Sud-Ouest du 4 décembre 2021 

Aménagement : 30 millions pour contenir 

Le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon, qui regroupe douze communes, va investir 30 M€ sur six ans pour contenir les eaux pluviales et éviter les inondations

2021 12 04 inondationLe bassin de Canteranne, à Gujan-Mestras, est un exemple d’investissement susceptible de recueillir les eaux de pluie afin d’éviter les inondations. PHOTO SIBA

L’eau tombe du ciel et elle ruisselle dans le bassin d’Arcachon. Parfois, il pleut si fort que les réseaux chargés de la canaliser ne sont plus suffisants. C’est ce que le Bassin a connu l’hiver dernier. Autrefois, les communes étaient chargées de gérer ce problème, mais depuis le 1er janvier 2018, le Syndicat intercommunal du bassin d’Arcachon (Siba) a pris la compétence des eaux pluviales. Et ce vendredi 3 décembre, Yves Foulon, maire LR d’Arcachon et président du Siba, a présenté un plan d’action sur six ans, jusqu’en 2026. 

«Notre objectif est de prévenir les inondations et de préserver la qualité des eaux du Bassin explique le président. L’eau des zones ostréicoles est classée A, la qualité des eaux de baignade est partout en vert. Les gens parlent des eaux usées qui sont rejetées au Wharf après avoir été traitées et ils disent qu’ici, tout va bien. Il y a l’eau potable du robinet et là encore pas de problème. Mais sur l’eau pluviale, nous avons des progrès à faire. » 

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Protéger pour trente ans 

Le Siba ne part pas de zéro. Des infrastructures existent comme le bassin de Canteranne tout juste inauguré, « un dispositif pouvant contenir 180 000 m3 d’eau qui a coûté 5 millions d’euros et qui a permis d’éviter des inondations à Gujan-Mestras ». Pour les particuliers, il est il est imposé dans chaque parcelle une surface d’infiltration. Aujourd’hui, sur le territoire, il y a 137 bassins d’infiltration à ciel ouvert, 248 km de canalisations, 44 bassins enterrés, 600 puisards et 25 stations de pompages et 149 exutoires vers le Bassin. 

Mais cela ne suffit pas. Le Siba a mandaté le cabinet Nosika pour faire un diagnostic et des préconisations en s’inspirant aussi de ce qui se fait ailleurs. La première ambition est de protéger le Bassin non pas à dix ans mais à trente ans : au lieu de dimensionner les ouvrages pour contenir des pluies avec des aléas décennaux, ils devront l’être pour des aléas calculés sur trente ans et donc mieux armés pour faire face à des intempéries plus violentes. Par exemple, les pluies torrentielles du 11 mai 2020 étaient centennales. 

Deuxième volet, l’entretien des ouvrages (1,3 million d’euros par an) et des investissements « priorisés » pour 1,5 à 4 M€ selon les années. Ils sont de toutes sortes, l’installation d’une station de pompage en ville, le renouvellement une canalisation ou l’installation une structure d’infiltration, etc. C’est 30 M€ sur six ans. Un emprunt du Siba, le plan de relance de l’État et les ressources du Siba financeront ces chantiers. 

« Le Siba est au service de ses douze communes, poursuit Yves Foulon. Tous les sujets seront traités, sans avantager ou désavantager telle ou telle ville. La finalité est la qualité de l’eau du Bassin et de ne pas voir, comme cet été au Pays basque, des plages fermées pour raison sanitaire. » 

Un système de surveillance permanent est aussi mis en place. 

«Il y a des capteurs pour prévenir les inondations mais aussi pour signaler un outil ou un ouvrage défaillant, insiste Sabine Jeandenand, directrice du Siba. Nous saisissons aussi en temps réel les constats donnés par les particuliers et les demandes d’intervention. » 

Une brigade de l’eau 

« Enfin, la quatrième ambition est de comprendre que les eaux pluviales sont l’affaire de tous », avance Yves Foulon. Il y a autour du Bassin 222 km de fossés publics et 191 km de fossés privés. Le Siba a monté une brigade de l’eau pour surveiller les fossés privés. Elle s’appuiera sur une déclaration d’intérêt général signée par l’État pour contraindre juridiquement les propriétaires à faire le nécessaire sur leurs fossés ou à intervenir pour leur envoyer la facture ensuite. 

«Il y a des centaines de points noirs sur des fossés privés, précise la directrice. Des crastes pas entretenues, des barrages illégaux mis en place par des propriétaires pour empêcher l’eau de ruisseler chez eux, etc. Souvent, les gens ne se rendent pas compte des problèmes que cela pose ».

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