Coronavirus
Sud-Ouest du 14 avril 2020
La décrue se poursuit dans les services de réanimation
BILAN Cette baisse est enregistrée pour le cinquième jour consécutif. Un signe encourageant
Pas de point presse du directeur de la Santé, Jérôme Salomon, hier soir, en raison de l’allocution officielle d’Emmanuel Macron à 20 heures. Le ministère de la Santé a néanmoins publié en fin de journée son bilan quotidien.
98 076 cas sont recensés depuis le début de l’épidémie, soit 2 673 cas confirmés de plus que dimanche et 32 113 personnes sont hospitalisées pour infection au Covid-19, soit 287 de plus en 24 heures en tenant compte des sorties. 6 821 patients dans un état grave nécessitent des soins en réanimation.
14 967 décès, 27 718 guéris
Au cours des dernières 24 heures, 227 nouveaux malades du Covid-19 ont été admis en réanimation. Le solde des admissions dans ces services, qui représente le nombre total de patients à prendre en charge en plus chaque jour, est pour le cinquième jour consécutif négatif de 24 patients.
À l’hôpital, 9 588 décès sont à déplorer depuis le 1er mars. Dans les établissements sociaux et médico-sociaux et sur la même période, elle s’élève à 5 379 décès liés au Covid-19. Au total, 14 967 décès sont ainsi à déplorer depuis le début de l’épidémie.
Enfin, depuis le début de l’épidémie, plus de 27 718 personnes sont sorties guéries de l’hôpital. Il faut y ajouter les dizaines de milliers de personnes guéries en ville.
Dans la région, le virus progresse
En Nouvelle-Aquitaine, l’épidémie poursuit sa progression avec 55 nouveaux cas confirmés recensés par Santé publique France le 12 avril, ce qui porte le total à 3 356 cas confirmés dans la région depuis le début de l’épidémie.
857 personnes sont actuellement hospitalisées (+ 25 par rapport à la veille). 259 personnes sont actuellement en réanimation ou en soins intensifs (+2 par rapport à la veille). 828 personnes sont sorties guéries de l’hôpital depuis le début de l’épidémie (+ 13 par rapport à la veille).
Le Covid-19 a causé la mort de 194 personnes hospitalisées (+ 4 par rapport à la veille).
Hier à 9 heures, 241 Ehpad (+4 établissements par rapport à la veille) sur les 898 de NouvelleAquitaine (soit 26,8 %) ont déclaré un ou plusieurs cas possibles ou confirmés de coronavirus parmi des résidents ou le personnel.
Parmi ces signalements, 791 résidents ont été comptabilisés confirmés ou cas possibles (+ 14 par rapport à la veille).
Parmi ces cas possibles ou confirmés, 59 sont décédés au sein des établissements (+ 3 par rapport à la veille), et 33 sont décédés à l’hôpital (pas de nouveau décès par rapport à la veille).
Sud-Ouest du 14 avril 2020
Le début du déconfinement prévu le 11 mai
CORONAVIRUS Hier soir, si Emmanuel Macron a annoncé le prolongement du confinement pour quatre semaines de plus, il a surtout dévoilé le scénario de l’après
« Nous avons encore plusieurs mois à vivre avec ce virus », a prévenu Emmanuel Macron, lors de son allocution, hier soir. PHOTO LAURENT THEILLET/ « SUD OUEST »
Nous savions, depuis la semaine dernière, que le confinement serait prolongé au-delà du 15 avril. Que ces quatre premières semaines ne seraient qu’une étape. Ces derniers jours, Édouard Philippe ne cessait de le répéter, non sans raison: le retour à la normale n’est pas pour demain. Ce matin, alors que nous entamons le vingt-neuvième jour de notre nouvelle vie sous cloche, la mise en garde du Premier ministre prend toute sa dimension. Hier soir, en effet, après avoir laissé les soignants être applaudis une fois encore, Emmanuel Macron a reculé notre horizon immédiat de... quatre semaines supplémentaires. Réajustant même à la hausse les recommandations du Conseil scientifique qui l’épaule désormais. Rappelez-vous, le 24 mars, cet aréopage d’experts avait préconisé «six semaines minimum». Emmanuel Macron en a donc rajouté deux. En clair, alors que nous venons d’en finir avec notre premier mois de confinement, il nous en reste encore un à vivre. À endurer. Mais avec une nuance de taille : comme le chef de l’État l’a annoncé, le début de la fin commencera – sauf retournement de situation – le lundi 11 mai.
Les premiers résultats
Si jusque-là, il ne s’était pas risqué à avancer une date de sortie de crise, hier soir, il a donc levé le voile sur ce qui constituait l’une des inconnues majuscules de cette épreuve sans précédent. Et surtout déroulé le scénario de l’après. Une issue qui était loin d’être acquise tant cette projection dans l’avenir était devenue sensible et même polémique ces derniers jours. Pour en avoir parlé dès le 1er avril, Édouard Philippe n’a-t-il pas essuyé de sévères critiques ? Et, plus ennuyeux encore, pris le risque de provoquer le relâchement d’une partie de la population ?
Or si, hier soir, le locataire de l’Élysée, s’est aventuré aussi ouvertement sur ce terrain piégeux, c’est d’abord parce que le confinement commence à produire ses premiers résultats. C’est un fait : la propagation du Covid-19 est en train de ralentir. Hier, pour le cinquième jour consécutif, le nombre de patients en réanimation a baissé. Toutefois, Emmanuel Macron l’a rappelé : la situation reste fragile : « L’espoir renaît, mais rien n’est acquis. Dans le Grand Est, comme en Île-de-France, les services sont saturés. Nous devons poursuivre nos efforts et appliquer les règles.» Il l’a rappelé : l’idée n’est pas de les durcir davantage, mais bien de les faire respecter. Scrupuleusement. Emmanuel Macron a été clair : « Le lundi 11 mai ne sera possible que si nous savons être civiques, responsables ». Et ce d’autant plus que ces quatre semaines devront permettre aux soignants de «reconstituer leurs forces ». Et à l’hôpital de reprendre son souffle.
Les écoles et l’économie
Concrètement, si le chef de l’État n’a jamais prononcé le mot de déconfinement, le 11 mai marquera bien le début d’une levée « progressive » du confinement. Et des différents interdits. « Le 11 mai prochain sera donc le début d’une nouvelle étape », a-t-il souligné.
Deux grands mouvements seront alors initiés simultanément. En l’occurrence : la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées (lire par ailleurs), et la reprise de l’économie. À la condition, dans les deux cas, que les mesures de sécurité idoines soient prises. À la fois donc, pour les enseignants, les élèves et dans les entreprises.
Les personnes âgées en dernier
Un bémol cependant : les cafés, les restaurants, les cinémas et les salles de spectacle resteront, eux, fermés jusqu’à nouvel ordre. Étant entendu que les gestes barrières ne seront pas levés et que le principe de distanciation sociale restera de mise. Par ailleurs, les grands festivals d’été prévus jusqu’à mi-juillet ne pourront pas avoir lieu. Pour ceux prévus après, tout dépendra de l’évolution de la pandémie.
Autre restriction importante : le 11 mai, les personnes âgées et les plus fragiles seront invitées à rester encore chez elles. Emmanuel Macron l’a reconnu : «Une très faible minorité de Français a contracté le virus. On est loin de l’immunité collective.» Et encore plus loin d’avoir un vaccin dont la mise au point devrait demander plusieurs mois de recherches.
Masques,tests, «tracking»
Toutefois, si le chef de l’État a pu être aussi précis sur le début du déconfinement, c’est aussi parce que la pénurie de masques et de tests, qui nous a conduits au confinement – révélant toutes nos faiblesses –, devrait commencer à se résorber. Les quatre prochaines semaines serviront aussi à combler ces vides. Emmanuel Macron s’y est engagé : dès le 11 mai, «Nous serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes ». Et ce afin de pouvoir les placer en quarantaine. Et éviter de nouvelles contagions. Il a également demandé au gouvernement d’ouvrir le débat du «tracking», cette technologie capable de suivre à distance, grâce aux téléphones portables, les malades du Covid-19.
Enfin, dès le 11 mai, l’État devra être en capacité de fournir à chacun un « masque grand public ». Notamment pour les professions les plus exposées. Sachant que cet usage ne disparaîtra pas de sitôt de notre vie quotidienne. Le chef de l’État l’a souligné : le port du masque pourra « devenir systématique dans les transports en commun».
Le 11 mai ne signifiera donc en aucun cas le retour à notre vie d’avant. «Nous avons encore plusieurs mois à vivre avec ce virus », a-t-il insisté.
En attendant, et preuve que rien n’est terminé, il a demandé aux hôpitaux et aux Ehpad de s’organiser pour permettre aux familles de venir dire adieu aux mourants.
Sud-Ouest du 14 avril 2020
Un mois pour être opérationnel
DECONFINEMENT Le 11 mai, les personnes âgées et fragiles devront rester confinées. Et seuls ceux ayant des symptômes pourront se faire tester
Le sanitaire a prévalu sur l’économie. Le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai annoncé hier soir par Emmanuel Macron répond aux trois conditions fixées par le Conseil scientifique qui assiste le gouvernement: désengorgement des services de réanimation, réduction significative du nombre des nouvelles contaminations et déploiement intensif des matériels de dépistage. Même si des signes tangibles d’amélioration apparaissent, aucun de ces objectifs n’est à ce jour atteint.
La peur de la deuxième vague
Une étude relative à la région Île-de-France publiée ce week-end par l’institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique éclaire les dangers d’un relâchement prématuré des mesures de confinement. Selon ces travaux, révélés par « Le Monde », baisser la garde aujourd’hui, c’est prendre le risque de déclencher une seconde vague qui submergerait le système hospitalier en l’absence d’immunité de groupe.
Les chercheurs de ce laboratoire affilié à l’Inserm partent de deux hypothèses peu contestées par la communauté scientifique : avant confinement, une personne porteuse du virus en contaminait en moyenne trois autres. Et ce n’est qu’à partir 60% de personnes infectées au sein d’une population donnée que l’épidémie reflue. En compilant les chiffres disponibles sur l’épidémie, les chercheurs estiment qu’entre 1 % et 6 % des habitants d’Île-de-France seulement ont été touchés par le Covid- 19, qu’ils développent ou non des symptômes.
Au regard de ce contexte, déconfiner sans dépistage intensif, c’est s’exposer à une nouvelle flambée. L’institut Pierre Louis d’épidémiologie a fait tourner différents modèles mathématiques. Aujourd’hui un « cocktail» associant fermeture des écoles, arrêt de 50% des activités non essentielles, du télétravail pour la moitié de la population active et la mise en quarantaine des personnes âgées permettrait seulement de gagner entre 45 et 90 jours sur la survenue d’un nouveau pic.
Par classe d’âge
Plusieurs scénarios de sortie étaient avancés depuis quelques jours. Le déconfinement par région retenu par l’Académie de médecine est finalement abandonné, au profit d’un déconfinement par classe d’âge. Le 11 mai, même si tous les Français doivent être en mesure d’avoir accès à des masques, les seniors, les personnes souffrant de maladies chroniques ou handicapés devront encore respecter les règles de confinement.
Les modalités pratiques applicables au reste de la population restent à déterminer. Mais elles ne pourront être effectives que si la France parvient à déployer une logistique efficace et à mobiliser des capacités massives de diagnostic. «Les outils et moyens prévus à terme seront disponibles et fonctionnels bien avant l’échéance de la levée du confinement», assurait il y a quelques jours le Conseil scientifique dans son dernier avis.
Le défi des tests
Sur le terrain, cet optimisme qui n’est pas toujours perceptible. Les difficultés d’approvisionnement, le manque de masques des techniciens des laboratoires, et certaines pesanteurs administratives, freinent la montée en puissance des tests biologiques PCR réalisés via un coton tige enfoncé dans le nez. Pour l’instant, même si leur nombre augmente, on est loin des 50000 tests par jour promis pour la fin avril par le ministre de la Santé Olivier Véran.
Prudent, Emmanuel Macron s’est engagé à ce que tout Français qui présente des symptômes puisse être testé à partir du 11 mai. Les tests biologiques PCR, pratiqués en ce moment, ne réagissent que si la personne est déja malade. Seuls les tests sanguins dits «sérologiques», actuellement en cours d’évaluation, identifient les anticorps générés par l’organisme pour se défendre chez les sujets atteints par le Covid 19, mais n’ayant pas eu de symptômes.
Généralisés, ils permettrait d’avoir une idée plus précise du pourcentage de la population qui a été touché par le germe. De quoi faciliter ensuite le passage à une immunité de groupe dans l’attente d’un vaccin, seule solution pour éloigner la présence invisible de ce virus dont les Français ne se débarrasseront pas avant de longs mois.
Europe 1 du 14 avril 2020
Des masques pour tous dans les transports le 11 mai... est-ce possible ?
À partir du 11 mai, chaque Français devrait pouvoir se procurer un masque "grand public" pour se protéger du covid-19, a annoncé Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée lundi soir. Mais pourra-t-on en produire assez ? Des entreprises textiles se mobilisent.
Chaque Français devra disposer d'un "masque grand public" à partir du 11 mai, nouvelle date de déconfinement, a affirmé lundi soir Emmanuel Macron lors de son allocution télévisée. Leur usage pourrait devenir systématique dans certaines situations comme les transports en commun, ou pour certains travailleurs exposés. Mais y en aura-t-il assez ? Et combien peut-on en fabriquer en France ? Des entreprises textiles françaises s'organisent.
Des masques en tissu lavables 20 fois
Pour répondre à la demande, 90 usines textiles françaises ont commencé à produire des masques en tissu, un peu partout en France, depuis 15 jours, un mois pour certaines. La population active représente environ 25 millions de personnes, et à raison de deux masques par jour, il en faudrait donc 50 millions chaque jour. Mais avec des masques en tissu lavables 20 fois, le gouvernement estime qu'il en faudra 20 fois moins, ce qui devient un objectif tenable selon les patrons de ces usines.
"On tisse des structures tubulaires qui permettent d'avoir trois couches, deux périphériques qui ressemblent à du tissu normal et à l'intérieur une couche qui constitue une filtration", détaille Eric Boel, à la tête des tissages de Charlieu, dans la Loire, désormais le plus plus gros producteur, avec un prototype original qui permet un gros rendement. "Parce que nous avons une matière spécifique, du polyester, avec des fibres très entremêlées les unes avec les autres et qui nous confère des niveaux de filtration très intéressants."
"On s'est appuyés sur l'expertise sanitaire des pompiers"
Le groupe Eminence, qui d'ordinaire produit des sous-vêtements pour hommes, a lui aussi repositionné son activité. L'allocution d'Emmanuel Macron est un "encouragement pour l'ensemble de nos salariés qui ont fait preuve de courage et de sérénité pour répondre à l'urgence sanitaire", estime Dominique Seau, président du groupe Éminence."On a commencé à faire des masques avec des matières qu'on utilisait pour faire des pyjamas ou des sous-vêtements, et on s'est appuyés sur l'expertise sanitaire des pompiers de l’Hérault qui nous ont conseillé pour le choix des formes. Ils ont validé les prototypes et nous les avons ensuite fait tester par le laboratoire de la direction générale de l'armement", ajoute-t-il.
Le groupe Eminence a déjà un million de masques en commande et devrait doubler ou tripler sa production, jusqu'alors d'environ 50.000 masques par semaine, d'ici la fin du mois.
Le masque "grand public" promis par le président sera lavable à 60 degrés et vendu livré entre 85 centimes et 1,20 euro hors taxe aux entreprises qui continuent leur activité pendant la crise.
























