Sud-Ouest du 3 janvier 2022 

La grande surprise Covid dans les classes ce lundi matin 

Le bond des contaminations fait craindre des records d’absences. Le ministre Jean-Michel Blanquer a tenté hier d’estomper le flou qui règne autour du protocole sanitaire

2022 01 03 surpriseLe nombre d’élèves et d’enseignants absents à la rentrée est la grande inconnue. X. L. / “SO”

Vu les interrogations sur le fonctionnement des établissements scolaires à la mode Omicron, Jean-Michel Blanquer a précisé le protocole mis en place dans les écoles, les collèges et les lycées. La rentrée va s’effectuer aujourd’hui sous le règne d’un virus qui tourne à la vitesse de l’éclair. Et qui, selon les chiffres de Santé Publique France, établissait le taux d’incidence à 1 456 cas pour 100 000 le 29 décembre. Le ministre s’est finalement exprimé ce dimanche après-midi, au moyen d’un entretien accordé à notre confrère du « Parisien ». 

L’école reste ouverte 

Invité sur France Inter le 28 décembre, il s’était hasardé à évoquer la nécessité, pour les camarades de classe d’un enfant contaminé, de présenter plusieurs tests négatifs avant de revenir en classe. « Nous allons probablement aller vers deux ou trois tests », avait-il dit, et ceci « à plusieurs jours d’intervalle ». La mesure était censée s’appliquer pour les élèves du primaire. 

À lire l’entretien publié hier, le son de cloche est un peu différent : « Quand la famille fera le premier test (antigénique ou PCR), elle recevra en pharmacie deux autotests gratuits pour que les élèves se testent à nouveau à la maison à J+2 et à J+4. Les parents devront attester par écrit que les tests ont bien été faits et qu’ils sont négatifs », indique le ministre. 

Cette option risque de rencontrer quelques limites. D’une part, il faudrait que les pharmacies soient pourvues en autotests en nombre suffisant sur le territoire. D’autre part, le ministère part du principe que tout le monde jouera le jeu et que la déclaration sur l’honneur des parents reflétera bien le statut sanitaire de leur enfant. 

Pour le reste, Jean-Michel Blanquer réaffirme la doctrine, celle de l’école ouverte et de la fermeture d’un nombre minimum de classes. Même s’il concède que « janvier sera tendu ». Anticipant les arrêts de travail, le ministère suspend « toutes les autres causes d’absence que la maladie, par exemple les formations continues ». Et dit recruter le maximum de vacataires et de contractuels. 

Au vu du nombre quotidien des contaminations, il y aura effectivement des trous ce matin. Dans les équipes pédagogiques et dans les rangs des élèves. « Je n’aimerais pas être à la place des employeurs. C’est à 8 h 20 que l’on va découvrir qui peut aller à l’école et qui doit rentrer chez soi. La situation risque d’être assez chaotique », réagit Rodrigo Arenas, l’ancien coprésident (il l’a été de novembre 2018 à juillet 2021) national de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), la première des associations de parents d’élèves du public. 

Co-secrétaire pour la Gironde du SNUipp-FSU, le syndicat majoritaire des enseignants du premier degré, Marc Vieceli abonde. « Dans toutes les écoles pour lesquelles j’ai une remontée, ou pratiquement toutes, il y a au moins une personne qui devra garder son ou ses enfants le jour de la rentrée, ou une personne cas contact, ou une personne positive au virus. Et en plus, on n’a aucune idée du nombre d’élèves qu’on aura en face de nous », résume-t-il. 

Secrétaire général du SnesFSU (le premier syndicat des enseignants dans les collèges et les lycées) pour l’académie de Bordeaux, Hugo Lassalle s’inquiète notamment pour le bon déroulement des épreuves du bac qui restent programmées au mois de mars. « On va devoir les préparer durant six semaines d’ici les congés d’hiver avec beaucoup de professeurs malades, des remplacements qui étaient déjà en tension à l’automne et des absences perlées des élèves », évalue-t-il, dubitatif. 

« À quel prix ? » 

Cette peinture vient tempérer le credo de « l’école ouverte » brandi par le ministère. « Ouverte, mais à quel prix ? Des enseignants n’ont pas eu leur classe au complet depuis deux mois. Ils n’ont pas pu mener le moindre projet collectif. Il leur est impossible de faire du suivi individualisé. En vérité, on fait le choix de laisser le virus circuler à l’école », explique Marc Vieceli. 

Les parents et les enseignants en sauront plus aujourd’hui, au contact des établissements scolaires. Si le protocole sanitaire de niveau 2 est maintenu pour les collèges et les lycées, de niveau 3 pour les écoles maternelles et élémentaires, le site internet du ministère précisait les nouvelles dispositions hier soir. La distinction essentielle est relative à l’âge de l’élève, plus ou moins de 12 ans. Pour les plus jeunes, la marche à suivre est la même quel que soit le statut vaccinal : l’isolement en cas de test positif tombe à sept jours, comme dans la population générale. Et peut-être abaissé à cinq jours. Le délai est allongé pour les plus de 12 ans non vaccinés.

2022 01 03 SO Le point sur les nouvelles règles en vigueur à partir d'aujourd'hui

2022 01 03 SO Le point sur les nouvelles règles en vigueur à partir d'aujourd'hui2

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