Sapeurs-pompiers volontaires
Depuis sa création en juillet 2007, Gironde Vigilante ne cesse d'alerter les autorités (les différents Présidents de la République, les différents Ministres de l'Intérieur, le SDIS 33) des conséquences de la réorganisation des services publics d'incendie et de secours entraînant la fermeture de nombreuses casernes et la forte diminution, voire la disparition de l'effectif des sapeurs-pompiers professionnels au profit de Bordeaux et de sa CUB, laissant reposer les interventions la nuit, les week-ends et les jours fériés sur les épaules des sapeurs-pompiers volontaires.
L'ouverture du 120ème congrés national des Sapeurs-pompiers à Chambéry a donné lieu depuis le 10 octobre 2013 à plusieurs reportages sur les grandes chaînes télévisées mettant ainsi en exergue la problématique des services publics d'incendie et de secours et cela-même de la bouche de certains sapeurs-pompiers volontaires, à savoir ce que Gironde Vigilante dénonce depuis plusieurs années :
- La fermeture de nombreux Centres de Secours
- La grande sollicitation des sapeurs-pompiers volontaires
- La difficulté du prompt secours lorsque les sapeurs-pompiers sont en astreinte à leur domicile
- Le manque de deuxième départ assuré
- L'augmentation des délais d'intervention
Voici donc le retranscription fidèle du reportage diffusé au journal télévisé de France 2 à 20h00 le 10 octobre 2013 :
Julian Bugier : "A la une de l'actualité également ce soir le cri d'alarme des pompiers. "Notre système de secours est menacé" disent-ils "car les volontaires manquent à l'appel". Ils sont de moins en moins nombreux. Les casernes se vident.
Quelques chiffres avant d'aller plus loin pour mieux comprendre :
195 000 pompiers volontaires sur un total de 250 000 et en 6 ans leur nombre a chuté de 6 000.
Ils partent en intervention toutes les 7 secondes en moyenne. Quand le "bip" se déclenche chaque minute compte.
[...] (le pompier appelle ses équipes)
France 2 : Il y a un an nous avons suivi cette équipe de pompiers volontaires sur une intervention. Ce jour-là, ils sont appelés pour une tentative de suicide. L'homme est ivre, blessé, et il faudra trente minutes aux pompiers pour le maîtriser.
Incendie, fuite de gaz, des blessures les plus graves aux petits bobos, jours et nuits les volontaires se relayent pour porter les premiers secours parfois décisifs.
Jérémy Froissart (pompier volontaire à Surgères en Charente-Maritime) s'est engagé il y a 6 ans. Il est chef d'entreprise et ses gardes se font en plus de son activité pour 8 euros de l'heure.
Jérémy Froissart : "La journée en fait je pars faire mon travail habituel et le soir à partir de 19h jusqu'à 6h du matin on est chez nous et on est d'astreinte, ce qu'on appelle l'astreinte, donc on part à n'importe quel moment"
France 2 : "Vous comprenez que certains puissent se décourager ?"
Jérémy Froissart : "Oui. Je pense qu'il y en a qui attendent un peu plus au niveau des rémunérations."
Ce découragement, il se constate dans cette caserne au quotidien. Le capitaine ne le cache pas. Certaines interventions se font en sous-effectif.
Capitaine Sylvain Dandonneau (chef du centre de secours de Surgères) : "Le minimum de personnel qu'il faut avoir pour assurer réglementairement une ambulance, c'est 3 personnes. Il arrive la journée où on est que une ou deux personnes".
Parfois il n'y a même personne sur place. Dans cette caserne (Orgelet, Jura; en novembre 2012) par exemple, une urgence vient de tomber mais il faut attendre l'infirmière qui habite à plus de 10 kilomètres pour que le camion puisse partir, un temps précieux qu'il faut par la suite rattraper. Cette fois-ci, le camion part mais ce n'est pas toujours le cas. C'est alors une autre caserne qui prend le relais. En France, le nombre d'interventions augmente chaque année. En dix ans il est passé de 3,6 millions à plus de 4 millions.
A l'inverse, le nombre de casernes diminue. Près de 600 centres de secours ont du fermer ces cinq dernières années.
Journal Télévisé de TF1 du 11 octobre 2013 à 13h00
Le 120ème congrès national des sapeurs pompiers a lieu jusqu’à samedi à Chambéry. Les volontaires représentent 80% des effectifs et cette vocation est pourtant en baisse.


