Sud-Ouest du 2 septembre 2021

2021 09 02 SO Le variant Delta au tableau

Sud-Ouest du 2 septembre 2021 

Rentrée scolaire : l’ombre du Covid plane au-dessus des parents 

C’est une rentrée sur un fil qui attend les écoliers. Au premier cas de Covid en maternelle et en élémentaire, la classe fermera. Les maires misent sur la propreté

2021 09 02 rentréeÀ Talence, l’école élémentaire Joliot-Curie va connaître sa deuxième rentrée sous le signe du Covid. Le nettoyage des classes et du mobilier est une des réponses pour limiter la progression du virus. ARCHIVES, THIERRY DAVID/”SUD OUEST” 

De la maternelle au lycée, quelque 12 millions d’élèves font leur rentrée aujourd’hui. Mais c’est bien chez les 6,5 de millions de plus petits que ce retour en classe sera observé à la loupe. Et pas seulement chez les épidémiologistes. Chez les parents aussi. En effet, la vaccination n’étant pas – encore – ouverte au moins de 12 ans, le virus du Covid pourrait trouver là, dans les écoles, un nouveau terrain propice à son expansion. C’est, du moins, l’un des scenarii envisagés. Face à cela, l’Éducation nationale a édicté une règle aussi simple que stricte : dès le premier de cas de Covid signalé en maternelle ou en élémentaire, la classe fermera. Une réponse à la très forte contagiosité du variant Delta. 

Il y a un an, à la rentrée dernière, ce seuil de fermeture était fixé au troisième cas de Covid. Si en douze mois, l’étau s’est donc resserré, en réalité, les écoles sont à ce régime-là depuis le troisième confinement du printemps. Il n’empêche, les parents d’enfants en bas âge savent d’ores et déjà que c’est une rentrée sur un fil qui les attend. Car, à chaque fermeture de classe, si la question de la continuité pédagogique se posera, celle de la garde se posera aussi. Sur ce dernier point, les mesures d’accompagnement mises en œuvre, ces derniers mois, pour les parents perdurent. 

Chômage partiel maintenu 

Concrètement, et les directives du ministère de l’Éducation sont claires, en cas de fermeture de la crèche, de l’école ou du collège, « si le télétravail n’est pas possible, l’un des deux parents peut être placé en chômage partiel pour garder un enfant de moins de 16 ans ». Le chômage partiel est aussi ouvert dans les cas suivants : un enfant – de moins de 16 ans – identifié comme cas contact, et un enfant handicapé « faisant l’objet d’une mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile ». Mais attention : seul un parent peut bénéficier du chômage partiel et à condition que les deux parents ne puissent pas télétravailler. Enfin, si aucun des deux parents ne peut être placé en chômage partiel, l’arrêt de travail est possible. 

100 000 euros 

À ce dispositif, s’ajoute aussi l’action des maires au quotidien pour l’hygiène et la propreté des écoles. Tout sauf neutre. À Saint-Médard-en-Jalles, dans la périphérie bordelaise, le maire Stéphane Delpeyrat a sous sa responsabilité 14 écoles publiques. Soit 3 000 enfants inscrits dans 119 classes. « Dès le premier cas de Covid, la classe fermera, mais poursuit-il, l’année dernière, nous n’avons eu qu’une ou deux fermetures. Donc, j’espère que la vaccination massive va faire son effet. » 

Surtout, il a choisi de renforcer les équipes de nettoyage dans les écoles. « On applique les protocoles, souligne-t-il. On ouvre les fenêtres des classes cinq fois par jour, tout est nettoyé le midi et le soir, le mobilier, les jouets, les couvertures de livre, on fait tout ce qu’il faut. » Un effort qu’il chiffre à près de 100 000 euros : « C’est une somme importante pour la commune et nous n’avons aucune aide de l’État ». Néanmoins, s’il lui est difficile de se projeter, un élément l’incite à un certain optimisme : « Cet été, lors de la quatrième vague, les centres de loisirs étaient ouverts, nous avons accueilli des enfants et il n’y a pas eu de problème ». 

« On a su s’adapter » 

Un constat que partage Emmanuel Sallaberry, le maire de Talence, toujours dans la métropole bordelaise. « Chez nous aussi, les centres de loisirs ont été ouverts cet été, et tout s’est bien passé. » Ici, ce jeudi, un peu plus de 1 000 enfants feront leur rentrée en maternelle dans 40 classes et 1 631 rentreront en cours élémentaire, répartis, eux, dans 64 classes. « Cela fait un an et demi que l’on vit avec ce virus, on a su s’adapter, insiste-t-il. On a connu toutes les situations. Au plus fort de la crise, nous avons accueilli les enfants des personnels soignants, on a ouvert des écoles sept jours sur sept… » Il l’assure : « Les maires doivent être au côté des parents, si on doit mettre en œuvre des solutions, on le fera ». 

À Tarnos, dans le sud des Landes, Jean-Marc Lespade, le maire, a lui aussi fait la tournée des huit écoles de sa commune où sont attendus 1 019 élèves. Et à l’image des Girondins, il se veut « raisonnablement confiant » : « Les agents de la collectivité sont les premiers de cordée et les premiers de corvée, ils veillent à tenir les locaux très propres. » Certes, cet été, le centre de loisirs a connu une alerte, « mais cela a été très vite géré, précise-t-il. On a maintenant le recul et l’expérience ». De fait, cette rentrée est la deuxième consécutive placée sous le signe du Covid. La dernière ?

2021 09 02 SO Du côté des profs beaucoup se posent des questions

2021 09 02 SO Du côté des profs beaucoup se posent des questions2

2021 09 02 SO Du côté des profs beaucoup se posent des questions3

2021 09 02 SO Covid la campagne de la troisième dose lancée

2021 09 02 SO Cenon Le centre de vaccination ouvert ce week-end

2021 09 02 SO Cenon Le centre de vaccination ouvert ce week-end2

2021 09 02 SO Soulac Aprsè 11 400 doses injectées ces derniers mois le centre de vaccination a fermé ses portes

2021 09 02 SO Covid-19 Cluster général à la prison de Gradignan

 

Europe1 du 1er septembre 2021 

Covid-19 : après le variant Delta, faut-il se méfier du variant Mu ?

L'Organisation mondiale de la Santé a classé le variant baptisé "Mu" comme un "variant à suivre", quelques mois après sa découverte en Colombie et dans d'autres pays d'Amérique latine. Philippe Amouyel, épidémiologiste au CHU de Lille, se penche pour Europe 1 sur la dangerosité de cette nouvelle mutation.

DÉCRYPTAGE

Un nouveau variant du coronavirus inquiète les autorités sanitaires. Après le variant Delta, l'Organisation mondiale de la santé surveille le variant Mu, repéré pour la première fois en Colombie au début de l'année. Après la quatrième vague de Covid-19 en France due à l'émergence du variant Delta, y a-t-il des raisons de s'inquiéter de cette nouvelle mutation ? Sur Europe 1, l'épidémiologiste Philippe Amouyel explique pourquoi ce nouveau variant est surveillé de près. 

"Le variant Mu présente des mutations qui pourraient faire penser qu'il soit résistant à certains vaccins", détaille le spécialiste du CHU de Lille. "Surtout, ce qu'on observe, c'est qu'en Colombie, sa fréquence est en train de monter puisqu'il est aux alentours de 39% et, de même, en Équateur, est elle aussi en train de monter à 13%. En revanche, dans le monde entier, sa fréquence est inférieure à 0,1%", nuance-t-il, avec donc une prudence à observer sur la propagation rapide de ce variant.

Une "surveillance particulière" sur ce variant

Voilà pour les données disponibles quant à la circulation de ce variant dans le monde. Mais qu'en est-il de sa dangerosité ? "Pour l'instant, on n'a pas assez d'études qui permettent de déterminer précisément quelle est sa transmissibilité. Est-ce qu'elle est supérieure aux variants Delta ou variants Alpha ? On n'a pas non plus assez d'études sur sa virulence et sa résistance aux vaccins."

Dans tous les cas, conclut Philippe Amouyel, "une surveillance particulière va être exercée pour bien vérifier qu'il ne va pas prendre la dominance sur les variants préoccupants qui sont actuellement la source de l'épidémie".