Sud-Ouest du 2 décembre 2021

2021 12 02 SO Hôpitaux Ehpad 1 milliard 300 millions pour la région

 

Sud-Ouest du 2 décembre 2021 

Olivier Véran dévoile le Ségur de la santé pour la Nouvelle-Aquitaine

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 Le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran seront ce jeudi à Angoulême où ils livreront leur plan de bataille à 1,3 milliard d’euros. En amont, le second lève le voile 

Un Ségur de la santé en plein milieu d’une crise sanitaire sans précédent. Tandis que la cinquième vague de Covid menace le système hospitalier éreinté, un nouveau variant s’invite et remet les compteurs à zéro. Jour après jour, les nouvelles s’effacent pour laisser d’autres informations écraser celles de la veille. Nous voilà tels des Sisyphe modernes, à remonter une pente, qui n’en finit pas. Olivier Véran, ministre de la Santé dans ce chaos organisé, n’a pourtant pas lésiné sur les effets d’annonces : «1,3 milliard d’euros d’investissements pour l’hôpital et les Ehpad publics de Nouvelle-Aquitaine, via le Ségur de la santé. Un investissement historique, nécessaire… » 

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Quel est l’investissement global du Ségur sur tout le pays ? 

19 milliards d’euros pour assainir, désendetter les hôpitaux de France. Pour assurer des investissements, fournir aux établissements des plateaux techniques, du matériel indispensable, pour revaloriser les salaires des professionnels de santé. On parle de venir en aide à 3 000 hôpitaux et Ehpad. 

En Nouvelle-Aquitaine, l’investissement est de quelle hauteur globale ? 

Il est de près de 1,3 milliard d’euros. Très exactement, 1,183 milliard pour les hôpitaux et plus de 108 millions pour les Ehpad et établissements médico-sociaux, soit 156 établissements en tout. 

Pour la région, le plus lourd investissement du Ségur est-il celui qui concerne le CHU de Bordeaux ? 

En effet, avec 240 millions d’euros, le CHU de Bordeaux va financer dix opérations de travaux, 90 000 mètres carrés à construire et autant à restructurer, sur trois de ses sites, les hôpitaux Pellegrin, Haut-Lévêque et Saint-André. Ce CHU accueille un million de patients par an et constitue le premier employeur de Nouvelle-Aquitaine. Cet accompagnement sera renforcé pour monter à hauteur de 290 millions, car il est le plus vétuste de tous les CHU. 

Juste derrière, vous annoncez une grosse enveloppe pour l’hôpital de La Rochelle… 

Oui, c’est la somme la plus conséquente après Bordeaux, il s’agit de reconstruire l’hôpital Saint-Louis de La Rochelle pour adapter l’établissement à la prise en charge d’une population qui augmente tous les étés sur un territoire très touristique. Tout le groupement hospitalier Littoral Atlantique va également se moderniser et profiter des nouvelles technologies. 

L’hôpital d’Agen-Nérac en Lot-et-Garonne va bénéficier lui aussi du Ségur pour se moderniser ? 

Il en avait besoin. À Agen, le centre hospitalier date de la fin des années 1970. L’hôpital s’est doté en 2019 d’un nouveau plateau technique, un bloc opératoire obstétrical, une chirurgie ambulatoire, stérilisation, néonatologie, dialyse. 

Aujourd’hui, le Ségur vient non seulement assainir les finances de l’établissement, mais aussi permettre la restructuration du service des urgences, l’amélioration du confort des patients. 

Quels sont les autres sites de la région qui émergent du plan Ségur ? 

En Creuse, à Noth, nous allons soutenir le projet du centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle André-Lalande, avec l’achat de matériel de pointe. 

En Gironde, à Blaye, le Ségur va permettre à la fois de rénover la maternité, de construire un nouveau bâtiment doté de 50 lits de médecine ou encore de développer l’activité de soins de suite et de réadaptation comme la prise en charge ambulatoire. C’est l’exemple typique des projets Ségur. 

Enfin, dans les Landes, à Saint-Vincent-de-Paul, l’établissement de soins de suite et réadaptation Saint-Louis verra son site d’hébergement enfin rénové et doté d’un plateau technique de rééducation moderne. 

Les urgences hospitalières sont toutes en situation de saturation dans la Nouvelle-Aquitaine, particulièrement à Bordeaux-Métropole. Comment répondre à ce flux incessant de patients ? 

Les urgences sont en difficulté face à ces nouveaux flux dans toute la France. Il faut faire baisser la pression sur les urgences et mobiliser les cliniques privées, la médecine de ville, la solidarité de médecins pour qu’ils participent à la permanence des soins à l’hôpital. 

La crise sanitaire a aggravé la désaffection des infirmiers. À Bordeaux, au CHU, 230 lits sont fermés par manque de ce personnel. Ils partent en disponibilité, changent de métier ou vont dans le libéral. Comment les retenir ? 

Beaucoup sont épuisés après deux ans de vagues épidémiques de Covid, c’est un métier exigeant. Il n’y a pas de fuite des infirmiers, on a plus de soignants que jamais dans les hôpitaux. Mais nous manquons de candidats. En Nouvelle-Aquitaine, j’ai créé 500 places de formation de plus pour les infirmiers et 600 places pour les aides-soignantes. On parle de 1 000 soignants formés en plus chaque année. À propos du cas particulier du CHU de Bordeaux, vous notez que 230 lits ont été fermés faute de soignants en novembre 2021. Il y a un an, ce chiffre était le même, et ce, malgré l’épuisement lié à la crise. Le phénomène est chronique. 

Les sages-femmes réclament une reconnaissance de leurs statuts, de leurs études, de leurs compétences. Ont-elles été un peu oubliées dans ce Ségur ? 

J’ai signé la semaine dernière un accord majoritaire de sortie de grève avec les sages-femmes. Le conflit doit désormais être derrière nous, les attentes ont été entendues. Elles ont toutes obtenu 500 euros nets de plus par mois, qui leur seront versés dès mars 2022, une sixième année d’étude, et la réaffirmation de leur rôle particulier au sein de l’hôpital, ainsi que leur statut de personnel médical. Elles attendaient ça depuis quinze ans ! 

Nous sommes confrontés à des déserts médicaux et pas seulement en milieu rural. Manque de médecins généralistes qui prennent leur retraite et ne trouvent pas de remplaçants et manque de spécialistes. Quelles solutions ? 

Nous avons mis fin au numerus clausus et aujourd’hui on forme plus de médecins. Quand nous sommes arrivés au gouvernement, seulement 8 000 intégraient la deuxième année, ils sont aujourd’hui 10 500. Mais il faut dix ans pour former un médecin ; en attendant, nous devons trouver des solutions de substitution efficaces. La télémédecine en est une, ainsi que les CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé, NDLR) qui développent des protocoles de collaboration entre professionnels permettant de dégager du temps médical. Le corporatisme de notre pays a empêché l’apparition de coopération entre professionnels. Par exemple, les orthoptistes pourront prescrire des lunettes, nous avons voté l’accès direct à des kinés, des orthophonistes, on déploie des solutions, des infirmières de pratiques avancées. Nous luttons avec acharnement.

2021 12 02 SO L'hôpital va à sa perte avec une hémorragie de personne selon Sud Santé

2021 12 02 SO L'hôpital va à sa perte avec une hémorragie de personne selon Sud Santé2

2021 12 02 SO L'hôpital va à sa perte avec une hémorragie de personne selon Sud Santé3

2021 12 02 SO Marmande 4 millions et demi pour la restructuration des urgences

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2021 12 02 SO Marmande 4 millions et demi pour la restructuration des urgences3