Covid-19
Sud-Ouest du 2 septembre 2020
Sud-Ouest du 2 septembre 2020
«Une légère amélioration depuis lundi»
CENTRE-VILLE Depuis trois jours, le port du masque est obligatoire dans l’hypercentre. Mais on voit toujours de tout
Pas besoin de pointeuse. L’impression visuelle suffit. Sur les quais, hier, les promeneurs masqués n’étaient pas majoritaires, loin de là. «Dans 90% des cas, les passants qui déambulent devant les hangars ne portent pas de masque», s’étonne l’employé d’un café-restaurant.
Cela faisait pourtant deux jours que le masque avait été rendu obligatoire dans la partie de Bordeaux bornée par la Garonne, la place de la Victoire, la place Gambetta et les cours encadrant les rues les plus fréquentées, y compris le long du fleuve donc. «Sincèrement, depuis lundi, je ne vois aucun changement, aucun», assure-t-il.
«Comme on est sorti du centreville, les gens pensent qu’à cet endroit-là, ce n’est pas interdit», confirme un policier municipal qui veille au respect des règles. Avec ses collègues en VTT, ils ont dressé quelques amendes de 135euros depuis l’extension du périmètre où le port du masque est obligatoire. «On n’en met pas beaucoup, parce que nous sommes encore dans une politique de prévention pour l’instant, précise l’agent. Si on rencontre des personnes récalcitrantes ou qui mettent de la mauvaise volonté à mettre le masque, on peut être amenés à verbaliser».
La géographie du masque
Rue Sainte-Catherine, où la mesure était en vigueur depuis le 15 août comme dans la rue de la Porte-Dijeaux, le vigile d’une enseigne connue lève les yeux au ciel. L’obligation de se couvrir la bouche et le nez est rappelée sur une banderole surplombant l’artère commerçante. À son goût, les passants n’y prêtent pas assez attention et ne sont pas assez disciplinés.
Si l’effet de masse dans ce secteur dédié au shopping donne le sentiment d’un flot de masques, c’est surtout par comparaison avec les quartiers voisins. Hier matin, autour des stands de brocante du marché Saint-Michel, l’accessoire à élastiques était souvent porté négligemment, sous le menton par exemple, voire carrément absent. Comme si le cours VictorHugo dessinait une sorte de frontière. Vers l’hypercentre, les nouvelles consignes sont globalement respectées. Côté gare, les bonnes pratiques ne semblent pas encore ancrées. Notre policier municipal s’était aussi aperçu de ce contraste, de part et d’autre de cette ligne virtuelle allant «du cours Pasteur jusqu’à la place Bir-Hakeim et aux abords du pont de pierre ».
Des déjeuners statiques
Toutefois, il note une «légère amélioration» depuis l’agrandissement de la zone où l’on ne peut flâner visage découvert: « Un peu plus de monde met le masque. Le gros problème, c’est que les gens l’ont, le masque, mais souvent dans la poche. Ils attendent qu’on leur demande de le mettre pour le mettre.»
À l’heure du repas, finesse et discernement sont nécessaires pour établir une éventuelle infraction. Beaucoup, en effet, avalent leur casse-croûte assis là où ils peuvent. « C’est autorisé. Les gens qui fument ou qui mangent en marchant, on leur demande de s’asseoir ou d’avoir une position immobile pour pouvoir finir leur cigarette, leur sandwich ou leur boisson. Mais, lorsqu’ils sont en mouvement, on leur dit de mettre le masque. Manger en dynamique sans porter le masque, c’est interdit».
Conséquence inattendue, des habitudes de consommation sont déjà en train d’évoluer. « Depuis lundi, on ne vend plus du tout de glaces à emporter, rapporte-t-on chez Fernand, le glacier bio de la place Fernand-Lafargue. Tous les clients s’installent en terrasse maintenant.»
Théo, lui, a trouvé le truc. Une longue paille lui permet de boire en se baladant sans ôter son masque. Réglementaire.








