Sud-Ouest du 11 octobre 2021 

Cancer du sein : un suivi pas à pas des femmes 

À Bordeaux, l’Institut du sein d’Aquitaine a mis au point un modèle unique de suivi des patientes qui prend en compte la thérapie et ses conséquences sur la vie sociale

2021 10 11 cancerLe docteur Hortense Franck et Élisabeth Perron, patiente-partenaire de l’Institut du sein d’Aquitaine, créé par la clinique Tivoli. GUILLAUME BONNAUD / “SUD OUEST”

C’est le premier cancer de la femme. Une sur huit développe un cancer du sein au cours de sa vie, avec un âge moyen au moment du diagnostic à 63 ans. Élisabeth Perron a contracté le sien en 2014. Guérie ? « Oui, j’ai bien entendu ce mot », sourit-elle. « On a du mal à le réaliser, mais oui, c’est le cas. » Elle n’a rien oublié de son itinéraire thérapeutique, une poignée d’années après ce jour si terrible où, assise dans une salle, elle attendait le verdict. 

« J’ai été soignée à la clinique Tivoli de Bordeaux, d’abord les traitements en présentiel, puis médicamenteux, l’hormonothérapie, jusqu’en 2019, explique-t-elle. Puis, une furieuse envie de m’inscrire dans un projet d’accompagnement de femmes souffrant de cancer du sein. Pour que mon expérience porte, pour que je serve de miroir positif. » Ça tombait bien, la clinique a créé, en 2017, l’Institut du sein d’Aquitaine (Lisa). Un modèle unique, associatif, porté par une clinique privée. « Nous fonctionnons sur les adhésions des soignants, une centaine à ce jour, confie le docteur Hortense Franck, oncologue radiothérapeute et présidente de Lisa. En plus, notre adhésion est assortie de la signature d’une charte de qualité. Pas pour faire joli, mais pour être efficace. » 

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Des parcours coordonnés 

Depuis la création de Lisa, 2 500 patientes ont été accompagnées sur tout leur parcours, depuis le jour de l’annonce de leur maladie jusqu’à la guérison, et même après. Tivoli est centre de coordination en cancérologie, à l’instar du CHU de Bordeaux, de la clinique Bordeaux-Nord et de l’Institut Bergonié. Dès son ouverture, Lisa a intégré dans son équipe Chloé Pietri-Ibrahim, coordinatrice de parcours, qui suit pas à pas chaque patiente pour l’aider à se retrouver dans la jungle des thérapies, des prises de rendez-vous, de la paperasse. En 2018, l’institut bordelais invitait une patiente sortie d’affaire à s’associer aux équipes soignantes, à titre professionnel, pour tenir la main à ses homologues touchées par un cancer du sein. 

Sabine Dutheuil a essuyé les plâtres d’un concept venu d’Europe du Nord, totalement inédit en France. Et désormais, l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine a pris le relais pour assurer la formation d’une dizaine de patients-partenaires sur le modèle de Tivoli. Un modèle qui pourrait être dupliqué partout en France. « Nous avons été les premiers en effet à réfléchir au sein de notre communauté de soignants sur la professionnalisation d’une patiente qui serait un lien entre nous et nos malades », commente le docteur Franck. « Notre patiente-partenaire est salariée, elle fait partie intégrante de l’équipe soignante et du parcours de soins. » 

L’expérimentation, menée depuis 2018 à l’Institut du sein, fait l’objet d’une évaluation scientifique, dont les résultats seront présentés en novembre prochain au Cancéro-pôle Grand Sud-Ouest qui se tiendra à Carcassonne. « Les travaux de recherche ont été simultanés à l’arrivée au sein de nos équipes de Sabine Dutheuil. Nous sommes un secteur libéral et pourtant, nous avons mis en place un outil d’optimisation du soin, totalement gratuit pour la patiente, alors qu’il représente une véritable plus-value. » 

Impact atténué du cancer L’Institut poursuit sa réflexion pour améliorer la qualité de vie des femmes souffrant de cancer du sein. Si les thérapies sont toujours très innovantes, elles ne sont pas sans effets secondaires sur le corps, mais aussi sur le reste de la vie sociale et intime. 

« Nous avons réussi à diminuer l’impact de la maladie et des traitements dans la vie quotidienne des femmes grâce à une approche holistique, pour atténuer le côté traumatisant de la maladie, reprend Hortense Franck. Mais aujourd’hui, nous cherchons à développer une nouvelle approche, beaucoup plus éloignée de la maladie dans le temps. On s’intéresse au post-cancer. Cette phase complétera notre accompagnement personnalisé pour permettre aux femmes guéries d’aller vers l’emploi, de reprendre des activités, de se sociabiliser à nouveau. »

2021 10 11 SO Lesparre Lespar'ose une journée pour la prévention du cancer du sein

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2021 10 11 SO Arès Marcher ou ramer pour octobre rose

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