Coronavirus
Sud-Ouest du 15 avril 2020
Le cap des 100 000 cas confirmés a été franchi
BILAN Et pour la sixième journée de suite, les sorties de réanimation ont été supérieures aux admissions
Le cap des 100 000 cas d’infection au Covid-19 a donc été franchi hier, a annoncé Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, lors de son point presse quotidien, de retour devant les micros au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron.
Ce sont en effet 103 579 cas qui ont été recensés et confirmés en France depuis le début de l’épidémie. Au total, 71 903 personnes ont été hospitalisées, dans 1206 établissements différents.
Négatif pour le sixième jour
Il faut surtout déplorer le décès de 15 729 malades depuis début mars, dont 10 129 en milieu hospitalier, 5 470 dans les Ehpad et les autres dans les établissements médico-sociaux, a précisé Jérôme Salomon.
Ce bilan correspond à 762 décès supplémentaires par rapport au décompte de lundi soir. C’est le plus important bilan quotidien depuis que les statistiques sont égrainées chaque soir. Le précédent pic datait du 6 avril, avec 605 décès enregistrés.
La nouvelle a de quoi assombrir le pays mais, selon qu’on préfère le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein, on pourra à l’inverse se réjouir que, pour la sixième journée consécutive, le solde des admissions en réanimation soit de 91 cas en faveur des sorties plutôt que des entrées. Hier soir, 6730 personnes se trouvaient encore en réanimation, dans un état grave.
Fidèle à sa réputation de calmer les ardeurs trop optimistes, le directeur général de la Santé a reconnu que la France avait atteint « un plateau », terme désormais utilisé plutôt que « pic ». « Ce résultat encourageant est dû aux efforts effectués dans le confinement mais il ne faut pas relâcher» a-t-il précisé.
« La baisse des besoins de réanimation se confirme même si le chiffre reste élevé », a-t-il prévenu.
81 ans de moyenne d’âge
« En plus des décès survenus à l’hôpital ou en institutions, il y a aussi ceux qui surviennent en ville, à domicile, et tous ces décès font l’objet d’une surveillance par l’Insee qu’on appelle la mortalité toutes causes » a ajouté le numéro 2 du ministère de la Santé. 1 549 passages aux urgences ont été enregistrés. 41% des personnes ont été hospitalisées dont 4% en réanimation.
D’après une première analyse des certificats de décès, portant sur 6 000 documents, la moyenne d’âge des personnes décédées est de 81 ans. « 68% d’entre elles présentaient des pathologies de type cardiaque ou neurodégénérative, ainsi que des diabètes, des cancers et de l’hypertension», a précisé Jérôme Salomon.
En Nouvelle-Aquitaine, 63 nouveaux cas ont été recensés lundi soir, ce qui porte le total à 3 419 cas depuis le début de l’épidémie. 866 personnes sont actuellement hospitalisées, autant que le nombre de personnes sorties guéries de l’hôpital. On déplore 207 décès, soit un de plus que la veille.
Si le Covid-19 accapare l’attention en milieu hospitalier, le directeur général de la Santé a tenu à rappeler que le personnel soignant continuait de s’occuper avec la même vigilance des autres malades, chroniques ou accidentels (infarctus ou AVC). De même, a-t-il complété, les greffes de tissus ou d’organes sont toujours pratiquées.
Sur un plan très pratique, Jérôme Salomon a enfin rappelé que les masques ou les gants utilisés devaient être placés dans un double sac plastique et stockés chez soi pendant 24 heures avant d’être jetés à la poubelle.
Sud-Ouest du 15 avril 2020
Le virus les a assommés, ils se sont relevés
CORONAVIRUS Infectés par le Covid-19, quatre personnes témoignent de leur combat, de leurs peurs et de leur guérison
Au-delà de la toux et de la gêne respiratoire, les victimes du Covid-19 font état d’une immense fatigue et d’une angoisse quotidienne, notamment lors de leur hospitalisation. ILLUSTRATION AFP
"Ils sont guéris. Ou du moins tentent de reprendre une vie normale. Le Covid-19 ? Deux d’entre eux, tests à l’appui, l’ont contracté. Les deux autres n’ont pas été testés mais ont subi certains des symptômes. Aucun n’a eu à séjourner en service de réanimation même si Frédéric a passé cinq jours hospitalisé. Tous les quatre racontent à leur manière comment ce virus s’est immiscé dans leur lit et dans leur chair. Comment le virus a ébranlé leurs certitudes. Comment cette menace invisible a fait suer et trembler leur corps. Comment ils respirent aujourd’hui, quand d’autres ne peuvent plus y prétendre."...
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Sud-Ouest du 15 avril 2020
« Les gestes barrières à la récré ? Compliqué »
ÉDUCATION La réouverture progressive des écoles, collèges, lycées, dès le 11 mai, inquiète parents et enseignants. Le quotidien en classe ou à la cantine leur paraît peu propice à la prudence sanitaire
Les enseignants, inquiets, souhaitent être équipés en masques de protection. Comme le sont actuellement ceux qui accueillent les enfants des personnels soignants. PHOTO « LA VOIX DU NORD »/ PQR
"Au collège Dupaty, à Blanquefort, en Gironde, la vie ne s’est pas tout à fait arrêtée. L’établissement est fermé depuis le 16 mars, mais sur place, tous les jours, une petite équipe assure une présence administrative, autour du principal, Nicolas Bonnet. Quelques professeurs viennent travailler. Et deux jours par semaine, le fils d’une aide-soignante est accueilli et pris en charge par un enseignant.
«On a encore quelques réserves de gel hydroalcoolique, et un stock de masques, une centaine environ », précise Nicolas Bonnet. Ce mardi matin, le principal se dit plutôt « heureux » de l’annonce faite la veille par le président de la République. «Que la réouverture progressive des écoles, collèges, lycées soit envisagée, et qu’une date soit fixée, le 11 mai, pour le début de ce processus, je trouve ça positif. Ça donne une perspective. Nous avons un mois pour nous organiser», explique le chef d’établissement. Prêt à relever le défi, mais conscient que l’opération s’annonce « complexe ». Une rentrée des classes d’un genre inédit. « Nous avons prévu une désinfection complète des locaux, du 4 au 7 mai, avec du virucide. Il faut aussi remettre en service la cantine, passer et échelonner les commandes. Nous y travaillons.»"...
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Sud-Ouest du 15 avril 2020
Un front uni protège les Ehpad
MÉTROPOLE Un dispositif collectif se met en place, destiné à protéger les résidents des Ehpad de l’agglomération
Hier, à Bègles, le professeur Cazanave et une partie de son équipe d’internes. PHOTO LAURENT THEILLET/« SUD OUEST »
"Une dame dehors, indifférente au tam-tam du jour, pousse un déambulateur à tout petits pas. L’Ehpad Bon Secours de Bègles compte une vingtaine de personnes testées positives au coronavirus. Des résidents isolés du reste de l’établissement, dans une aile. Cet après-midi, tout le monde sera testé, histoire de cerner l’épidémie et de contenir la contagion. Ce mardi, donc, l’équipe mobile du CHU, menée par le professeur Charles Cazanave, infectiologue, avec son groupe d’internes, ses spécialistes en hygiène hospitalière et ses gériatres, a garé les ambulances. Ils sont masqués, casqués (visière en plastiglas) tels des astronautes en mission sur Mars. Leur mission? Protéger le site."...
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Sud-Ouest du 15 avril 2020
Fausse alerte à la maison de retraite de Lacanau
MÉDOC Après une admission à la clinique d’Arès, un résident a été testé positif au Covid-19, un résultat invalidé par un second test. Une grosse frayeur
Laurent Peyrondet, le maire Modem de Lacanau, n’en revient toujours pas. La maison de retraite gérée par le centre communal d’action sociale (CCAS), qui compte une quarantaine de résidents, vient de se faire une belle frayeur. Un résident, octogénaire, testé Covid-19 positif mais guéri, a finalement vu son deuxième test revenir négatif. Et un scanner de ses poumons montrer qu’il n’avait pas été touché par le virus. Dans le détail, voilà le déroulement des faits.
Hospitalisé dans une clinique Il y a trois semaines, le résident en question est hospitalisé à la clinique d’Arès pour une pathologie qui n’a rien à voir avec le Covid-19. Quelques jours après son retour à la maison de retraite, il repart dans le même établissement de santé pour un problème cardiaque. Lors de cette deuxième admission, l’équipe médicale décide alors de le tester.
Le patient est positif au Covid-19 mais guéri. L’information est tout de suite transmise à la maison de retraite afin de prendre les mesures qui s’imposent.
Dans la foulée, un deuxième test est effectué sur ce patient. Cette fois, le retour du test est négatif. C’est alors qu’un examen de ses poumons confirme que l’octogénaire n’a pas été touché par le virus. «Après avoir testé la moitié du personnel travaillant dans la maison de retraite, notre médecin référent nous a demandé d’arrêter. Chez nous, tous les résidents vont bien. Ils sont confinés dans leur chambre. Toutes les mesures ont été prises pour qu’ils soient protégés. Ce qui m’inquiète davantage, c’est, au moment du déconfinement, la valeur réelle, la fiabilité de ces tests de dépistage», lance le maire de Lacanau.
Même mésaventure à Arcachon
Du côté de la clinique d’Arès, la direction évoque le cas d’un autre résident de la maison de retraite de la clinique transféré Covid-19 positif à l’hôpital d’Arcachon et revenu deux jours plus tard avec un test négatif!
Enfin, toujours à la clinique d’Arès, la direction constate que le service des urgences connaît une baisse d’activité significative par rapport à l’année dernière à la même période et que l’unité Covid-19 mise en place ne reçoit que très peu de patients avec des symptômes suspects. Une situation identique rencontrée tout au nord, côté Médoc, à la clinique mutualiste de Lesparre, où la vague attendue n’est pas arrivée.
Sud-Ouest du 15 avril 2020
«Entre santé et respect des libertés, l’équilibre est fragile»
CONSEIL D’ÉTAT Bruno Lasserre et ses juges sont chaque jour davantage sollicités pour trancher entre lutte contre le coronavirus et libertés fondamentales
"Originaire de Bordeaux, Bruno Lasserre assume, depuis 2018, la conduite de la plus haute juridiction administrative du pays. En tant que vice-président… le Conseil d’État n’ayant, en effet, pas de président pour des raisons historiques"...
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