Coronavirus
Sud-Ouest du 10 avril 2020
De l’espoir mais pas de victoire
BILAN DE L’ÉPIDÉMIE Signe encourageant : la courbe de progression atteint un plateau. Mais ledit « plateau » demeure très haut, selon le directeur général de la Santé
«En France, nous sommes dans une situation exceptionnelle qui s’inscrit dans la durée : le confinement, le respect des gestes barrières, la limitation des déplacements, des contacts et la distanciation sociale permettent de freiner la progression de l’épidémie », a lâché, hier, le Pr Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, lors de son point quotidien. Signe de cette tendance : pour la première fois, depuis le début de l’épidémie, le solde entre les entrées et les sorties en services de réanimation, hier, a été légèrement négatif: moins 82 patients. Pas de quoi respirer sans masque ni de quoi crier victoire. Car ce sont quand même 369 personnes qui ont été admises dans un état grave dans ces mêmes services, soit un total de 7066 patients quand la capacité initiale des hôpitaux français était de 5000 places. « Nous avons moins besoin de trouver de nouvelles places et de nouvelles machines pour ces malades en soins intensifs. Nous pouvons espérer que la courbe de l’épidémie est à un plateau. Mais ce plateau demeure encore très haut», a ajouté Jérôme Salomon.
Hier, 30767 personnes étaient hospitalisées dans 1114 établissements de santé, soit 3000 nouvelles entrées pour cette seule journée, et donc un solde positif de 392 personnes, par rapport à mercredi. Petite lueur d’espoir : sur les 62 641 patients admis à l’hôpital depuis le début de l’épidémie, 23200 sont sortis guéris (dont 2000 en 24 heures). Et ce nombre ne prend pas en compte l’importante majorité de malades qui n’ont pas fait de passage par l’hôpital et qui sont venus à bout du virus, chez eux.
Le bilan des Ehpad
En revanche, si on regarde le nombre total de décès actualisé, hier, il est à 12 210 sur le sol français. Le coup est violent, d’autant que mercredi ce chiffre officiel était de 10 869. Il faut relativiser la progression car elle comprend deux jours de décès dans les Ehpad. En effet, avant-hier, le directeur général de Santé n’avait pu, en raison d’un problème technique, avoir connaissance des bilans des établissements médico-sociaux et donc des établissements hébergeant des personnes âgées dépendantes. Au 9 avril, et depuis le 1er mars, on peut donc dire que la France a eu à regretter la mort liée au Covid-19 de 8044 personnes hospitalisées (soit +424 en 24 heures) et de 4166 en Ehpad.
Bien moins impactée que des régions comme le Grand-Est ou l’Ile-deFrance, la Nouvelle-Aquitaine compte depuis le début de l’épidémie 2 804 cas confirmés dont 141 nouveaux, hier, et 173 décès dont 8 de plus en 24heures. C’est d’ailleurs parce qu’elle est moins touchée qu’elle va accueillir aujourd’hui, deux TGV médicalisés transportant 48 patients d’Ile-de-France, avec pour l’un un terminus à Bordeaux, pour l’autre un terminus à Angoulême. Patients qui seront répartis dans différents établissements.
Sud-Ouest du 10 avril 2020
Un «couteau suisse» pour déconfiner
POLITIQUE Ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et de Xavier Bertrand, le Gersois Jean Castex pilotera la sortie du confinement
Emmanuel Macron pourrait dévoiler les axes du déconfinement lundi. PH. AFP
"Jean Castex a dû attendre quelques jours pour être reçu par Emmanuel Macron. La nomination de cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au poste de délégué interministériel chargé de piloter le déconfinement, est en effet un choix du Premier ministre. Castex va d’ailleurs s’installer à proximité de l’hôtel Matignon– il n’a toujours pas de bureau –, il a commencé à constituer son équipe, mais il refuse pour l’heure de communiquer. Trop tôt, beaucoup trop tôt.
Dans l’entourage d’Édouard Philippe, on reste échaudé par l’interprétation à laquelle ont donné lieu les propos du Premier ministre, le 1 er avril, devant la mission parlementaire, sur une possible stratégie de déconfinement « qui serait régionalisé, sujet à une politique de tests, en fonction, qui sait, de classes d’âge ». Laissant ainsi entendre que le confinement touchait à sa fin. « On ne parle pas de déconfinement, nous ne sommes pas encore au pic de l’épidémie», déclarait-on, en milieu de semaine, à Matignon."...
..."Seulement des pistes Bien malin qui pourrait dire aujourd’hui ce que va proposer Jean Castex dans quelques semaines, surtout avant qu’Emmanuel Macron n’en dise lui-même un peu plus dans son discours de lundi soir. Quelques pistes ont cependant été tracées par diverses autorités. Dans leurs derniers avis, rendu le 2 avril, les experts du Conseil scientifique estiment que «pour débuter un déconfinement, il faudrait que la situation sanitaire en France réponde à trois critères : que la situation dans les services de réanimation des hôpitaux soit «régulée», que le nombre de cas de Covid-19 diminue, et qu’un certain nombre de mesures de précaution (distanciation sociale...) soient maintenues ou instaurées (port obligatoire du masque, outils numériques...). «Le déconfinement ne se basera pas que sur un seul outil, comme le traçage numérique ou les tests, a averti Sibeth NDiaye, mais aussi sur un ralentissement de l’épidémie, la disponibilité des soignants. » « On prend du temps, ajoute la porte-parole du gouvernement, car on regarde aussi les résultats obtenus dans d’autres pays. Or on voit que les Chinois redoutent une seconde vague.»
Il est donc à craindre que le «couteau suisse» bénéficie d’un délai assez long pour se déployer..."...
2020_04_10_SO_Un_couteau_suisse_pour_déconfiner














