Le Temps du 14 juillet 2021

La forêt amazonienne passe d’éponge à source de CO2

CLIMAT

Sous l’action du changement climatique, de la déforestation et des incendies, une large partie de la forêt amazonienne émet du CO2 plutôt que de l’absorber. Ce phénomène craint par les scientifiques est mis en évidence dans une étude parue mercredi

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Souvent qualifiée de poumon vert de la planète, la forêt amazonienne serait en train de devenir une source d’émission de CO2. Selon une étude publiée ce mercredi dans la revue scientifique Nature Climate Change, une grande partie du bassin amazonien, jusqu’ici considéré comme un puits à carbone, émet désormais une plus grande quantité de ce gaz à effet de serre qu’il n’en absorbe. La partie sud-est de l’Amazonie est en particulier concernée.

Jusqu’à présent, l’observation satellite n’avait pas permis de répondre à cette question avec certitude en raison des nuages qui couvrent régulièrement la région. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé les concentrations de dioxyde de carbone et de monoxyde de carbone au-dessus de la forêt à différentes altitudes jusqu’à 4,5 km d’altitude. Ces 600 mesures couvrent une période allant de 2010 à 2018.

Ces résultats viennent appuyer le constat fait par une autre équipe de chercheurs un peu plus tôt dans l’année. En avril dernier, une étude également publiée dans la revue Nature Climate Change et utilisant des observations satellites, estimait qu’entre 2009 et 2019, la forêt amazonienne avait relâché 20% de CO2 de plus que la quantité qu’elle avait absorbée.

Des températures moyennes en hausse de 3°C

Les incendies qui ravagent la forêt et la déforestation font partie des facteurs avancés pour expliquer ce phénomène. «La première très mauvaise nouvelle est que les feux produisent environ trois fois plus de CO2 que la forêt n’en absorbe. La deuxième mauvaise nouvelle est que les endroits où la déforestation est de 30% ou plus affichent des émissions de carbone 10 fois plus élevées que celles où la déforestation est inférieure à 20%», souligne Luciana Gatti de l’Institut national de recherche spatiale au Brésil, qui a dirigé ces recherches, citée par The Guardian.