Sud-Ouest du 4 décembre 2021

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Sud-Ouest du 4 décembre 2021 

Vaccins : des inégalités criantes dans la lutte contre la pandémie 

Plus de 560 millions de doses ont été distribuées dans 144 pays, loin des 2 milliards annoncées d’ici la fin de l’année. Le mécanisme de partage reste inégalitaire

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Depuis le début des campagnes de vaccination dans le monde en 2020, force est de constater que les populations ne bénéficient pas d’un même accès aux vaccins. Plusieurs voix institutionnelles et associatives, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) elle-même, alertent sur les conséquences de cette inégalité criante dans la lutte contre une pandémie mondiale. 

Sur les huit milliards de doses, près de 80 % ont été utilisées par des pays aux revenus moyens à élevés. Selon les données de Our World In Data, 67 % de la population européenne est complètement vaccinée contre à peine 5 % des habitants en Afrique. 

Plus globalement, l’OMS estime que 146 doses ont été administrées pour 100 personnes dans les pays riches, qui entrent les uns après les autres dans la phase de rappel (troisième dose), alors que seulement huit doses ont été injectées pour 100 personnes dans les pays pauvres. 

Dons de vaccins 

L’immunisation des populations des territoires plus défavorisés n’avance pas et le virus continue à circuler plus facilement, ouvrant la porte à l’émergence de nouveaux variants, comme Omicron en Afrique du Sud. Soumya Swaminathan, la scientifique en chef de l’OMS, explique que « si nous avions utilisé les vaccins produits jusqu’à présent de manière rationnelle et équitable, nous ne verrions pas des taux de mortalité élevés deux ans après le début de la pandémie ». Le dispositif Covax a pourtant été déployé dès 2020 par l’Alliance du vaccin et l’OMS, avec le soutien de l’Unicef. Il devait permettre à 200 pays de recevoir gratuitement des doses de vaccin anti-Covid financées par des pays prospères. Quelques institutions privées ont aussi apporté une participation comme la fondation Bill et Melinda Gates (200 millions d’euros). 

Dès son démarrage, le mécanisme de dons a pâti des polémiques et des doutes autour des vaccins, qui ont ralenti les campagnes de vaccination dans les pays occidentaux et, par répercussion, ont retardé les premiers dons. 

Collaboration nécessaire 

Un tout premier convoi de 600 000 doses a ainsi pu être acheminé au Ghana, en mars 2021. Aujourd’hui, plus de 500 millions de doses ont été distribuées grâce à Covax, dont 200 millions ont été envoyées en Afrique. Une quantité toute relative dans un continent où vit plus d’un milliard d’habitants. 

Cette semaine, la redistribution de vaccins anti-Covid aux pays pauvres a battu un record, avec plus de 11 millions de doses distribuées en 24 heures. Mais le patron de l’Alliance du vaccin, l’épidémiologiste américain Seth Berkley, demande aux pays donateurs de « faire un effort pour faciliter leur distribution et éviter le gâchis. » Selon lui, trop souvent, les doses sont livrées sans seringue ou diluant, trop proche de la date de péremption, et les livraisons se font au coup par coup, par petits lots, parfois même sans être annoncées à l’avance. 

Plusieurs pays, où les systèmes de santé sont déjà surchargés du fait de l’épidémie, manquent de moyens ou d’organisation et ont dû rendre des doses (Congo, Soudan) que Covax s’est efforcé de redistribuer. D’autres ont dû les détruire (Timor oriental). 

Des retards à rattraper 

« Livrer les doses à un pays est facile, mais les faire arriver dans des pays où elles peuvent être immédiatement utilisées est plus dur et demande une collaboration active entre toutes les parties prenantes, des pays aux fabricants en passant par les transporteurs et les pays hôtes », insiste Seth Berkley. 

Autre grain de sable dans la solidarité internationale : les promesses de dons non respectées, ou qui tardent à l’être. Car l’ensemble du système repose sur la bonne volonté des pays riches. Selon les données officielles, le gouvernement américain s’est montré le plus généreux, en expédiant 16 % de ce qu’il avait promis. À l’opposé, le Canada s’est acquitté de seulement 8 % de son engagement, tout en s’appropriant, 970 000 doses du fonds Covax. 

La France, qui a donné tous les lots d’AstraZeneca dont elle ne voulait plus, a promis 120 millions de doses, dont 15 millions ont déjà été livrées et 49 millions ont déjà été données. Le 1er décembre, 1,6 million de doses venant de France sont arrivées aux Philippines. 

Quant aux laboratoires Johnson & Johnson, Moderna, Oxford AstraZeneca et Pfizer/ BioNTech, ils n’ont fourni à ce jour que 12 % de leurs engagements, soit 15 fois moins que ce qu’ils ont fourni aux pays riches. 

L’ex-Premier ministre britannique et ambassadeur auprès de l’Organisation mondiale de la santé, Gordon Brown, l’admet avec amertume : « Notre échec à fournir des vaccins aux pays du tiersmonde revient aujourd’hui nous hanter ».

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2021 12 04 SO Mios Vaccination six nouvelles dates

2021 12 04 SO Langon Sanctionné après avoir refusé d'être vacciné

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LCI du 4 décembre 2021 

EN DIRECT - Omicron : 12 cas d'infection désormais détectés en France, 38 pays concernés par le nouveau variant

CORONAVIRUS - Douze cas d'infection par le variant Omicron ont été détectés en France, selon les autorités de santé. Ce nouveau variant a été recensé dans 38 pays. Suivez les dernières infos.

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Sud-Ouest du 3 décembre 2021 

Académie de Bordeaux : 2 300 élèves cas confirmés de Covid-19 cette semaine

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L’académie de Bordeaux qui rassemble cinq départements fait un point sur la propagation du Covid-19 dans les établissements scolaires. Le nombre de classes fermées a été divisé par trois en une semaine

Le nouveau protocole sanitaire dans les écoles, annoncé par Jean-Michel Blanquer, a été mis en place en début de semaine. Dans le primaire, la découverte d’un cas de Covid dans une classe n’entraîne plus automatiquement sa fermeture. Mais les élèves devront se faire tester. L’académie de Bordeaux fait un point de situation Covid-19 dans les structures scolaires (écoles, collèges et lycées) arrêté au 2 décembre.

Dans les cinq départements, une seule structure scolaire est fermée, sur 3 184, à Oeyreluy dans les Landes. L’école qui accueille 115 élèves est fermée jusqu’au 3 décembre. Il y en avait six le 25 novembre. 150 classes sont actuellement fermées (0,61 %) contre 478 (1,96 %) la semaine passée, avant l’application le 29 novembre du nouveau protocole. Le nombre de classes fermées a été divisé par trois.

Dans le détail, au 2 décembre, 30 classes étaient fermées en Gironde (197 la semaine précédente), 13 en Dordogne (25 la semaine précédente), 58 dans les Landes (53 la semaine précédente), 31 dans le Lot-et-Garonne (67 la semaine précédente), 18 dans les Pyrénées-Atlantiques (136 la semaine précédente).

Il y a 2 300 cas confirmés de Covid-19 (cumul de sept jours sur 734 133 élèves), c’est plus 398 cas en 24 heures, contre 1 487 cas confirmés la semaine passée (plus 290 cas en 24 heures). 137 personnels sont cas confirmés cette semaine sur 53 141, contre 100 la semaine passée. On note donc une augmentation de cas.

Enfin, 9 180 tests Covid ont été réalisés pour les élèves et personnels dans la semaine du 22 au 29 novembre, c’était moins la semaine précédente (6 586). 

LCI du 3 décembre 2021 

Covid-19 : quand le pic épidémique de la cinquième vague sera-t-il atteint ?

INTERVIEW - L'ombre de nouvelles restrictions plane sur la France, alors que le pays enregistre toujours plus de nouveaux cas de Covid-19. Jusqu'à quand ? Le Pr. Antoine Flahault espère un pic épidémique dans les prochains jours.

Un indicateur qui ne faiblit pas. Depuis plusieurs semaines, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 ne cesse de grimper dans le pays. Il atteint désormais un niveau supérieur à celui enregistré au plus fort de la quatrième vague, au cœur de l'été, et se rapproche de celui de la troisième vague, en avril 2021. À l'aube des fêtes de fin d'année, la cinquième vague va-t-elle (enfin) retomber ? Le Pr Antoine Flahault, directeur de l'institut de santé globale de Genève (Suisse), répond à LCI.

La France a enregistré 48.416 nouveaux cas jeudi 2 novembre. Quand peut-on attendre le pic de la cinquième vague ?

Nous réalisons des prévisions pour tous les pays du monde, y compris la France, à sept jours. Malheureusement, nous ne prédisons pas un pic épidémique dans la semaine à venir. Mathématiquement, celui-ci arrivera lorsque le R (le nombre de personnes que contamine en moyenne un malade, NDLR) deviendra égal à 1. À ce jour, il est proche de 1,3 et ne faiblit pas.

Pourtant, la dynamique de la hausse des cas semble légèrement faiblir. Samedi 27 novembre, la France enregistrait 64% de contaminations en plus par rapport au samedi précédent. Cet indicateur était de +60% dimanche, +55% mardi, +52% mercredi et +45% jeudi... Est-ce bon signe ?

C'est effectivement comme cela que l'arrivée du pic va se produire. Avant son plus haut niveau, la courbe va s'arrondir. Mais pour l'heure, c'est à peine perceptible. Cela devrait aussi se voir au niveau du taux de reproduction, avec une baisse du R autour de 1,1, comme ce que nous voyons en Autriche ou en Allemagne. Si cette tendance se confirme en France, alors le R diminuera dans les jours à venir.

Un pic vers le 15 décembre ? Plausible- Pr Antoine Flahault

Combien de temps la vague a-t-elle duré dans l'est de l'Europe ?

Prenons l'exemple de la Roumanie, le premier pays d'Europe à avoir repris la main sur cette vague. Selon nos prévisions, les Roumains arrivent à un niveau autour de 26 cas pour 100.000 habitants (contre 343 en France actuellement, NDLR), la vague y est donc terminée. Elle avait commencé à la fin du mois d'août, et le pic avait été atteint vers le 20 octobre, soit deux mois après le début de la vague. La France, elle, a démarré sa vague le 15 octobre. Admettons que cela suive la même dynamique qu'en Roumanie, cela signifierait alors que le pic épidémique interviendrait vers le 15 décembre. C'est plausible.

Le Premier ministre Jean Castex a annoncé qu'un conseil de défense se tiendrait lundi pour "voir s'il y a lieu de prendre des mesures supplémentaires". Sont-elles nécessaires ou la vague peut-elle s'endiguer d'elle-même ?

La descente de l'épidémie n'est pas un phénomène naturel. Elle se réalise soit parce que l'immunité naturelle est atteinte - ne rêvons pas, ce ne sera pas notre cas - soit parce que nous prenons des mesures qui permettent de réduire la circulation du virus. Pour reprendre la main sur le taux de reproduction, il existe trois paramètres.

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Lesquels ?

Le premier est la probabilité de transmission du virus. Pour cela, il faut appliquer les gestes barrières, mais aussi insister sur l'importance de la ventilation. Malheureusement, en Europe, personne n'a décidé d'investir sur ce point. Le deuxième paramètre est le nombre de contacts : il faut limiter les interactions sociales. Cela peut passer par la limitation des rassemblements, le télétravail ou la fermeture prématurée des écoles avant les vacances de Noël. D'elle-même, la population a aussi une circulation plus réduite durant ces périodes. Enfin, le troisième volet est la durée de la période infectieuse. La vaccination et les médicaments y participent.

Si le pic épidémique est effectivement atteint mi-décembre, quand le pic hospitalier interviendra-t-il ?

Il y a un décalage très clair entre les contaminations et les hôpitaux, c'est mécanique. La Roumanie a atteint son pic de décès le 30 octobre, deux semaines après son pic épidémique. En France, le pic hospitalier pourrait donc se produire autour des fêtes de fin d'année. 

LCI du 3 décembre 2021 

Covid-19 : faut-il attendre de connaître l'efficacité du vaccin sur le variant Omicron avant de recevoir son rappel ?

VACCINATION - Les autorités sanitaires ne savent toujours pas si les vaccins protègent contre le variant Omicron. Dès lors, faut-il attendre avant de se faire administrer son rappel vaccinal ? Pour le Pr Alain Fischer, ce serait une "grave erreur".

La campagne de rappel progresse. Selon les dernières données du ministère de la Santé, 9,2 millions de personnes ont déjà reçu leur "troisième dose" en France, dont plus de 556.000 jeudi, un record. Si les rendez-vous ont été pris d'assaut depuis l'ouverture à tous les plus de 18 ans vaccinés depuis au moins cinq mois, un autre élément est apparu depuis peu : le variant Omicron. À ce jour, rien n'indique que cette mutation, détectée en Afrique du Sud et déjà repérée en France, serait résistante aux vaccins. Mais un doute subsiste.

Ce vendredi, le Pr Alain Fischer a mis en garde face à ceux qui attendraient d'en savoir plus avant de se diriger vers un centre de vaccination ou une pharmacie. "C'est une grave erreur", estime le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV). "Il faut se faire vacciner pour se protéger contre le variant Delta, responsable de 99% des cas en France", argue-t-il ce vendredi.

Le variant Delta majoritaire en France jusqu'en janvier, "au moins" 

Selon l'immunologue, qui dirige le COSV depuis près d'un an, le variant Delta sera encore majoritaire en France "en décembre et en janvier, au moins". D'où l'intérêt de la dose de rappel, qui permet "d'améliorer la qualité de la réponse immunitaire" avec "un niveau d'anticorps neutralisants cinq à dix fois supérieur par rapport à la primo-vaccination", détaille-t-il. 

Dimanche dernier, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué qu'il faudrait encore une dizaine de jours avant d'en savoir plus sur l'efficacité des vaccins contre le variant Omicron. En attendant ces résultats, de premières données israéliennes semblent "encourageantes", selon le Pr Fischer. "Mais attendons d'en savoir plus."