Coronavirus en Nouvelle-Aquitaine
Sud-Ouest du 13 avril 2020
Âge, sexe, facteurs de risque : ce que l’on sait des personnes atteintes du coronavirus en Nouvelle-Aquitaine
Analyse statistique des personnes atteintes par le covid-19 © Crédit photo : SO
INFOGRAPHIES – On connaît mieux le profil des patients les plus durement touchés à mesure que l’épidémie progresse. Etat des lieux des dernières données diffusées par SOS-Médecins et les hôpitaux en Nouvelle-Aquitaine.
Près de trois mois que le premier cas de Covid-19 a été confirmé en Nouvelle-Aquitaine – c’était le 24 janvier dernier. En trois mois, près de 900 personnes auront bientôt été hospitalisées dans les hôpitaux de la région et plus de 3 300 cas de Covid-19 confirmés… Une goutte d’eau à l’échelle de la France, notre région représentant seulement 3% des patients hospitalisés à la date du 7 avril, selon le dernier bulletin épidémiologique diffusé par Santé Publique France.
La Nouvelle-Aquitaine peut-elle échapper à une épidémie à grande échelle? Il est encore trop tôt pour l’affirmer, mais l’Agence Régionale de Santé observe avec intérêt que "certains indicateurs montrent une diminution de l’activité". Une tendance que dessinent les dernières statistiques du réseau SOS-Médecins : en Nouvelle-Aquitaine, les consultations pour suspicion de Covid-19 ont fortement chuté depuis le 31 mars.
En médecine de ville, une large part des consultations chez SOS-Médecins concernent un public âgé de 15 à 44 ans selon les données publiées dans la région. Des valeurs qui se confirment à l’échelon national où 53% des actes médicaux "ont été rapportés chez les 15–44 ans, 25% chez les 45–64 ans" selon Santé Publique France. Sans pour autant que ces publics se retrouvent parmi les cas les plus graves nécessitant une hospitalisation (lire plus bas).
Depuis le pic du 28 mars, les consultations chez SOS-Médecins en Nouvelle-Aquitaine sont désormais d'environ 80 par jour pour suspicion de Covid-19.
En Nouvelle-Aquitaine comme en France et à l’étranger, la meilleure "résistance" des femmes face au Covid-19 se vérifie dans les chiffres de l’Agence régionale de santé, sans que les scientifiques en connaissent la raison exacte à ce jour.
En milieu hospitalier, la légère baisse du nombre de patients en réanimation ou en soins intensifs ces derniers jours laisse poindre l’espoir. Santé Publique France préfère toutefois attendre encore avant de confirmer cette embellie, les statistiques quotidiennes étant régulièrement affectées par des retards de saisie informatiques lors des week-ends ou des jours fériés.
Mais les données cumulées depuis le début de l’épidémie en France confirment le poids de l’âge : les cas les plus graves que reçoivent les services de réanimation et de soins intensifs sont essentiellement constitués de personnes âgées. En France, l’âge moyen des cas est de 60 ans. En Nouvelle-Aquitaine, 63% des patients décédés au cours de leur hospitalisation avaient plus de 80 ans.
Outre l’âge, des facteurs de risque sont constatés chez deux tiers des patients, quatre "comorbidités" se démarquant particulièrement à ce jour, en Nouvelle-Aquitaine comme en France où "64% des certificats de décès renseignés par voie électronique" renseignaient une comorbidité. Sur l’ensemble des décès, "seuls 3% ne présentaient pas de comorbidité et étaient âgés de moins de 65 ans".




