Sud-Ouest du 25 juin 2021

2021 06 25 SO Landes ce variant qui change la donne

Sud-Ouest du 25 juin 2021 

Depuis des Landes scrutées, Castex veut un sursaut vaccinal 

Face au rebond de l’épidémie dans les Landes, Jean Castex a annoncé un renforcement de la vaccination. Les sept prochains jours seront décisifs

2021 06 25 depuis les LandesDans les locaux de la CPAM de Mont-de-Marsan, hier, Jean Castex et Olivier Véran ont mis en garde contre tout relâchement cet été. THIBAULT TOULEMONDE /”SUD OUEST” 

Après l’accélération de ces dernières semaines, la vaccination marque le pas. Et c’est suffisamment inquiétant pour que le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Santé, Olivier Véran, aient pris toute la matinée de jeudi pour sonner l’heure de la remobilisation depuis Mont-de-Marsan. Un choix qui ne devait rien au hasard. Alors qu’au plan national les indicateurs témoignent d’une nette amélioration de la situation sanitaire et d’un reflux de l’épidémie, les Landes connaissent, elles, un rebond qui, s’il n’est pas encore alarmant, n’en reste pas moins significatif. En particulier parce que derrière cette remontée des contaminations émerge le nouveau variant Delta : une souche encore plus contagieuse que son cousin britannique. 

Une présence qui explique cette nouvelle photographie avec cette hausse du taux d’incidence qui a, de nouveau, dépassé les 50 cas pour 100 000 habitants. Et il y a plus ennuyeux encore. Comme l’a indiqué Benoît Elleboode, le directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine, présent au côté du chef du gouvernement, ce taux « a doublé chez les jeunes de moins de 15 ans ». Et la raison principale de cet emballement ne souffre aucun doute : « Les criblages, a-til ajouté, ont mis en évidence que 70 % des personnes contaminées l’étaient avec le variant Delta. » 

20 000 doses de plus 

En conséquence, Jean Castex a annoncé jeudi une série de mesures pour contenir et circonscrire au plus vite cette poussée du virus. À commencer par un renforcement de la vaccination : « On va passer de 40 000 à 60 000 doses dans les 7 jours. » Ce qui doit permettre de réaliser 20 000 injections supplémentaires. 

Autre levier actionné : le dépistage. Le Premier ministre a demandé la réalisation de 14 000 tests de plus toujours au cours de la semaine à venir. Par ailleurs, 6 500 tests salivaires seront distribués dans les écoles. Un dispositif qui s’accompagnera d’un « tracing », lui aussi, renforcé de la part de l’assurance maladie. Jean Castex a été clair : alors que les grandes vacances approchent, la situation sera réévaluée à l’issue des sept prochains jours. Et si elle ne s’améliore pas, il n’exclut pas de prendre d’autres mesures complémentaires dont celle-ci : différer la levée des jauges sanitaires. Un verrou qui doit sauter le 1er juillet au matin. « Nous pouvons nous libérer, mais pas nous relâcher complètement », a-t-il averti. 

« On prend une branlée » 

Reste qu’au-delà de ces mesures, Jean Castex et Olivier Véran ont surtout insisté, tout au long de leur visite, sur la nécessité de se faire vacciner. Or, sur ce point, il reste du travail. Précisément ce sur ce quoi les a alertés le docteur Didier Simon. Médecin généraliste à Mont-de-Marsan, le praticien les a accueillis dans son cabinet, avenue du Houga. Alors qu’une poignée de patients avaient rendez-vous pour leur injection, le docteur Simon n’a pas fait dans la langue de bois. « Face aux 20-45 ans, on se heurte à un plafond de verre, ils ne veulent pas se faire vacciner, assure-t-il. Pourtant, nous sommes leurs médecins traitant depuis des années, on les connaît depuis qu’ils sont gamins. Mais quand on leur demande de se faire vacciner dans 8 cas sur 10, c’est le refus. Pour parler landais, on prend une branlée. » 

« Ayez peur du virus, pas du vaccin » 

Et celle-ci est d’autant rude que le médecin avoue n’avoir que peu, voire pas, d’influence sur ces patients : « Ils nous expliquent qu’ils sont jeunes, que ça ne les concerne pas. Ils n’ont pas la conscience de l’intérêt collectif, se désole-t-il. Le fait de retrouver de la liberté n’est pas non plus un argument. Et pour finir, ils n’ont pas confiance. Ils ont entendu qu’il fallait des années pour faire un vaccin, là il n’a fallu que quelques mois… » Un message parfaitement reçu par Jean Castex et Olivier Véran. Arrivés quelques minutes plus tard au Grand Moun, le centre commercial de Montde-Marsan, où la protection civile tenait un stand de dépistage, le Premier ministre et le ministre de la Santé se sont évertués à convaincre les personnes venues se faire tester, de franchir le cap de la vaccination : « C’est notre liberté, a insisté le locataire de Matignon. Il n’y a que comme ça qu’on s’en sortira. N’ayez pas peur de la piqûre… » Toutefois, comme il l’a reconnu avant de rejoindre Paris : « Il y a une décélération des prises de rendez-vous pour se faire vacciner. Depuis 2 ou 3 jours, nous vaccinons 200 000 personnes par jour, c’est trop peu. Nous avons fait beaucoup mieux et on doit faire beaucoup mieux. Ayez peur du virus mais pas du vaccin. La vaccination, c’est notre planche de salut. » Un message adressé bien au-delà des Landes.

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