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4 février 2022

Lutte contre le cancer

Franceinfo du 4 février 2022 

Cancer : une eurodéputée révèle les détails du plan européen de lutte contre la maladie

Plusieurs mesures sont préconisées par ce plan européen dont le financement s'élève à 4 milliards d'euros.

2022 02 04 franceinfo

La députée européenne Véronique Trillet-Lenoir dévoile en exclusivité vendredi 4 février sur franceinfo le Plan européen de lutte contre le cancer qu'elle présentera le 15 février en séance plénière du parlement européen. Elle appelle sur franceinfo à arrêter les "égoïsmes nationaux".

Ce plan a été soutenu à la majorité début décembre par la commission spéciale pour la lutte contre le cancer, avec un financement à hauteur de 4 milliards d'euros via le programme EU4Health, ainsi que divers financements européens.

Une "génération sans tabac 2040"

Ce plan vise à ce que les États européens travaillent ensemble pour prévenir 40% des cancers évitables via des mesures législatives pour réduire les comportements à risque, notamment avec l'objectif d'une "Génération sans tabac 2040". Le dépistage et la détection précoce des cancers devront être optimisés par une plateforme d'échanges et de collaboration entre les différentes structures nationales qui en sont chargées. Le plan vise à ce que 90% des citoyens européens concernés par les dépistages des cancers du sein, du colon et du col de l'utérus soient contactés pour les faire.

"Pour un cancer donné dans une situation donnée, 25% de différence de survie d'un pays à l'autre. Et ces inégalités existent également d'une région à l'autre." Véronique Trillet-Lenoir députée européenne à franceinfo

Une différence de survie que l’on retrouve entre la France et la Roumanie, pays dans lequel on a moins de chance de survivre d’un cancer. Les pays européens sont "inégaux en matière d'information sur la prévention""en matière d'accès au dépistage" et "en matière d'accès à des traitements innovants". Pour Véronique Trillet-Lenoir, cette situation est "intolérable". Elle lance un appel : "Arrêtons les égoïsmes nationaux, arrêtons les champions nationaux industriels. Faisons des consortiums, des partenariats public-privé financés par la Commission européenne, qui a la volonté de financer et mettre en place une recherche inclusive, une recherche qui ne laisse personne sur le carreau", explique-t-elle.

Un centre de référence dans chaque État

Au moins un centre de référence pour la prise en charge des cancers, en particulier les plus rares, devra être identifié dans chaque État membre, préconise le plan. L'élaboration de critères de qualité attendus des établissements et professionnels en cancérologie doit également favoriser l'accès équitable aux soins. Ce plan européen prévoit également un accompagnement plus uniformisé des patients et de leurs proches aidants pendant et après la maladie, notamment sur l'aide à la réinsertion et un déploiement du "droit à l'oubli", pour éviter de pénaliser les patients guéris sur leurs démarches d'assurances. 

"Quelle belle opportunité que la présidence française de l'Union européenne pour stimuler cette volonté commune et l'accompagner", souligne-t-elle. Mais cette mise en commun de la lutte contre le cancer au niveau européen ne sera pas facile à mettre en place. Elle pointe le rôle des lobbies du monde de la santé. "On y arrivera, non seulement si on est unis, mais si on est capables de faire face à tous les facteurs influençant les politiques de santé par l'intermédiaire de groupes de pression qui peuvent avoir un intérêt objectif à ce que ces mesures ne fonctionnent pas, explique-t-elle. Il y en a partout, il y en a au Parlement européen."

Sud-Ouest du 4 février 2022

2022 02 04 SO Les principaux cancers en France

2022 02 04 SO Les principaux cancers en France2

2022 02 04 SO Les principaux cancers en France3

Sud-Ouest du 4 février 2022 

Lutte contre le cancer : comment Kylian, 7 ans, l’a mis K.-O. deux fois 

Pour la Journée mondiale contre le cancer, « Sud Ouest » a rencontré Kylian. Le petit garçon de 7 ans vit en Gironde et souffre d’un cancer depuis quatre ans. Il a tout traversé. Récit

2022 02 04 cancerAurore et son fils Kylian à Gradignan (33), une relation fusionnelle après quatre ans de combat contre un terrible cancer. GUILLAUME BONNAUD/ « SUD OUEST " 

Le médecin cancérologue a appelé trois jours avant. « Kylian, tu vas bien désormais, tu peux profiter. » Les résultats de la dernière batterie d’examens médicaux qu’il vient de subir sont tombés, ils justifient l’optimisme de l’équipe médicale du CHU de Bordeaux qui suit l’enfant depuis quatre ans. Le neuroblastome métastatique pédiatrique contre lequel il combat l’a lâché, enfin. C’est Aurore, sa maman, qui raconte : «Quel soulagement. On a pleuré de joie avec son père. Mais Kylian, lui, est resté stoïque. Et à table le soir, il a dit ceci : ‘‘Et si bientôt ça ne va plus, qu’est ce qui se passe ?” Il est tellement sage, ça me fait peur. L’épée de Damoclès, Kylian sait très bien de quoi il s’agit. » Une épée pour un preux chevalier… 

Sweat rouge, baskets assorties, vif comme un écureuil, Kylian n’est pas du genre « petite nature ». En cette fin janvier frileuse, il saute du canapé au tabouret de cuisine, court derrière Samy, son chien, se planque sous les fauteuils, sort ses Lego et monte un garage en trois minutes. Il rit beaucoup Kylian, n’aime pas trop s’appesantir sur sa maladie. Il faut être attentif lorsqu’il lâche une phrase entre deux éclats de rire : « Avant, il me tardait que ça soit fini. Les piqûres j’aimais pas, et aussi la sonde dans le nez qui tenait avec du Scotch, des fois ils étaient plusieurs pour la mettre, tellement je bougeais… » Il a oublié aujourd’hui le premier diagnostic et ses circonstances, alors qu’il n’avait que 3 ans. 

2022 02 04 cancer2

Retour en France 

« Nous avions décidé avec mon mari de quitter Bordeaux pour vivre à Cuba où nous avions monté une société, relate Aurore. C’était en 2018 et Kylian avait 2 ans. Là-bas, il lui est arrivé un truc bizarre : un matin nous l’avons trouvé avec le visage à moitié paralysé du côté gauche. À l’hôpital de Cuba, les médecins nous ont certifiés que c’était à cause des écarts de température… Avec les séances de kiné la paralysie a régressé, sans disparaître complètement. Un an après, il s’est plaint de douleurs au ventre, il s’est mis à maigrir, il ne tenait plus sur ses jambes. L’hôpital c’est terrible là-bas, tu passes des heures dans des salles d’attente bondées et à l’arrivée, rien. J’ai envoyé les résultats des examens à mon ancien médecin à Bordeaux, qui nous a fait rapatrier dans la foulée, Kylian et moi. » 

À la réception du dossier médical, le médecin de famille a alerté l’unité de cancérologie pédiatrique du CHU de Bordeaux. Il fallait soigner l’enfant très vite, il était en train de mourir. Aurore et Kylian ont pris l’avion, puis un taxi de l’aéroport de Mérignac direct vers l’hôpital des enfants. « Tout était prêt aux urgences pédiatriques, on nous attendait, se souvient Aurore. Kylian avait une tumeur au cerveau, partie de l’abdomen, il était atteint de la tête aux pieds et son pronostic vital était engagé. » Dix-huit mois de traitements intensifs ont suivi : intervention chirurgicale pour retirer la tumeur, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie. L’enfant est hospitalisé de longues semaines, avec parfois des autorisations de sorties exceptionnelles sous haute surveillance. Il faut tenir. 

Du répit et une récidive 

Près de deux ans après, l’enfant est en rémission. Il reprend une vie quasi-normale, l’école, les copains, le sport. Jusqu’au jour où à l’école, il ressent à nouveau des douleurs, le ventre, les jambes. Il se tait. Mais un jour, il perd l’équilibre et tombe. « La force de caractère de Kylian, il en a tellement vu, qu’il ne se plaint jamais, commente Aurore. Ces symptômes ont été les signes d’une récidive, et lorsque les médecins nous l’ont annoncé devant lui, ils étaient abattus. Kylian n’a rien dit, mais il est venu me faire un câlin. Et c’est moi sa mère qui ai fait l’avocat du diable, je leur ai donné l’ordre de le sauver : ‘‘Vous étiez pessimistes la première fois et pourtant on s’en est sortis’’. » L’enfant est à nouveau confronté aux traitements les plus lourds. Cette fois, il se souvient de tout, mais fier chevalier, ne raconte que le moins pire. 

« Je faisais la course dans les couloirs avec la perfusion, c’est maman qui la tenait ! » s’esclaffe-t-il. Il évoque les clowns qui venaient dans sa chambre plusieurs fois par semaine pour la rigolade « Sans les associations, les Blouses Roses qui racontent les histoires le soir, je ne sais pas comment on aurait tenu, admet Aurore. Mon mari était coincé à Cuba pour le boulot. Et moi, parfois, en voyant le petit si fatigué, je craquais, mais il y avait toujours quelqu’un pour me remonter le moral. Et j’ai mesuré la chance de vivre dans un pays où l’on est si bien soigné et accompagné. »

2022 02 04 SO On n'est pas le médecin d'une maladie mais d'un enfant

2022 02 04 SO On n'est pas le médecin d'une maladie mais d'un enfant2

2022 02 04 SO On n'est pas le médecin d'une maladie mais d'un enfant3

2022 02 04 SO Des soins après-cancer parce que la guérison ne règle pas tout

2022 02 04 SO Des soins après-cancer parce que la guérison ne règle pas tout2

2022 02 04 SO Des soins après-cancer parce que la guérison ne règle pas tout3

2022 02 04 SO Alex une appli pour aider à reprendre une vie active

 

 

 

 

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