Covid-19
Sud-Ouest du 11 mars 2022
Ouest-France du 10 mars 2022
Covid-19. Où en est l’épidémie chez les mineurs à l’aube d’un nouveau protocole sanitaire à l’école
Le ministère de l’Éducation doit dévoiler le nouveau protocole sanitaire dans les écoles ce jeudi 10 mars. Il devrait mettre fin au port du masque obligatoire dans les établissements scolaires. Mais cela est-il bien en phase avec la situation de l’épidémie chez les enfants ? On fait le point chiffres à l’appui.
Ici, une classe de CP/CE1 à l'école primaire Saint-Charles à Quimper, le 17 janvier 2022. | ECOLE PRIMAIRE SAINT-CHARLES À QUIMPER. CLASSE DE CP/CE1. SUJET SUR L'APPRENTISSAGE DE LA LECTURE. PHOTO YVES-MARIE QUEMENER / OUEST -FRANCE
Alors que le port du masque ne sera plus obligatoire dans l’enceinte des écoles à partir du lundi 14 mars, les contaminations au Covid-19 repartent légèrement à la hausse chez les mineurs ces derniers jours. Tout comme la moyenne pour toute la population.
Lire aussi : Covid-19. Six questions sur le nouveau protocole dans les écoles, collèges et lycées
Une légère hausse du taux d’incidence pour tous les niveaux scolaires
Au niveau national, le taux d’incidence s’établit à 546 cas positifs pour 100 000 habitants en France sur la période du 28 février au 6 mars, selon les derniers chiffres publiés par Santé publique France ce mercredi 9 mars.
Chez les mineurs, pour tous les niveaux scolaires, le taux d’incidence est légèrement supérieur au taux national : 672 cas ont été recensés pour 100 000 habitants parmi les écoliers, 583 pour les collégiens et 581 chez les lycéens. Par ailleurs, l’indicateur amorce une tendance à la hausse ces derniers jours, tous niveaux confondus.
Dans le même temps, le taux d’incidence reste plutôt stable pour les moins de six ans.
Voici l’évolution du taux d’incidence, en fonction du niveau scolaire, depuis la fin de l’année 2021 :
La reprise actuelle de l’épidémie chez les plus jeunes peut notamment s’expliquer par le retour dans les classes d’écoles après les vacances.
Quand on juxtapose la carte de la variation du taux d’incidence entre le 6 mars et le 28 février (sept jours avant) par département et celle des zones scolaires pour la rentrée, on voit que le rebond de l’épidémie plus important dans la zone B, où les cours ont repris le plus tôt, au 21 février.
Pas de hausse du nombre de dépistages depuis la rentrée
En revanche, la rentrée n’a pas provoqué une ruée vers les dépistages. Le nombre de tests réalisés chez les mineurs maintient sa tendance à la baisse, même si le rythme de cette diminution ralentit.
Parmi les écoliers de six à dix ans, 2 291 pour 100 000 se sont fait tester pour la période du 28 février au 6 mars. Le niveau est un peu plus élevé chez les collégiens et les lycéens, avec respectivement 2 491 et 2 320 tests réalisés pour 100 000 habitants, sur la même période de comparaison.
Toutefois, ces taux de dépistage chez les mineurs sont tous légèrement inférieurs au taux national : 2 646 personnes testées pour 100 000 habitants.
Selon le nouveau protocole sanitaire, à l’école primaire, si un élève tombe malade, tous les élèves de la classe devront se faire tester (autotest ou test antigénique) à J + 2. Quant aux collégiens et les lycéens, le protocole de dépistage pour les cas contacts diffère selon le statut vaccinal de la personne.
D’après le dernier point du ministère, au vendredi 4 mars, 1 742 classes sont fermées à cause de l’épidémie en France (soit moins de 0,5 % de l’ensemble des classes), et encore près de 27 000 élèves sont malades.
Ouest-France du 10 mars 2022
Covid-19. Six questions sur le nouveau protocole dans les écoles, collèges et lycées
Le nouveau protocole doit être rendu public ce jeudi 10 mars 2022 dans l’après-midi. Nous en révélons ici les principales mesures : port du masque, règles d’isolement et de cas contact lors d’une contamination. En résumé : on allège partout, mais tout ne sera pas plus simple pour autant.
Comme le reste de la population, les écoliers, les collégiens et les lycéens ne seront plus obligés de porter le masque à compter du lundi 14 mars, en raison de l’épidémie de Covid, a annoncé le ministre de l’Éducation nationale, le 3 mars. Bonne nouvelle, quoiqu’un peu angoissante, ont réagi nombre de parents et d’enseignants.
Vendredi 4 mars, le ministère annonçait encore 27 000 élèves malades et 1 742 classes fermées, alors que la zone A n’était pas revenue de congés. Le 2 novembre 2020, lorsque le port du masque est devenu obligatoire plus les plus de 6 ans, on ne comptait que 12 000 élèves malades…
Deux réunions organisées mercredi 9 et ce jeudi 10 mars au ministère ont apporté quelques précisions sur le nouveau protocole, qui sera rendu public dans l’après-midi sur le site du ministère.
1. Quel sera le niveau du protocole ?
Rappelons tout d’abord que le protocole sanitaire en vigueur à l’école est une foire aux questions publiée sur le site du ministère. Dans le courant de l’été 2021, elle a été complétée par un tableau qui comprend quatre niveaux de mesures en fonction de la situation sanitaire. À la rentrée des grandes vacances, en septembre, c’est le niveau 2 (couleur jaune) qui avait été retenu.
Pour la première fois, c’est le niveau 1 du protocole (couleur verte), qui s’appliquera. En pratique, il sera même allégé par rapport à ce qui est normalement prévu. Mais, en fonction de l’évolution de la situation, un préfet pourra, s’il le juge nécessaire, renforcer les mesures localement. Les syndicats auraient préféré que des « seuils » soient clairement définis en fonction du taux d’incidence, par exemple.
2. Concrètement, ça veut dire quoi ?
L’obligation de porter le masque, que ce soit en intérieur ou en extérieur, est levée, pour les élèves, les enseignants et le reste du personnel. Le brassage entre élèves est de nouveau autorisé ; en clair, un élève pourra désormais déjeuner comme il l’entend avec des élèves d’une classe différente de la sienne. Tous les sports sont désormais autorisés, y compris les sports de contact. Enfin, les règles de distanciation sont levées ; seules les règles en matière de lavage des mains, d’aération et d’hygiène des locaux sont maintenues.
3. Puis-je garder mon masque si je le souhaite ?
Oui. Un élève ou un enseignant, parce qu’il a par exemple une personne fragile dans son entourage pourra, s’il le souhaite, conserver le masque. En revanche, un professeur, un directeur d’école, un principal ou proviseur ne pourra, de son propre chef, l’obliger à porter de nouveau le masque, en cas, par exemple, de cluster dans son établissement. Il pourra toutefois lui « recommander » de le faire…
4. Que se passera-t-il si un élève tombe malade ?
La règle ne change pas. Si l’élève a moins de 12 ans, qu’il soit vacciné ou non, ou s’il a plus de 12 ans et qu’il bénéficie d’un schéma vaccinal complet, il doit toujours s’isoler pendant sept jours. L’isolement peut prendre fin au bout de cinq jours, en l’absence de symptôme depuis 48 heures, et avec un test antigénique ou PCR négatif.
Pour les élèves de 12 ans et plus non vaccinés ou ne disposant pas d’un schéma vaccinal complet, l’isolement est de dix jours. Il peut prendre fin au terme de 7 jours si un test antigénique ou PCR est réalisé au 7e jour et que son résultat est négatif.
5. Quelles nouveautés pour les cas contacts ?
Si un élève de primaire tombe malade, tous les élèves de la classe devront se faire tester (autotest ou test antigénique) à J + 2. Si le test est positif, l’élève devra rester chez lui ; si le résultat est négatif, il pourra retourner en cours. Aucune attestation sur l’honneur ne sera demandée.
Dans le second degré (collège, lycée), le statut vaccinal entre en ligne de compte. Si l’élève cas contact est vacciné, il pourra rester en classe, à condition de se faire tester à J + 2 ; s’il n’est pas vacciné, il devra rester à l’isolement pendant sept jours et ne pourra revenir qu’avec un test PCR ou antigénique négatif.
6. Quelles conséquences ?
En lycée, la notion de « classe », surtout en première et en terminale, n’existe plus vraiment, depuis la réforme du bac, qui a introduit des enseignements de spécialité. Conséquence, le « traçage » des élèves risque d’être très compliqué en cas de contamination. Avec qui tel élève malade était-il en cours de sport (où plusieurs classes peuvent désormais être mélangées), d’anglais, d’histoire géographie géopolitique et sciences politiques, tel jour ? Il ne faudrait pas que ce contact tracing surcharge les services de la vie scolaire », prévient Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, le principal syndicat du secondaire.




