Sud-Ouest du 28 septembre 2021

2021 09 28 SO Les indicateurs dans le Sud-Ouest

2021 09 28 SO Combien coûteront les tests de dépistage du Covid-19

2021 09 28 SO Combien coûteront les tests de dépistage du Covid-192

Sud-Ouest du 28 septembre 2021 

Pour refaire du sport, ils se vaccinent 

Le passe sanitaire entrera en vigueur jeudi pour les 12-17 ans. Sans poser de difficultés majeures

2021 09 28 sportPremier match de la saison pour l’équipe 2 des U15 de l’Aspom Bègles Handball, face au Club Athlétique Béglais, le samedi 25 septembre, à la salle des sports du Dorat. E. C. 

Salle des sports du Dorat, à Bègles, samedi 25 septembre. Un grand jour. Après un an et demi sans match officiel pour cause de pandémie, les championnats de handball ont enfin repris. Hasard du calendrier, chez les U15, la saison a débuté par un derby entre l’Aspom Bègles Handball et le Club Athlétique Béglais. 

À l’entrée du gymnase, les bénévoles étaient en train de réaliser un sans-faute. Tous les adultes, absolument tous, voyaient leur passe sanitaire contrôlé. À partir du 30 septembre, toutes les associations sportives de France vont devoir faire la même chose pour les 12- 17 ans, cent fois s’il le faut, mille fois, et recommencer tous les matins. Six des seize équipes de handball de l’Aspom, qui est historiquement le club des cheminots de la métropole bordelaise, évoluent dans cette tranche d’âge. 

Cédric a un garçon de 12 ans. Lui est vacciné, son fils pas encore. « Au début, il n’était pas pour, mais il va le faire », indique le papa, sans grand enthousiasme. Continuer à pratiquer son sport préféré avec ses copains est sa principale motivation. « Ça, c’est sûr ! ». 

Âgé de 13 ans, le fils de Chantal s’est fait injecter la deuxième dose juste avant la rentrée scolaire. « C’est le sport qui l’a incité à le faire », convient la maman. Au fond d’elle, cependant, un questionnement : « J’attendais d’avoir l’avis de l’OMS (Organisation mondiale de la santé, NDLR). Je voulais savoir s’il y avait un risque ou pas pour les enfants, parce qu’au départ on n’était pas censés les vacciner. Mais l’OMS ne s’est pas encore prononcée. Alors, tant pis, on a franchi le pas. On essaie de faire confiance. » 

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« Pas d’absents » 

Sébastien comprend. « Je ne me permettrais pas de juger les parents qui ne veulent pas, parce que, honnêtement, c’est compliqué. Quand ça touche aux enfants, on a peur. On ne sait jamais si on a fait le bon choix. » Avec sa fille de 14 ans, le débat n’a pas duré longtemps. « Elle s’est fait vacciner à sa demande, relate-t-il. Elle a tellement insisté. Mais je pense que si tous les adultes avaient été vaccinés, il n’y aurait pas eu besoin de le faire pour les enfants. » 

Au moins, ce grand amateur de handball, visiblement pas rassasié par l’or décroché à Tokyo par les Tricolores chez les femmes comme chez les hommes, va-t-il pouvoir suivre les rencontres de jeunes l’esprit tranquille : « Pouvoir rejouer sur un parquet, c’est leurs Jeux Olympiques à eux. » 

En connaisseur, rien ne lui échappe. « On voit qu’ils n’ont pas joué depuis dix-huit mois, observe-t-il. Ils ont fait quelques entraînements, mais ce n’est pas pareil. Sur le terrain, ils sont un peu perdus. » Une sorte de décrochage sportif ? « Une année de perdue, ça se rattrape vite à cet âge-là. Pendant le confinement, mon fils a mis de beaux tirs contre la porte depuis son lit en hauteur. » 

Pauline a trois enfants. Chacun pratique un sport différent. Aucun n’a hésité à se faire vacciner. L’élan était familial. « Ils ont bien compris qu’ils ne feraient pas de formes graves. Dans leurs disciplines respectives, il n’y a pas d’absents. Tous les enfants de l’année dernière sont là. » 

« On a eu zéro problème » 

Les clubs contactés font le même constat. La période des inscriptions est loin d’être bouclée. « Mais a priori, il n’y a pas énormément de réticences », rapporte Jean-Jacques Belin, le président de l’Aspom Omnisports, 1 539 adhérents affichés. « On a été un peu surpris que ça se passe aussi facilement, avoue-t-il. Mais ça ne garantit pas qu’à l’échéance du 30 septembre tous les gens qui devraient être dûment équipés du passe sanitaire le soient. » 

Le président de la section handball, Laurent Huguet, confirme : « Je n’ai pas de portés disparus en termes de licences. On a eu zéro problème. On est dans les standards. En revanche, on ne mesure pas l’effet JO. Avec les conséquences du Covid, est-ce que ça s’équilibre ? ».

Petit détour par le football, à l’Union Saint-Jean, qui a sept équipes réparties entre les U12- U13 et les U17. « On a réinscrit 97 % de nos effectifs », indique le responsable de ce sport, Stéphane Cougnon. Comme nous avions commencé les réinscriptions vers le 10 juin et que l’obligation du passe sanitaire a été annoncée mi-juillet, l’inquiétude que j’avais, c’était d’assister à un rétropédalage chez certains. Mais au final, pas de problème. » Sur la ligne d’arrivée, le 30, son club, comme tous les autres, en aura le cœur net.

2021 09 28 SO Soignants vos passeports s'il vous plaît

 

Sud-Ouest du 28 septembre 2021 

Obligation vaccinale : ils contrôlent les soignants libéraux 

Les professionnels de santé libéraux et non vaccinés sont désormais sous le coup de la loi. L’ARS Nouvelle-Aquitaine a déployé des contrôleurs. Reportage en Gironde, à Libourne

2021 09 28 soignantsLe docteur Nguyen et Nadège Necker de Barbeyrac ont entamé leur mission d’inspection chez les soignants libéraux de Libourne. LAURENT THEILLET / « SUD OUEST » 

 

Temps frisquet dans les ruelles de Libourne (Gironde) en ce jeudi matin. Mathieu Nguyen est médecin inspecteur de l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine (ARS). Avec lui, Nadège Necker de Barbeyrac, inspectrice de l’action sanitaire et sociale de cette même ARS. Ils portent des dossiers dans leurs sacs à dos, qui pèsent autant que la mission qu’ils entament ce matin-là : le contrôle des personnels de santé libéraux. « On n’est pas là pour moraliser, ni sanctionner, ce n’est pas notre rôle, précise Mathieu Nguyen. Il s’agit de vérifier si les soignants libéraux sont en possession de pièces justifiant de leur statut vaccinal. » 

Remarque de l’inspectrice : « Cette obligation est cadrée par la loi du 5 août 2021. À compter du 15 septembre, les professionnels de santé doivent justifier soit d’une vaccination complète, soit d’une première injection avec un test de dépistage négatif de moins de soixante-douze heures, soit d’un certificat de contre-indication borné par la Sécurité sociale. Sans oublier, le certificat de rétablissement s’ils ont eu le Covid depuis moins de six mois ». 

N’empêche, la démarche sur le terrain ne va pas de soi. À 9 heures du matin, quelques portes se sont fermées sous leur nez. Deux sages-femmes en congé maternité, un médecin généraliste qui a pris sa retraite anticipée, un dentiste en arrêt maladie depuis… la semaine dernière et dont la secrétaire assure qu’il est très très malade. Tout ça est bien noté au fur et à mesure sur des fichiers qui seront remis à l’ARS. 

Le binôme d’inspecteurs dispose d’une liste de soignants de Libourne dont le statut légal face à l’obligation n’a pas été renseigné pour des raisons diverses, et c’est armés d’un plan de la ville qu’ils sillonnent les rues. 

« Pas le temps » 

Dans une ruelle, devant la plaque d’un médecin généraliste et nutritionniste, ils sonnent dans le vide. Le numéro de téléphone est gravé sur la plaque, coup de fil. Est-ce la secrétaire qui répond ? « Le docteur travaille toujours, ne prend plus de nouveaux patients, parce qu’elle sera bientôt à la retraite… », informe cette dernière. La porte en revanche restera fermée. À quelques mètres, un cabinet dentaire chic, les patients se succèdent, la secrétaire esquisse une grimace lorsque les inspecteurs de l’ARS se présentent : « Elle n’a pas le temps de vous recevoir, elle est débordée et a beaucoup de retard ». 

Sauf qu’il ne s’agit ni d’une visite de courtoisie, ni d’un rendez-vous, mais d’un contrôle inopiné. Et obligatoire. « Nous attendrons », assure le docteur Nguyen. La secrétaire file informer la dentiste visée par le contrôle et rapporte : « Elle est en soins, et n’a pas le temps ». Elle n’invite pas les contrôleurs de l’ARS à s’asseoir dans la salle d’attente, les ignore ostensiblement. Ces derniers ne bronchent, mais le doute s’installe. Ils commentent entre eux : « Si un policier vous demande vos papiers, et que vous rechignez, c’est qu’il y a un os… » Un patient sort du cabinet de la dentiste, un autre entre, les contrôleurs piétinent dans l’entrée, transparents. Ils signalent à la secrétaire : « Si elle refuse, elle doit nous le faire savoir explicitement et ce sera mentionné dans un procès-verbal ». 

Après cinquante minutes d’attente, la dentiste se présente devant les inspecteurs. Son téléphone en avant, elle les filme, hostile. « C’est pour mon avocat. » Elle présente un test PCR négatif de moins de 72 heures, mais aucun vaccin. Refuse de signer le procès-verbal imposé par les inspecteurs. Appelle son avocat et le questionne : elle ne signera pas. Le ton est monté un peu, pas trop. Les deux agents de l’ARS n’ont pas cillé. 

« Elle a joué la montre, sans doute pensé qu’on ne resterait pas. Il y avait beaucoup d’animosité de son côté, elle a exprimé son ressentiment vis-àvis de la loi, mais nous sommes restés stoïques. » Résultat : un procès-verbal dressé sur lequel est mentionné « refus ». 

Refus courtois 

La loi du 5 août signifie qu’à défaut de produire des justificatifs à la gestion de la crise sanitaire, le professionnel de santé est interdit d’exercer son activité. L’Assurance maladie, informée, suspendra les remboursements des actes pratiqués et la Chambre disciplinaire de l’Ordre dont le soignant dépend sera saisie. Le contrôle suivant chez un médecin psychiatre est plus courtois. 

Ce dernier ouvrira sa porte, fera asseoir les inspecteurs et commentera son refus vaccinal. Assumant les conséquences de sa décision. « J’attends un vaccin traditionnel », dira-t-il. Son procès-verbal mentionne : non-vacciné par choix. La patiente qui arrive juste après le contrôle ignore que ses séances ne seront bientôt plus remboursées…

2021 09 28 SO En Nouvelle-Aquitaine peu de professionnels récalcitrants

2021 09 28 SO En Nouvelle-Aquitaine peu de professionnels récalcitrants2

2021 09 28 SO Il y a défiance parce qu'il aurait fallu convaincre plutôt qu'obliger

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