Coronavirus
Franceinfo du 23 février 2020
Coronavirus Covid-19 : la France se prépare à une possible "épidémie", selon le ministre de la Santé
Dans un entretien au "Parisien", Olivier Véran estime qu'il est "très probable" que de nouveaux cas soient découverts dans l'Hexagone. Il souhaite donc que "nous soyons pleinement opérationnels" si l'épidémie atteint la France.
Le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse sur le Coronavirus Covid-19 à Paris, le 18 février 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)
La France se prépare à une épidémie de Coronavirus Covid-19. C'est ce qu'a déclaré le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran dans une interview au Parisien publiée samedi 22 février. Interrogé sur la possibilité de nouveaux cas sur le sol français, le successeur d'Agnès Buzyn estime ce sénario "très probable".
"Une épidémie ? Nous nous y préparons", explique le ministre au quotidien francilien, évoquant notamment l'augmentation du "nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d'analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd'hui".
Bien sûr que c'est sérieux, et nous nous mettons en situation. Si l'épidémie atteint l'Europe, je veux que nous soyons pleinement opérationnels Olivier Vérandans "Le Parisien"
"Nous poursuivons également l'équipement en masques", poursuit le ministre. Et de préciser qu'il a "réuni mardi une soixantaine de décideurs en matière de santé car le partage d'informations et le retour d'expérience sont essentiels".
Pas de cas parmi les derniers rapatriés
Le ministre de Santé souligne toutefois qu'il "ne reste plus qu'un seul malade en France, hospitalisé à Lyon. Son état de santé n'est pas préoccupant". A propos du dernier groupe de 28 Français rapatriés de Chine vendredi et placés en quarantaine dans le Calvados, il affirme qu'"à ce stade, rien n'indique que l'un d'eux est infecté".
Deux personnes sont mortes en Italie, pays d'Europe où le bilan est le plus lourd. Dans le nord du pays, environ 52 000 personnes se sont réveillées dimanche dans des zones où "ni l'entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière", comme l'a annoncé le Premier ministre Giuseppe Conte.
Sud-Ouest du 23 février 2020
Coronavirus : situation de crise en Italie avec 79 cas, 2 morts et 11 villes en quarantaine
Le foyer principal se trouve autour de Codogno, à 60 km de Milan. © Crédit photo : MIGUEL MEDINA AFP
Le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé le placement en quarantaine des principaux foyers de l’épidémie de Coronavirus qui sévit en Italie. Toute entrée ou sortie de la zone est interdite, l’armée pourrait être appelée en renfort.
Le gouvernement italien a annoncé samedi la mise en isolement d’au moins 11 villes, principalement en Lombardie (nord), après la découverte de près de 80 cas de nouveau coronavirus et deux décès entre vendredi et samedi.
"Dans les zones considérées comme des foyers, ni l’entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière", a déclaré devant la presse le Premier ministre italien Giuseppe Conte, prévenant qu’il pourrait recourir à l’armée et à toutes les forces de l’ordre nécessaires pour surveiller les points de contrôle. Le décret-loi pris samedi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu’à trois mois de réclusion pour les contrevenants. Cette mesure concerne environ 52 000 personnes.
Le chef du gouvernement a aussi annoncé la fermeture des entreprises et des établissements scolaires de ces zones ainsi que l’annulation de tous les événements publics (carnavals, compétitions sportives, sorties scolaires, etc.).
Le foyer principal se trouve autour de Codogno, à 60 km de Milan. Dans cette ville et dans neuf localités voisines, tous les lieux publics (bars, mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies avaient été fermés dès vendredi soir. Samedi soir, les rues y étaient étrangement désertes. "Nous avons tous peur, mais on croise les doigts, nous espérons que tout ira bien", indique Rosa, une employée de pharmacie, seul type d’établissement autorisé à rester ouvert. Elle craint désormais "des problèmes de ravitaillement dans les prochains jours".
Comprendre d’où est partie l’épidémie
La plupart des cas de Lombardie sont suspectés d’être partis de Mattia, un cadre de 38 ans de la multinationale Unilever, hospitalisé depuis mercredi à Codogno, en soins intensifs, et qui a pu être transféré samedi à Pavie dans un établissement plus adapté. Sa femme enceinte de 8 mois est contaminée, ainsi qu’un ami, des habitués d’un bar et les médecins qui l’ont soigné au début.
Mais samedi soir, le vice-ministre de la santé a indiqué que les autorités ne savaient pas comment cet homme avait lui-même pu être infecté. Depuis l’annonce vendredi de ce premier cas suivi rapidement par des dizaines d’autres autour de la ville de Codogno où était hospitalisé Mattia, les médias avaient donné comme hypothèse qu’il ait pu être contaminé par un ami revenu en janvier de Chine. Cet ami qui avait dans un premier temps été considéré comme un possible "patient zéro".
Finalement, il n’en est rien. "Sur la base des tests effectués, il n’a pas développé les anticorps" propres à une personne ayant porté la maladie, a expliqué le ministre adjoint Pierpaolo Sileri.
L’autre foyer se trouve dans le village de Vo’ Euganeo, en Vénétie (nord-est). C’est de là qu’était originaire le premier ressortissant italien – et européen – à décéder alors que cet homme de 78 ans avait testé positivement au nouveau coronavirus.
79 cas, dont deux décès
Au total, 79 personnes ont été contaminées en Italie par le virus dont deux sont décédées – une femme de 77 ans est morte près de Codogno dans la nuit -, a annoncé le chef de la protection civile, Angelo Borelli. Ces chiffres incluent trois personnes infectées hors d’Italie, dont deux touristes chinois, et un jeune considéré comme guéri.
La majorité des nouvelles contaminations sont intervenues en Lombardie (54 cas), autour de Codogno, et en Vénétie (17 cas). Angelo Borelli a aussi cité deux cas en Emilie-Romagne, voisine de la Lombardie, et un dans le Piémont, qui dériveraient du foyer de Codogno.