Le Monde du 9 août 2021 

« Nous sommes face à une catastrophe naturelle sans précédent » : la Grèce peine toujours à maîtriser les incendies

Des feux, dont un sur l’île d’Eubée, continuent de brûler les hectares et des maisons. Le premier ministre grec a demandé pardon pour l’échec des autorités à prévoir et contenir, les feux.

Pour la septième journée consécutive, lundi 9 août, plus de 600 pompiers, dont certains venus en renfort d’autres pays européens, ont tenté de contenir un immense incendie qui brûle les forêts de pins de l’île d’Eubée, la deuxième plus grande de Grèce. Après une brève accalmie, des vents violents attisaient les flammes tandis que les avions-citernes éprouvaient des difficultés à opérer à cause des turbulences et des épaisses fumées.

Des centaines d’incendies se sont déclarés dans le pays depuis une semaine, mais celui d’Eubée est particulièrement incontrôlable, détruisant non seulement les forêts mais des habitations et des commerces, forçant des centaines de personnes à être évacuées par bateaux dans un panorama apocalyptique.

S’exprimant lundi soir à la télévision, le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a dit que les derniers jours ont été « parmi les plus difficiles pour notre pays depuis des décennies. Nous sommes face à une catastrophe naturelle d’une étendue sans précédent. »

Il a publiquement demandé pardon, au nom de son gouvernement, pour l’échec des autorités à prévoir et à contenir les feux. « D’éventuels manquements seront identifiés. Et des responsabilités seront mises en cause le cas échéant », a-t-il promis. Une enveloppe de 500 millions d’euros d’aides est prévue pour indemniser celles et ceux qui ont perdu leurs logements ou commerces, en particulier sur l’île d’Eubée et la péninsule Attique. Les forêts ravagées seront restaurées, de même que les défenses climatiques, a-t-il promis.

M. Mitsotakis a conclu son discours en appelant à l’unité nationale, demandant à ses compatriotes de ne pas seulement penser « à ce qui a été perdu, mais aussi à tout ce qui a été sauvé dans le contexte d’une telle catastrophe naturelle ».

2021 08 09 Le Monde

De nouvelles chaleurs étouffantes attendues dans la semaine

Plus de 500 incendies ont été signalés à travers la Grèce, favorisés par la sécheresse et des températures caniculaires, contraignant des milliers de personnes à évacuer des dizaines de villages, sur fond de colère à l’égard de la lenteur des mesures prises par le gouvernement. La plupart des feux étaient stabilisés ou maîtrisés lundi. Selon le décompte du gouvernement, plus de 40 000 hectares ont été brûlés cet été par les incendies. Selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), quelque 1 700 hectares avaient été brûlés en moyenne sur la même période entre 2008 et 2020.

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Aux portes d’Athènes, le feu, qui a détruit des dizaines d’habitations, était sous contrôle, mais « le danger de résurgence est élevé », a prévenu M. Hardalias. De nombreuses forces terrestres continuaient de lutter contre les flammèches au pied du mont Parnès, en particulier les unités venues d’Israël, mais aussi de Chypre et de France, dans le cadre du dispositif européen d’aide aux incendies.

Si les températures, qui ont atteint jusqu’à 43 °C, ont un peu diminué depuis, les services de météorologie s’attendent à de nouvelles chaleurs étouffantes au cours de la semaine, laissant craindre de nouveaux incendies.

Franceinfo du 9 août 2021 

Incendies en Grèce : des habitants ont tout perdu

Cela fait près de deux semaines que des flammes ravagent la région d'Athènes, en Grèce. Les fortes chaleurs n'arrangent rien. 650 pompiers sont sur le front.

70 000 hectares ont été dévastés. En Grèce, les feux ont bouleversé le paysage, et détruit des centaines de maisons"Ça, c'était l'entrée principale du Clubhouse, avec le salon où nos membres s'asseyaient. Ici, le bar tout est totalement détruit", montre Stavros Georgopoulos, directeur du club hippique d'Athènes. Les 12 employés et 55 chevaux sont tous sains et saufs. Pour le reste, personne ne sait où commencer pour réparer. Les représentants de l'État sont débordés.

Certains ont déjà tout perdu déjà une fois

En quatre jours, des centaines de maisons ont été dévastées. Au nord d'Athènes, une famille reste assise sur le chemin. Le destin est cruel : c'est la deuxième fois qu'il leur faut repartir de zéro. "Nous avons pleuré, tellement pleuré, mon mari et moi. Nous avons déjà perdu une maison en 2007 dans un autre incendie", déplore Anastasia Bourla. Beaucoup mettent en cause les secours, mais en Grèce, il est possible de construire sa maison dans une forêt, et il n'y a pas de plan strict d'occupation des sols.