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29 juillet 2021

Covid-19

Sud-Ouest du 29 juillet 2021

2021 07 29 SO Urgence à bout de souffle

 

Sud-Ouest du 29 juillet 2021 

Hôpital de Sarlat : le service des urgences lance un SOS 

En pleine affluence touristique, la menace d’une fermeture de quelques jours en août a plané sur le service des urgences du centre hospitalier, faute de médecins urgentistes

2021 07 29 hôpital de SarlatLe service des urgences du centre hospitalier de Sarlat en été, avec des lits dans les couloirs. FRANCK DELAGE

Un jour d’été banal aux abords des urgences de l’hôpital de Sarlat. Il fait beau, certains patients préfèrent rester dehors. Géraldine attend depuis trois heures avec son orteil peut être cassé. Une enfant de neuf ans fait les cent pas, avec des béquilles. Il règne malgré tout de la bonne humeur en attendant qu’une blouse blanche vienne les chercher. 

À l’intérieur, l’ambiance est différente. La petite salle d’attente est pleine et transpire l’ennui, l’agacement, la douleur. Dans le service, tous les box sont pris. Il y a même des lits dans les couloirs. Le contraste est saisissant entre le matériel dernier cri et les locaux défraîchis ne laissant que peu de place à l’intimité. Les soignants n’ont pas une seconde pour s’apitoyer sur le chaos relatif et enchaînent dossiers et patients. 

Surchauffe estivale 

Si le service est plutôt calme en janvier avec une trentaine de passages quotidiens, la fièvre monte en été avec le tourisme. La fréquentation triple en août. Le papy sarladais victime d’une crise cardiaque côtoie le touriste belge qui s’est fait piquer par une abeille. Les ambulances acheminent les patients les plus urgents tandis qu’affluent à la porte une cohorte de personnes souffrant de bobologie non prise en charge par la médecine de ville. 

« Quand j’étais plus jeune, j’adorais ce métier. Mais vu les conditions, ça devient angoissant », lâche une infirmière avec dix-sept ans de métier au compteur. « Les conditions se sont dégradées et on a l’impression que ça s’accélère. On arrive à un stade où on se pose des questions. » Elle ne parle pas de la peinture qui s’écaille sur les murs. Son angoisse vient du manque de personnel, source de surcharge de travail pour les équipes et de mise en danger des malades. 

Service dégradé 

« Le personnel malmené est fatigué après un an et demi de Covid, surtout aux urgences, entre les arrivées, les tests, l’émotion avec un virus que l’on ne connaissait pas », analyse Véronique Robert, secrétaire du syndicat Unsa. « Les équipes sont très inquiètes, rebondit le secrétaire adjoint de FO, Christophe Helaut. Je suis soucieux de l’état de certains agents au niveau psychologique. L’annonce a été un choc de plus pour pas mal de personnels. » 

Les syndicalistes parlent des mesures couperets qui ont circulé la semaine dernière en raison d’un manque de médecins urgentistes : la fermeture du service certains jours en août ou une ouverture en « service dégradé », c’est-à-dire sans médecin. Le phénomène de pénurie est national, mais les plus petits établissements, avec des équipes restreintes, trinquent les premiers. 

L’absence d’un médecin est beaucoup plus sensible à Sarlat qu’à Périgueux. Le maire de Sarlat, Jean-Jacques de Peretti, s’inquiète de cette situation. En été, avec les difficultés de circulation, Sarlat est à une heure et demi de Périgueux. 

Réguler la concurrence 

« Il n’a jamais été question que le service ferme. Nous sommes confrontés à des problèmes de recrutement en plein mois d’août. Cette année, il y a un effet Covid. Les médecins prennent des vacances, même les intérimaires. » Pour lui, il faut réguler la concurrence entre les établissements et soigner le recrutement. « Nous avons les financements. » 

« L’objectif est et a toujours été de garantir une présence médicale suffisante et un accès aux urgences, y compris en cette période touristique », veut rassurer Mathieu Labat, directeur par intérim des 11 établissements du groupement hospitalier de Dordogne. 

Grâce à une forte mobilisation, il ne resterait qu’une poignée de plages non encore dotées et le service devrait fonctionner normalement. Conscient de ce mal récurrent, il évoque des pistes comme la mise en place d’une équipe territoriale d’urgence sur le département. En attendant, l’inquiétude reste de mise au sein de la population et du personnel qui manifesteront le 3 août.

2021 07 29 H sa sarlat

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