Covid-19
Sud-Ouest du 22 mai 2021
Sud-Ouest du 22 mai 2021
COVID À BACALAN : Le dépistage massif a débuté
Depuis hier, et durant sept jours, la salle Pierre-Tachou est transformée en centre de dépistage pour enrayer l’épidémie
Jeunes et moins jeunes sont venus vérifier qu’ils n’avaient pas le Covid
Ce vendredi 21 mai, dès 8h45, il y avait déjà une petite file d’attente devant l’entrée de la salle Pierre-Tachou, dans le quartier de Bacalan à Bordeaux : une dizaine de personnes était les premières à venir passer un test de dépistage du Covid dans ce centre qui restera ouvert une semaine afin d’enrayer le cluster apparu dans ce secteur de la ville.
« J’ai vu ça dans le journal ce matin et mon mari a reçu une alerte hier soir sur son portable, raconte Sylvie, la soixantaine bien portante. Alors, ajoute-telle, on vient se faire dépister. C’est l’alerte rouge, ils nous filent le stress, ils nous empoisonnent le cerveau. » Elle refuse de se faire vacciner, « parce que je n’ai pas confiance avec tous ces trucs », mais elle tient à ne pas transmettre le virus si jamais elle l’attrape. « De toute façon, prétendelle, les gens meurent de l’anxiogène que tout ça a dégagé. »
L’esprit tranquille
Florence a eu l’information le matin même dans « Sud Ouest ». « Je suis donc venu me faire tester, parce que j’ai des petits-enfants. J’ai déjà eu une dose de vaccin, mais je me dis que ce n’est peut-être pas suffisant. Je préfère avoir l’esprit tranquille en me faisant tester, même si je n’ai aucun symptôme. »
L’attente se prolonge un peu mais comme tous les patients sont du même quartier, les discussions s’engagent facilement. Certains, comme Christian, un solide septuagénaire, profitent de l’occasion pour raconter leur vie en long, en large et en travers. Du haut de ses 17 petits-enfants («mais aussi onze fois arrière-grand-père »), il explique à qui veut bien l’entendre qu’il a été vacciné il y a trois semaines avec le Johnson&Johnson. « Je n’ai besoin que d’une dose, mais je me fais tester quand même car ma sœur va venir. Elle a 72 ans et elle est dialysée. » Quant à sa copine, tout le monde sait désormais que pour elle, « c’est bon, elle a déjà eu le Covid ». Ce qui n’empêche pas de l’attraper à nouveau.
Benjamine de la file d’attente, Camille, 16 ans, attend patiemment son tour. « J’ai une réunion de famille ce week-end. Je me fais tester pour être sûre que je ne risque pas de contaminer quelqu’un. » Même si elle trouve que le coton-tige dans le nez « ça fait mal, mais pas longtemps », elle a déjà subi plusieurs fois le test et recommencera chaque fois que cela lui semblera nécessaire. Cette fois-ci, elle pourra expérimenter une autre méthode puisque le dépistage se fait au choix avec un coton-tige ou un test salivaire. Les résultats sont ensuite transmis par texto à l’intéressé dans les 24 heures.
Sur place, l’accueil (bidon de gel hydroalcoolique en main) est assuré par Aurélia, l’un des huit médiateurs de la Croix-Rouge française qui effectue la permanence. Celle-ci se fera tous les jours (week-end de la Pentecôte compris), de 9 à 18 heures (17 heures les 22 et 23 mai), pendant sept jours.
L’école rouvre le 25 mai
L’Agence régionale de santé a mis en place ce dépistage avec l’appui de la municipalité de Bordeaux. Vincent Maurin, adjoint au maire en charge du quartier et également directeur du groupe scolaire Charles-Martin, s’est rendu vendredi matin au centre de dépistage : « J’ai été agréablement surpris de la bonne réactivité des gens. À midi, 74 personnes avaient été dépistées. » Un bon score qui s’explique par l’activation de la cellule Alerte sécurité de la mairie de Bordeaux. Laquelle a permis de joindre 3000 habitants de Bacalan par voie électronique. Toute la journée de vendredi, 3 000 flyers ont aussi été distribués dans le quartier.
La préfecture a avancé à mardi prochain (au lieu de jeudi 27 mai) la réouverture du groupe scolaire Charles-Martin. « Pour pouvoir faire leur rentrée, les enfants devront être munis d’une attestation sur l’honneur de leurs parents, indiquant que l’écolier a été testé négatif au Covid ». Les résultats mettant 24 heures à arriver et lundi étant férié, les parents ont tout intérêt à se rendre ce week-end au centre de dépistage de Bacalan.











