Secours d'urgence
Ce drame s'est produit en Charente-Maritime, mais nous ne sommes pas à l'abri de telles situations dans notre département. C'est pourquoi nous vous demandons de bien vouloir nous faire part de vos témoignages sur la prise en charge ou non d'une urgence médicale et des délais d'intervention des secours afin que nous puissions faire remonter ces informations aux autorités compétentes persuadées que tout se passe bien.
Sud-Ouest du 6 août 2015
Charente-Maritime : les secours ne répondent pas à son appel, un père meurt à son arrivée à l'hôpital
Un homme dépose plainte contre le Samu et les pompiers. Pour lui, les moyens nécessaires ont fait défaut pour sauver son frère
La victime a été transportée par son frère à l’hôpital de Rochefort, où elle est décédée
Michel m'a dit qu'il n'était pas bien et qu'il fallait que je le conduise à l'hôpital. Je suis venu tout de suite. J'habite aussi à Saint-Laurent-de-la-Prée. Dans la voiture, sur la quatre voies, sa situation s'est aggravée. Il avait du mal à respirer. » Mardi vers 7 h 30, Roger Mesnager arrive à l'hôpital de Rochefort avec son frère Michel. La prise en charge de la victime est immédiate. Malgré les soins prodigués, Michel, 57 ans et père de famille, décède.
Mercredi, le frère de la victime Roger Mesnager, 58 ans et demeurant à Saint-Laurent-de-la-Prée près de Rochefort, a déposé plainte contre le Samu (le 15) et les pompiers (le 18) « parce qu'ils n'ont pas, mardi, entre 6 et 7 heures, envoyé des moyens pour secourir mon frère qui les avait appelés. Il se plaignait d'une douleur à la poitrine. Alors il m'a appelé. »
Roger a aussi remis mercredi à la gendarmerie de Fouras le téléphone portable de Michel, son frère défunt. Abattu et en colère, Roger poursuit :
« Il ne serait pas mort si les secours étaient venus »
Il a aussi en tête la situation de sa belle-sœur d'origine malgache, enceinte, celle de son neveu âgé de 6 ans et de sa nièce qui n'a que 18 mois.
Un homme, connaissance du couple, apporte aussi son soutien. Mercredi après-midi, il accompagnait Roger Mesnager à la gendarmerie mais ne comprenait pas pourquoi on n'avait pas remis une copie de la plainte à la famille. « Le téléphone a été rendu après qu'un gendarme a fait des photos de la liste des appels. »
Selon nos informations, l'adjudante-chef souhaite aussi entendre la femme du défunt afin d'en savoir plus sur les conditions et contenus des différents appels téléphoniques de Michel Mesnager aux secours.
« Toute la transparence »
Contactée, la direction du centre hospitalier de La Rochelle-île de Ré, qui chapeaute le Samu 17, a le même souci d'en savoir plus :
« Il faut qu'on analyse cette situation. Il faut qu'on refasse le parcours pour déterminer s'il y a eu un dysfonctionnement dans la gestion de cette situation. Nous souhaitons faire toute la transparence et nous avons proposé de rencontrer la famille avec la direction de l'hôpital et un médecin médiateur. Il est aussi possible que le médecin régulateur qui a pris l'appel soit présent »
Si la direction du centre hospitalier de La Rochelle a confirmé qu'aucun moyen n'avait été engagé à la suite du premier appel de Michel Mesnager, elle a aussi rappelé toute la difficulté de la régulation, de l'importance des informations recueillies auprès de l'appelant afin d'apprécier une situation. Également ciblé par la plainte déposée mercredi à Fouras par le frère de la victime, le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), par la voix du commandant Vincent Schmitt, regrette aussi l'issue dramatique. Il confirme que Michel Mesnager avait appelé les pompiers à 6 h 40, appel parvenu au centre de traitement de Périgny, près de La Rochelle.
« Compte tenu que cette personne avait déjà appelé le 15 (le Samu), nous l'avons mise de nouveau en contact avec le Samu. Nous avons fait une conférence avec le médecin régulateur. » À la fin de cette dernière, « le Samu ne nous a pas demandé d'intervenir. On se fie à l'avis du Samu. » Le commandant sapeur-pompier ajoute que le Samu peut aussi décider d'engager une ambulance privée, de faire appel à un médecin traitant, de prodiguer un conseil médical.
Dans cette affaire d'un secours à la personne qui tourne au drame, toutes les conversations ont été enregistrées et seront exploitées dans le cadre de l'enquête qui a déjà commencé.
Sud-Ouest du 6 août 2015
Charente-Maritime : enquête interne au Samu après le décès d'un patient
Mardi matin, un homme est mort lors de son arrivée à l'hôpital de Rochefort. Mercredi, sa famille a déposé une plainte ciblant le Samu et les pompiers. Jeudi, le centre hospitalier de La Rochelle s'est exprimé
L'enquête devrait déterminer si le médecin régulateur du Samu avait suffisamment d'éléments pour demander une intervention des secours
"Le Groupe hospitalier de La Rochelle-Ré-Aunis tient à s'associer à la douleur de la famille de ce patient et a engagé une enquête interne afin de répondre à leurs interrogations." Jeudi, en fin d'après-midi, Alain Michel (le directeur de l'hôpital rochelais) a tenu à s'associer à la peine de la famille endeuillée mais il a refusé de commenter davantage les conditions du décès de Michel Mesnager (58 ans), un habitant de Saint-Laurent-de-la-Prée, en Charente-Maritime.
Le Samu 17 (Service d'aide médicale urgente) est géré par le groupe hospitalier de La Rochelle-Ré. C'est à ce titre qu'Alain Michel a décidé de s'exprimer. Car c'est bel et bien la non intervention des secours, mardi matin, qui est au cœur de la plainte déposée par Roger Mesnager, le frère de la victime."...
Alain Michel, le directeur de l'hôpital de La Rochelle
...""Chaque année, le Samu 17 a 152 000 appels à gérer", rappelle le directeur de l'hôpital rochelais. A chaque fois, le médecin régulateur se doit d'apprécier la situation et de prendre rapidement une décision : demander une intervention ou pas ? C'est cette lourde responsabilité qui est au cœur du drame qui s'est noué mardi matin en Pays rochefortais."
2015_08_06_SO_Charente_Maritime_Enqu_te_interne_au_Samu_après_le_décès_d'un_patient


