20Minutes du 12 octobre 2021 

Réchauffement climatique : La montée du niveau des mers se poursuivra pendant plusieurs siècles, selon une étude scientifique

INONDATIONS Plusieurs grandes villes et un demi-milliard de personnes seraient affectés

2021 10 12 Franceinfo montée des eaux

C’est déjà trop tard. Même si l’humanité parvient à limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, ce qui est l’objectif d’ici 2100, le niveau des mers va monter pendant des siècles, ont mis en garde mardi des scientifiques. La plupart des estimations actuelles de la montée du niveau de la mer et des menaces qu’elle fait peser sur les villes côtières courent jusqu’à la fin du siècle et vont d’un demi-mètre à un peu moins d’un mètre.

Mais le phénomène va se poursuivre au-delà de 2100 sous l’effet du réchauffement de l’eau et de la fonte des glaces, quelle que soit la vitesse de réduction des émissions de gaz à effet de serre. On l’observe déjà au niveau du permafrost, dans les régions arctiques : l’augmentation de la température provoque d’abord une légère fonte. Puis, par ce qu’on pourrait ironiquement qualifier « d’effet boule de neige », le contact de cette légère couche d’eau à température ambiante avec la glace, combinée au relâchement de gaz à effet de serre contenu dans le permafrost, va encore faire fondre cette dernière.

« Environ 5 % de la population mondiale vit actuellement sur des terres situées sous le niveau qui sera atteint en marée haute sous l’effet du dioxyde de carbone déjà accumulé dans l’atmosphère par l’activité humaine » , explique à l’AFP Ben Strauss, auteur principal de l’étude parue dans la revue Environmental Research Letters. Les conditions actuelles sont suffisantes pour faire monter le niveau des mers de près de deux mètres, que cela prenne deux siècles ou dix siècles, estime-t-il.

Neuf mégapoles asiatiques menacées

Un demi-milliard de personnes au minimum serait concerné par cette hausse directe du niveau de la mer et les inondations engendrées mais aussi plus vulnérables aux tempêtes. L’Asie, qui compte neuf des dix mégapoles à plus haut risque, sera la plus durement frappée.

Le combat peut presque sembler perdu d’avance. La limite de 1,5 degré inscrite dans l’Accord de Paris et que les pays du monde entier vont essayer de maintenir au sommet COP26 de Glasgow le mois prochain se traduit par une montée des eaux de près de trois mètres sur le long terme. « A Glasgow et jusqu’à la fin de cette décennie nous avons la possibilité soit d’aider les cent prochaines générations, soit de les trahir », conclut Ben Strauss.