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22 mars 2020

Coronavirus

Il est aberrant que les sapeurs-pompiers ne soient pas classés comme des professionnels prioritaires sachant que ce sont eux qui interviennent le plus souvent, en particulier en milieu rural. Lorsqu'ils seront tous confinés chez eux, qui prendra en charge les malades ?

Sud-Ouest du 21 mars 2020

2020 03 21 SO Cri d'alarme d'un pompier

Les pompiers s’inquiètent 

MASQUES Des pompiers dénoncent un rationnement de ces équipements malgré le contexte épidémique de Covid-19

2020 03 21 SO Les pompiers masques

Son message sur Facebook a été partagé plus de 4 000 fois. Laurent, pompier à Bordeaux, l’a écrit mardi, en sortant de «la garde la plus morose en vingt-six ans de carrière ». Il y lance un cri d’alarme sur le nombre de masques de protection dont disposent les pompiers pour exercer leur métier, secourir des personnes, en cette période de crise sanitaire. Il adresse une supplique à l’État pour que sa profession soit inscrite sur la liste des personnels prioritaires, aux côtés des professionnels de santé, pour les dotations en masques. À ce jour, les pompiers n’y figurent pas, alors qu’ils peuvent se retrouver à transporter des malades vers les hôpitaux. 

En contact avec un cas avéré 

«Nous sommes pleins de bonne volonté et prêts à assurer le service public pour lequel nous nous sommes engagés. Mais pas à n’importe quel prix. Nous ne demandons pas la lune, juste à être dotés de masques en quantité importante pour assurer nos missions, pour se protéger nous, nos collègues dans les casernes (qui va monter dans les camions quand nous serons contaminés ?), nos familles et nos potentielles victimes», écrit Laurent. Le lendemain de ce message, il a été mis en quatorzaine chez lui : une vilaine toux le secouait depuis quelques jours. «Je n’ai pas d’autres symptômes pour l’instant, mais comme j’ai été en contact avec un cas avéré de Covid-19 sur un secours, quelques jours plus tôt, j’ai été arrêté par précaution», explique-t-il, entre deux quintes. 

Le 11 mars, Laurent et des collègues sont intervenus chez une personne âgée qui était tombée dans son appartement, à Bordeaux. La victime, un homme de 87 ans, ne présentait aucun symptôme du coronavirus. Le message ordonnant l’intervention n’y faisait aucune référence. Les secouristes l’ont donc pris en charge sans matériel spécifique de protection. Transporté à l’hôpital, l’octogénaire, qui souffrait d’une pneumopathie chronique, a été testé positif au Covid-19, le 14 mars. Il est décédé le lendemain. Le soir même, l’Agence régionale de santé (ARS) l’annonçait dans son bilan quotidien : il s’agissait du premier mort en Gironde lié au coronavirus. 

«Des interventions liées au coronavirus, nous en avons de plus en plus. Pour celles où le risque a été identifié par le “15” qui nous envoie sur place, on part en ambulance avec un kit dans lequel on a des masques, charlottes, blouses. Le souci, ce sont les secours à personne habituels, qui n’ont pas été identifiés comme risqués parce que la victime, par exemple, ne présente pas de symptômes ou parce qu’ils n’ont pas été repérés. Et là, on intervient sans masque car il n’y en a pas assez. Dans un contexte épidémique comme celui qu’on connaît, c’est une aberration», souligne un autre pompier girondin. 

«Au compte-gouttes» 

« Les masques sont distribués au compte-gouttes», confirme Guillaume Millet, représentant CFDT au Service départemental d’incendie et de secours de la Gironde. « Aujourd’hui, le Sdis paye le manque d’anticipation du gouvernement. Si l’État avait dit, il y a quelques mois, «attention, prévoyez des stocks supplémentaires», on ne connaîtrait pas ce problème. Et maintenant, on refuse de nous inscrire sur la liste des personnels prioritaires », poursuit le syndicaliste. «Nous tournons sur le stock constitué par le Sdis avant l’épidémie. Si on allait vers une politique de protection totale, sur toutes les interventions, il nous permettrait de tenir une semaine», ajoute Jacques Noaille, de l’Unsa-Sdis. 

Raison pour laquelle un protocole d’usage des masques a dû être mis en place par le Sdis. Les équipements de protection ne sont sortis en intervention qu’une fois réalisée une évaluation du risque. Une manière d’économiser et de faire durer le stock. Selon le Département, ce protocole doit permettre de tenir un mois. 

Interpellé sur ce rationnement par un pompier sur les réseaux sociaux, le président du Conseil départemental et du conseil d’administration du Sdis de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, dit partager son cri d’alarme. L’élu a écrit à la préfète sur le sujet, mercredi. «C’est objectivement une aberration que les pompiers ne soient pas sur la liste des professions prioritaires», insiste-t-on au Département. 

L’État entend-il revoir ce point? Interrogée hier sur cette problématique, la préfète Fabienne Buccio répondait que les pompiers «ne sont pas, pour l’instant, dans l’œil du cyclone». «Le Sdis de la Gironde a passé une commande avant le Covid-19. Si les pompiers consomment comme il faut leur dotation, ils ont un mois et demi devant eux. Il faut que les masques soient utilisés avec discernement», a-t-elle insisté. Pas sûr que cela suffise à calmer les inquiétudes.

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