets et aux directeurs généraux d’Agences régionales de santé d’amplifier les messages de prévention et de santé publique auprès de la population, des collectivités territoriales et des élus et de rappeler les consignes de base. Ces mesures sont des recommandations, qui font appel à la responsabilité de tous. Les personnes fébriles, ou présentant des symptômes doivent se faire tester, et s’isoler si elles sont positives, alerter les personnes qu’elles ont côtoyées les jours précédents. On est tous censés connaître la marche à suivre.
« Le jour d’après »
Un plan de mobilisation pour renforcer la vaccination a été engagé auprès des professionnels de santé et vis-à-vis des publics fragiles. Ainsi, l’Assurance maladie va adresser dans les prochains jours des mails de sensibilisation aux personnes éligibles à la deuxième dose de rappel (lire ci-dessous). En même temps, elle rappellera aux professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers) l’importance d’inciter leurs patients fragiles à un schéma complet de vaccination, à savoir l’opportunité d’une quatrième dose.
« Nous avons basculé depuis un mois dans le jour d’après, reprend le professeur Malvy. Nous apprenons à vivre avec le virus, ce qui ne signifie pas consentir à le rencontrer, car compte tenu de sa haute transmissibilité, si nous ne nous protégeons pas, nous allons forcément le rencontrer. Cette maladie peut-être invalidante, avec cinq jours où l’on est ‘‘cassé’’, c’est bête pour commencer des vacances. Évidemment, les personnes fragiles, elles, risquent des formes plus graves. »
Ouest-France du 28 juin 2022
Covid-19. Quatre questions pour savoir qui est concerné par une quatrième dose de vaccin
Face à la remontée des cas de Covid-19, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon a réitéré son appel à un nouveau rappel de vaccination avec une quatrième dose pour certaines catégories de la population. Plusieurs internautes s’interrogent sur ce deuxième rappel. Voici quatre questions pour vous aider à y voir plus clair.
Un homme se fait vacciner contre le Covid-19. Photo d’illustration. | EDDY LEMAISTRE / OUEST-FRANCE
Après plus de deux ans rythmés par les épisodes de Covid-19, la France a replongé en ce début d’été, comme d’autres pays européens, dans une septième vague, portée par de nouveaux sous-variants de la famille Omicron, BA.4 et surtout BA.5. Alors qu’un quart des personnes éligibles ont reçu leur second rappel vaccinal contre le Covid, vous êtes nombreuses et nombreux à nous poser des questions sur cette quatrième dose. En voici quatre.
1. J’ai été infecté, dois-je recevoir une quatrième dose ?
1. « J’ai reçu mes trois doses, j’ai eu le Covid le 19 mars 2022. J’ai 73 ans, faut-il que je fasse ma quatrième dose maintenant ou faut-il attendre septembre ? »
Martine, cela dépend du délai écoulé entre votre troisième dose de vaccin et l’infection. Cette quatrième dose peut être effectuée dès six mois après le premier rappel ou la dernière infection au Covid pour les personnes âgées de 60 à 79 ans.
Dans votre cas, vous devez donc patienter six mois avant de pouvoir faire votre deuxième rappel. En clair, patientez jusqu’au 19 septembre 2022, soit un délai de six mois après votre infection au Covid-19, avant de faire cette quatrième injection.
Lire aussi : Covid-19. Est-il prudent de se faire vacciner lorsqu’il fait chaud ? Les réponses d’un virologue
2. Qu’en est-il des patients immunodéprimés ?
2. « J’ai eu ma troisième dose il y a neuf mois et, étant immunodéprimé, dois-je faire la quatrième dose ? »
Cette question nous est posée par Rémy. Effectivement, cette quatrième injection s’applique à toute personne immunodéprimée depuis janvier dernier. Pour tous les patients immunodéprimés, « il est recommandé l’administration systématique d’une deuxième dose de rappel vaccinal dans un délai de trois mois après le premier rappel », indique la Direction générale de la Santé (DGS).
3. Les moins de 60 ans peuvent-ils faire ce deuxième rappel ?
3. « J’ai 50 ans et reçu mes trois doses, dois-je faire un rappel avec une quatrième dose ? »
Bonne question Laura. La quatrième dose n’est pas encore ouverte aux personnes âgées de moins de 60 ans, sauf dans certains cas. À ce jour, « on a recommandé la vaccination pour les plus de 60 ans. À ce stade, charge au gouvernement d’ouvrir la vaccination pour le reste de la population si nécessaire et de la mettre en œuvre », nous répond la Haute autorité de Santé (HAS).
Concrètement, seule une partie de la population française est éligible à ce deuxième rappel. Il s’agit de toutes les personnes de plus de 60 ans, les personnes les plus à risques et les patients immunodéprimés, ainsi que toutes les personnes résidant dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou dans des unités de soins longue durée (USLD).
Lire aussi : CARTE. Covid-19 : cas et hospitalisations repartent à la hausse, le point par département
4. Et pour les plus de 80 ans ?
4. « Pour les plus de 80 ans, combien de temps faut-il entre la troisième dose et la quatrième dose ? »
Vous n’êtes pas le seul à vous poser la question Jacques. Les personnes âgées de plus de 80 ans peuvent recevoir la quatrième dose à partir de trois mois après l’injection du premier rappel.
Par exemple, si vous avez effectué votre premier rappel le 28 janvier 2022, vous pouvez effectuer votre deuxième rappel depuis le 28 avril. Ce deuxième rappel, recommandé mais pas obligatoire, est ouvert aux Français de plus de 80 ans depuis mars 2022.






