Sud-Ouest du 27 octobre 2021

2021 10 27 SO La France a commandé 50 000 doses du traitement de Merck

2021 10 27 SO Deux tiers des soignants suspendus ont repris le travail

2021 10 27 SO Deux tiers des soignants suspendus ont repris le travail2 

LCI du 27 octobre 2021 

Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

CRISE SANITAIRE - Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, estime qu'en dépit de la nouvelle hausse des cas de Covid-19 en France, il n'est pas encore approprié de parler de "cinquième vague". Explications.

Un "très léger rebond". Voilà comment le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, décrit la situation sanitaire qui sévit actuellement en France. Depuis plusieurs jours, le nombre de cas a cessé de baisser. En moyenne, il est même légèrement repassé au-dessus de la barre symbolique des 5000 contaminations quotidiennes. Et le taux d'incidence national a franchi le seuil des 50 cas pour 100.000 habitants, une première depuis septembre.

Pourtant, du côté de l'exécutif, on se refuse encore à évoquer une "cinquième vague", après la quatrième de l'été. "Il y a un très léger rebond, mais pour l'instant, nous ne pouvons pas parler de cinquième vague", a ainsi insisté ce mardi matin sur Europe 1 Gabriel Attal, qui note que l'augmentation des contaminations n'est pas "exponentielle."

La hausse du nombre de cas, "les soubresauts de la quatrième vague" 

L'ombre d'une nouvelle vague, la troisième de 2021, plane pourtant au-dessus de la France. Mais selon l'épidémiologiste Philippe Amouyel, professeur de santé publique, il ne s'agirait que d'une fluctuation de la quatrième. "Une vague consiste en une augmentation extrêmement rapide des contaminations", explique-t-il à LCI. "À chaque fois, il y avait une bonne raison. Lors de la première vague, il n'y avait pas de mesure barrière. Lors de la deuxième, on s'est complètement relâché à l'été 2020. Lors de la troisième, le variant anglais, plus transmissible, est arrivé. Et lors de la quatrième, il y a eu le variant Delta, encore plus contagieux." 

Cette fois, la France n'observe aucun nouveau variant à l'horizon (le Delta représente plus de 96% des contaminations). Les gestes barrières (port du masque, pass sanitaire...) rythment toujours le quotidien des Français. En ce sens, "ce que nous voyons actuellement, ce sont toujours les éléments de la quatrième vague", conclut Philippe Amouyel. 

D'autant que si le nombre de cas est reparti à la hausse, l'augmentation demeure modérée. Le R0, symbole de la vitesse de circulation du virus, s'élève à 1,06, deux fois moins qu'au pic de l'été dernier. Et cette fois, la majorité de la population éligible a reçu au moins une dose de vaccin (88%), quand la campagne de rappel pour les plus vulnérables bat son plein. "Nous restons à des taux bas, nous flirtons avec le seuil d'alerte (50 cas pour 100.000 habitants, ndlr), mais nous n'atteignons pas les seuils d'urgence que nous avons pu connaître", tempère l'épidémiologiste.

Selon le professeur de santé publique, seule l'apparition d'une nouvelle souche du virus pourrait entraîner une réelle nouvelle vague. "La cinquième vague, ce sera si nous rencontrons un nouveau variant. Mais actuellement, nous nous battons toujours contre le même", poursuit-il. "Le nombre de cas risque tout de même d'augmenter, avec le relâchement indirect des mesures barrières. Mais ce ne sont que les soubresauts de la quatrième vague." 

Europe1 du 27 octobre 2021 

Covid-19 : se dirige-t-on vers une vaccination des 5-11 ans en France ?

2021 10 27 Europe1

Alors que les États-Unis s'apprêtent à donner leur feu vert à la vaccination des 5-11 ans contre le coronavirus, la France va-t-elle lui emboîter le pas alors que l'on observe un regain de cas quotidiens ? Pour l'épidémiologiste Philippe Amouyel, la situation épidémiologique des deux pays n'est pas comparable.

DÉCRYPTAGE

La France s'apprête-t-elle à suivre la même voie que les États-Unis ? Sauf coup de théâtre, la vaccination contre le Covid-19 des enfants âgés de 5 à 11 ans devrait être recommandée par les autorités sanitaires américaines dès la semaine prochaine. Une décision qui entraînerait la vaccination de 28 millions d'Américains. Pour autant, les petits Français sont encore loin de voir le bout d'une aiguille : bien que le pays soit repassé au-dessus de la barre des 5.000 cas quotidiens lundi, la situation outre-Atlantique n'a rien à voir avec la nôtre.

Une balance bénéfice-risque différente

Et pour cause, l'incidence chez l'oncle Sam frise les 200 cas pour 100.000 habitants, alors qu'il est de 55 pour 100.000 dans l'Hexagone. Le virus circule donc encore beaucoup, notamment dans les écoles, ce qui explique la hâte des États-Unis à vacciner les plus jeunes. en France, la balance bénéfice-risque dans cette tranche d’âge n’est pas la même. "Aux États-Unis, c'est l'augmentation massive de l'obésité qui favorise les formes graves", explique au micro d'Europe 1 Philippe Amouyel, épidémiologiste au CHU de Lille. "Le degré est moindre en France donc pour prendre la décision, il faudra adapter la balance bénéfice-risque à la situation française."

La campagne qui s'apprête à démarrer aux États-Unis va donc être une démonstration à grande échelle de la vaccination des enfants contre le Covid. Et l'avantage pour nous, c'est qu'elle va fournir un très grand nombre de données sur lesquelles s’appuyer pour décider de vacciner les enfants si jamais l’épidémie flambe à nouveau cet hiver.

LCI du 26 octobre 2021 

Covid-19 : la fin du remboursement des tests a-t-elle entraîné une hausse de la vaccination ?

CRISE SANITAIRE - Depuis le 15 octobre, les personnes non-vaccinées doivent payer pour réaliser un test de dépistage du Covid-19, en cas d'absence de prescription médicale. Une mesure destinée à améliorer la couverture vaccinale. Avec succès ? Pas vraiment, selon les premiers éléments.

C'était l'une des annonces fortes d'Emmanuel Macron le 12 juillet dernier : "cet automne, les tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale", avait annoncé le chef de l'État lors de sa dernière allocution. En plus de l'élargissement du pass sanitaire et de la vaccination obligatoire pour les professionnels de santé, cette mesure, mise en place depuis le 15 octobre, doit permettre d'améliorer la couverture vaccinale. À ce jour, plus de 51 millions de Français ont reçu au moins une dose. Mais peu ces dix derniers jours. 

Selon les données du ministère de la Santé, le nombre de primo-injections ne cesse de baisser depuis la rentrée, sans que la fin de la gratuité des tests pour une partie de la population ne change la donne. Jamais les injections de premières doses n'ont été aussi faibles depuis janvier 2021, lorsque la vaccination n'était réservée qu'à la population la plus vulnérable.

Les injections en baisse, le dépistage aussi

Lors de la semaine du 18 octobre, la première depuis la fin du remboursement du dépistage, 160.792 personnes ont reçu leur première dose dans le pays. Lors de la semaine du 4 octobre, la dernière complète avant la mise en place sur la mesure, 232.799 doses avaient été injectées. À titre de comparaison, cet indicateur s'élevait à 292.498 il y a un mois. Des données bien loin des près de 2,4 millions de premières doses injectées lors de la semaine du 19 juillet, après les annonces d'Emmanuel Macron.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ces données en baisse. D'abord, la tranche d'âge la moins vaccinée (les 12-17 ans, 75,6% de primo-vaccinés), n'est pas concernée par cette mesure : les tests leur sont toujours remboursés. Ensuite, le nombre de Français éligibles encore à vacciner ne cesse de se réduire : selon le ministère de la Santé, il en reste 6,9 millions... Qui ne semblent donc pas décidés à franchir le pas de la vaccination, en dépit du prix des tests. 

En revanche, la fin du remboursement pour les majeurs non-vaccinés a eu un effet direct sur le dépistage. Selon les dernières données publiées par CovidTracker, 310.000 tests sont réalisés chaque jour en moyenne dans le pays. Contre plus du double à la fin du mois d'août, et environ 500.000 en septembre.

Dans le même temps, le nombre de cas est en hausse : la France a repassé, le week-end dernier, la barre des 50 cas pour 100.000 habitants. Une première depuis septembre et la fin de la quatrième vague. Mécaniquement, le taux de positivité augmente à son tour. Il est désormais fixé à 1,7%. Une première, là aussi, depuis septembre.