Sud-Ouest du 11 novembre 2021 

SAUCATS : La forêt du projet de parc solaire, Horizeo est une mer de pins jeunes 

L’intérêt des peuplements forestiers sur les 2 000 hectares de la zone d’études Horizeo a fait l’objet d’une expertise. En tout, 1000 hectares seront défrichés si le projet de parc photovoltaïque parvient à son terme

2021 11 11 horizeoLes parcelles où le projet pourrait s’implanter abritent des pins maritimes à différents stades de leur développement. GUILLAUME BONNAUD / « SUD OUEST »

Dans la panoplie des études environnementales sur le site choisi pour développer le projet Horizeo à Saucats, l’expertise forestière est très attendue. L’installation d’un parc solaire d’une puissance d’un gigawatt dans cette commune du Sud-Gironde s’accompagnerait du défrichement de 1 000 hectares de forêt sur les 2 000 que compte la zone d’études. Mais quel type de forêt ? Les deux envoyés spéciaux du Forestry Club de France, un cabinet spécialisé dans l’expertise et la gestion forestière, ont répondu à la question mardi lors d’une journée organisée à Cap Sciences, à Bordeaux, dans le cadre du débat public en cours. 

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Premier élément de réponse, les peuplements sont constitués à 99 % de pin maritime. Il s’agit classiquement d’une forêt de production qui obéit aux prescriptions d’un plan simple de gestion – un document qui prévoit un programme de coupes et de travaux. Réformé en 2018, ce plan de gestion s’étale jusqu’en 2023. Il est basé sur un cycle de vingt-huit ans : les arbres sont censés être abattus à cet âge et céder la place à de nouveaux peuplements. Les coupes rases sont effectuées sur le principe de la mosaïque, chaque parcelle étant un tout homogène de pins dont l’âge diffère de celui des parcelles voisines. Selon le recensement opéré par le Forestry Club de France, les 2 000 hectares seront surtout constitués de pins très jeunes en 2023, d’âge inférieur ou égal à 4 ans, et de pins dont l’âge sera compris entre 15 et 19 ans. 

Dévastée par les tempêtes 

Avant l’entrée en vigueur de ce plan de gestion, les peuplements étaient plus anciens. Jusqu’en 2018, on comptait encore des parcelles de pins dont l’âge courait de 30 à 50 ans. La volonté du propriétaire a consisté à raccourcir le cycle, sans lien aucun avec la perspective du projet Horizeo qui n’était pas encore sorti des cartons. « Il a appliqué la même politique dans toutes ses propriétés », ont justifié les experts. 

Les caprices du temps en sont le motif. La forêt de Saucats a été suppliciée par les tempêtes Martin de décembre 1999 et Klaus de janvier 2009. Les trois quarts des 2 000 hectares de la zone d’études ont été dévastés. L’âge des peuplements doit tout à la restructuration qui les a suivies. 

Les experts se sont aussi penchés sur l’épineuse question de la compensation. Si Horizeo abat 1 000 hectares, il faudra les remplacer. Où ? C’est tout le problème. En Gironde, dans les Landes, dans le Lot-et-Garonne, voire dans d’autres départements qui leur sont limitrophes. « La difficulté, ce sera de trouver des espaces », a convenu le duo. Pour contourner l’obstacle foncier, l’approche consisterait à compenser les volumes de bois perdus plutôt que les hectares. Y compris en améliorant les peuplements de parcelles déjà forestières, mais en y diversifiant les essences et les âges des arbres pour favoriser l’accueil de la biodiversité. Les peuplements de feuillus qui dépérissent et ceux de pins maritimes de faible valeur sur des parcelles sinistrées seront notamment visés.

2021 11 11 SO La CCI se déclare favorable au projet