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15 octobre 2017

Plan de lutte contre la désertification médicale

Sud-Ouest du 14 octobre 2017 

Déserts médicaux : le plan de lutte de l’exécutif 

SANTÉ Rôle des infirmiers, maisons de santé doublées, médecins détachés... : le gouvernement préfère le « pragmatisme» aux mesures choc 

Environ 5,3millions d’habitants vivent dans l’une des 9000 communes confrontées à une pénurie de généralistes. Si rien n’est fait, la situation s’aggravera (lire « Sud Ouest » d’hier). Un état des lieux sur lequel a beaucoup insisté le gouvernement hier, en Haute-Vienne, où il a dévoilé son plan pour lutter contre les déserts médicaux. Pas question de contraindre les médecins à s’y installer, l’exécutif mise sur l’incitation. 

Cumul emploi retraite 

Le cumul emploi retraite des libéraux sera favorisé grâce à une exonération élargie de cotisation au régime Prestation complémentaire vieillesse (PCV) dans les zones en tension. Le gouvernement espère ainsi qu’en 2025 près de 35000 médecins retraités, contre 17000 au 1er janvier 2017, auront fait le choix de continuer à exercer. 

Les maisons de santé doublées 

Pour mutualiser les moyens, le nombre de maisons de santé pluri-professionnelles et de centres de santé sera doublé d’ici 5 ans, grâce à un budget de 400 millions d’euros. 

Aides à l’installation 

Dès novembre, les zones éligibles aux aides à l’installation pour les généralistes choisissant des secteurs sous-denses seront élargies. Près de 200 millions d’euros d’aides à l’installation ont été actés. En 2018, le gouvernement lancera des travaux en vue d’élargir le zonage à des spécialités en tension (ophtalmologiste, gynécologue, pédiatrie…). 

Détachement de médecins 

Les consultations avancées permettent aux médecins en exercice, à l’hôpital ou en libéral, de pratiquer à temps partiel dans une zone sous dense. Pour «renforcer l’offre» de médecins généralistes et de spécialistes dans ces zones, l’action de l’Ordre des médecins, chargé d’autoriser les activités sur plusieurs sites, sera facilitée et les procédures simplifiées. L’aide à cette activité sera revalorisée. 

La télémédecine encouragée 

Pour « abolir les distances », la télé-médecine, qui permet de consulter à distance, d’assurer le suivi d’un traitement ou d’échanger des avis entre professionnels, sera inscrite dans le droit commun. Des négociations conventionnelles entre l’Assurance maladie et les médecins devront déterminer, au premier semestre 2018, les tarifs des actes de télé-consultation et de télé-expertise. 

D’ici 2020, tous les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et toutes les zones sous-denses seront équipés d’un matériel permettant la télé-consultation afin d’éviter les hospitalisations inutiles. Pour cela, les crédits du Fonds d’intervention régional destinés au développement de la télémédecine seront doublés en 2018.

Valoriser le rôle des infirmiers 

Le dispositif expérimental Asalee (association de santé libérale en équipe), qui permet à des infirmiers libéraux de suivre des malades chroniques en partenariat avec des généralistes, sera pérennisé pour pouvoir déployer de nouveaux infirmiers dans les secteurs en tension. De nouvelles formations seront proposées aux infirmiers à la rentrée 2018. Ces compétences seront ensuite reconnues par des rémunérations spécifiques. 

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