Coronavirus
Sud-Ouest du 28 avril 2020
Le nombre de morts repart à la hausse
BILAN 437 décès ont été enregistrés dans les dernières 24 heures. Mais le nombre de patients diminue
À la veille de la présentation du plan gouvernemental de déconfinement (lire en pages 2 et 3), la nouvelle a de quoi contrarier car le nombre de victimes du Covid-19 est reparti hier à la hausse après plusieurs jours de baisse.
L’épidémie a fait 437 morts en France au cours des dernières 24 heures dont 295 dans les hôpitaux, portant le total des décès à 23 293 depuis début mars, selon le bilan de la Direction générale de la santé, diffusé hier soir.
L’épidémie a tué 14 497 personnes dans les hôpitaux et 8 796 (+142) dans les établissements sociaux et médico-sociaux, témoignant d’une nouvelle accélération du nombre des décès après plusieurs jours de ralentissement.
À titre de comparaison, le bilan des morts sur 24 heures s’établissait à 242 personnes décédées dimanche, et 369 samedi, dont 90 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux.
Rassurant côté réanimation
En revanche, et c’est cette fois rassurant, le nombre de patients Covid-19 en réanimation (4 608) diminue de 74 malades. La courbe ne s’inverse donc pas et reste orienté à la baisse.
La Direction générale de la Santé (DGS) rappelle par ailleurs que, depuis le début de l’épidémie, 88 712 personnes ont été hospitalisées dont 45 513 sont rentrées chez elle, « sans compter les dizaines de milliers de personnes guéries en ville ».
En Nouvelle-Aquitaine, 16 nouveaux cas ont été confirmés dans les dernières 24 heures par Santé publique France, ce qui porte le total à 4 553 depuis le début de l’épidémie.
721 personnes sont actuellement hospitalisées, soit + 11 en 24 heures. 128 personnes sont actuellement en réanimation ou en soins intensifs, en baisse de 6 patients par rapport à la veille. 1 302 personnes sont sorties guéries de l’hôpital depuis le début de l’épidémie, soit 18 de plus par rapport à la veille.·
Depuis le début de l’épidémie, on déplore 301 décès parmi les personnes hospitalisées (+ 7 par rapport à la veille), et 105 décès en Ehpad.
Sud-Ouest du 28 avril 2020
Déconfinement : un plan déjà plombé ?
POLITIQUE Les députés examinent cet après-midi, sans débat, les grandes orientations du déconfinement présentées par Édouard Philippe : rentrée scolaire, télétravail, port du masque…
Selon les grandes lignes avancées par le ministre de l’Éducation nationale, la réouverture des écoles sera étalée sur trois semaines à partir du 11mai. PHOTO ARCHIVES LIONEL BONAVENTURE/AFP
"Alors que les pays européens s’avancent en ordre dispersé vers le déconfinement (certains ont déjà rouvert les portes des commerces, d’autres comme l’Italie attendront septembre pour la rentrée scolaire, lire ci-dessous), c’est cet après-midi, et malgré le tollé que cela suscite (lire ci-contre), que sera soumis au vote des députés le plan de sortie concocté par l’exécutif.
1 Le retour à l’école le 11 mai reste le principal casse-tête"...
2 Port du masque: obligatoire ou seulement recommandé?"...
3 Toujours du télétravail mais aussi plus de chômeurs"...
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Sud-Ouest du 28 avril 2020
Pendant ce temps, l’Italie se réveille peu à peu
ÉPIDÉMIE Le pays le plus endeuillé d’Europe a débuté, hier, un déconfinement au mode opératoire partiel et très prudent
Pays le plus endeuillé d’Europe avec près de 27 000 décès imputés au coronavirus, l’Italie entrevoit le bout du tunnel sanitaire. Dimanche soir, passés cinquante jours à huis clos, les Italiens auront ainsi attentivement écouté leur président du conseil brosser les grandes lignes d’un déconfinement prudent. Baptisé «phase 2 », un exemple à suivre – ou pas – pour le gouvernement français que l’on devine aux aguets des décisions transalpines.
L’automobile et la mode
Pas de jour J précisément daté, mais un retour progressif à un semblant de normale. Dès hier, certains chantiers publics comme quelques secteurs d’exportations jugés stratégiques – automobile et mode en tête – ont été massivement relancés. Façon, prévient le Premier ministre Giuseppe Conte, d’éviter des dégâts «irréversibles » sur l’économie. Plus anecdotique, sauf pour les familles concernées, les magasins de vêtements pour enfants ont, eux aussi, été autorisés à rouvrir. Un client à la fois dans les boutiques de moins de 40 mètres carrés, pas plus de deux pour 80 mètres carrés, et ainsi de suite. L’ensemble du secteur manufacturier, du BTP et du commerce de gros suivra lundi prochain, tandis que les commerces de détail, les musées et les bibliothèques devront patienter deux semaines supplémentaires. Le 1er juin, enfin, ce devrait être le tour des bars et restaurants, ainsi que des activités jugées «à risque » comme les coiffeurs, alors même que les crèches et les écoles resteront fermées jusqu’en septembre.
On ne quitte pas sa région
Loin de la grande libération espérée par certains, le déconfinement à l’italienne se fera d’ailleurs à géométrie et géographie variable. Tandis que le mode opératoire français écarte toute différenciation régionale, Giuseppe Conte envisage notamment d’adapter son plan à l’évolution locale de l’épidémie. «Nous n’accepterons pas que la situation échappe à notre contrôle », insiste-t-il en brandissant sans la nommer la menace d’un nouveau confinement. Si les déplacements hors de sa région de résidence resteront conditionnés à des urgences médicales ou professionnelles, les parcs et les jardins pourront cependant rouvrir dès le 4 mai, à la condition formelle d’éviter le moindre attroupement.
« Vivre avec » le virus plutôt que d’imaginer être tiré d’affaire, telle est en d’autres termes la tactique forcément pragmatique des autorités italiennes. « Si tu aimes l’Italie, alors garde tes distances », avait d’emblée prévenu le président du conseil. Comme en France, faute de remède miracle, le port du masque sera donc la seule panacée prescrite. D’ici à la semaine prochaine, toutes les pharmacies de la Botte devront en proposer à 50 centimes d’euros seulement.








